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FIG. 85. — LES GRANDS SECOURS

(Gravure de B. Picart extraite des Cérémonies et coutumes de tous les peuples, etc.)

poitrine d’une planche, et supportait le poids de toutes les personnes qui voulaient bien monter sur son corps.

Une convulsionnaire, également renversée à terre, courbe son corps en arc de cercle — attitude familière aux hystériques pendant la crise convulsive — pendant qu’un assistant lui pose le talon sur le front.

Nous avons dit comment ces coups ou ces attouchements pouvaient amener un soulagement réel chez les convulsionnaires en état de crise. La raison en est actuellement dans l’existence, en différents points du corps, de régions dont

la pression suffit à calmer les crises les plus violentes. Quelquefois, celte pression demande à être maintenue pendant un temps assez long’.

A g-auche, un convulsionnaire s’agite maintenu par deux personnes.

Cette gravure, dans l’ouvrage de B. Picart, est accompagnée d’une autre d’égale dimension (Fig. 80), et qui représente le cimetière de Saint-Médard. Sur la tombe du diacre, un convulsionnaire s’agite, les jambes en l’air, soutenu par deux hommes. Un autre malade dans un état analogue est conduit hors de l’enceinte ; un suisse.,, avec sa hallebarde, fait écarter la foule pour lui livrer passag’e b

1. Ces deux gravures sont accompagnées d’une explication que nous croyons intéressant de reproduire ici. Cette légende renvoie par des lettres aux différentes parties de la gravure ; le lecteur suppléera facilement à ces indications qui manquent ici.

« Le premier dessin représente avec toute l’exactitude possible le cimetière de Saint- Médard; et c’est là qu’on voit la tombe de l’abbé Paris marquée A, où se font les guérisons et les miracles extraordinaires si répandus aujourd’hui en France et si vantés par les nouvelles du parti... Les malades ou soi-disant tels se couchaient tout de leur long et les uns après les autres sur ce tombeau et y tombaient immédiatement dans une crise de convulsion, dont un des principaux accès consistait à sauter, à cause de quoi ces convulsionnaires ont été désignés sous le nom de sauteurs. Après avoir sauté et s'être élevés plusieurs fois en l'air,, ils attendaient ordinairement, nous dit-on, la guérison de leurs maux à la lin de la neuvaine; ce qui n’empêchait pas que le miracle ne se manifestât aussi avant les neuf jours, selon le plus ou moins de foi du malade.

« Quoi qu’il en soit, la lettre B indique un de ces malades qui est une personne de marque environnée de plusieurs dévots du parti, entre lesquels on en voit de marqués par là lettre C qui prêtent leurs charitables soins au malade, afin qu’il saute plus dévotement et qu’il s’élève avec plus de zèle. Pendant ces agitations du malade les personnes les plus zélées du parti prient Dieu, ou récitent des psaumes et marquent leur dévotion par leur attitude et leurs gestes, etc., de même entre ceux que la lettre E fait remarquer on en voit qui baisent la tombe et prient Dieu tout auprès.

«La dévotion va même jusqu’à ratisser la terre de cette tombe. La lettre F fait remarquer une troupe nombreuse de spectateurs les uns dévots, les autres curieux ; les uns infirmes et attendris par leurs besoins, les autres sains et indifférents. On y voit surtout, comme dans le reste du dessin, des ecclésiastiques et des femmes.

« Dans le second dessin, on a exprimé plusieurs actions singulières et qui, pour paraître incroyables aux incrédules de notre temps n’en sont, nous dit-on, ni moins vraies ni moius merveilleuses. D’abord la chambre qui sert de théâtre aux miraculeuses agitations marque toute la modestie, toute la simplicité du parti. La première action A est celle d’une personne qui tombe dans une convulsion semblable à celles de l’epilepsie, avec des contorsions ; mais cependant sans écumer de la bouche, sans rouler des yeux. B nous montre la patience et la foi d’une personne distinguée entre les convulsionnaires. Cette personne étendue par terre, comme on le voit à la lettre B, souffre avec une constance exemplaire le poids du talon d’un autre dévot, qui, dans l’intention de soulager la personne infirme, appuie du pied à l’endroit de l’œil avec toute la vigueur dont il est capable. Quelquefois la guérison se pratiquait avec le pouce appuyé de la même force. C représente un autre malade assez connu dans le monde et d’ailleurs respectable par plus d’un endroit. Ce malade, accablé d’infirmités et plein de

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Il semble que cette épidémie convulsive qui, née au tombeau du diacre Paris, remplit bientôt Paris, puis la province, du bruit des extravagances et des agitations qu’elle a provoquées, ait épuisé, pour ainsi dire, la curiosité qu’éveille d’ordinaire ces sortes de spectacles, et détourné d’eux l’attention. Nous n’avons

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