VII. — LES DÉMONIAQUES CONVULSIONNAIRES D’AUJOURD’HUI
Avant de clore cette étude sur les représentations des anciens démoniaques, il ne sera pas inutile, je, pensq, ;de mettre sous les yeux du 'lecteur une description sommaire de la grande névrose telle que nous l’observons aujourd’hui, et plus particulièrement de 'la; grande attaque ; convulsive qui est une de ses principales manifestations.
Des études que j’ai entreprises il y a plus de vingt ans, avec mon maître, le professeur Charcot, nous ont permis de donner de la grande attaque hystérique une description méthodique, en la subdivisant en plusieurs phases et périodes nettement caractérisées. Nous avons démontré l’existence d’une règle fixe et immuable, là où les auteurs n’avaient vu jusqu’ici que désordre et confusion. Autour d’un type qui représente l’attaque hystérique dans son entier et complet développement, nous avons groupé les variétés résultant de la prédominance ou de l’atténuation de l’une ou de plusieurs des périodes qui la composent. Parmi ces variétés, il en est une qui mérite plus particulièrement d’attirer ici notre attention. Nous y trouverons les modernes possédés, et nous n’avons pu trouver de plus juste dénomination pour la désigner que celle d’attaque démoniaque.
1. M. le Dr Galippe nous a signalé une fresque de Perretti peinte en 1810 sous le portail de l'église de Ré (Val!. Vigezzo, Piémont) et qui représente un prêtre' exorcisant une femme possédée. L’église de Saint-Lazare, à Marseille, possède un tableau représentant le Christ délivrant un démoniaque, de Pierre Bronzet, artiste distingué mort en 1883. Cette œuvre nous a été indiquée par le Dr Bernard. MM. Carlo Mariani et Giuseppe Antonini, de Turin, nous ont envoyé la photographie d’un tableau peint en 1870 par M. Louis Ciardi, peintre florentin, et représentant le bienheureux Bernardin de Bielia, délivrant une jeune femme possédée. Enfin nous signalerons parmi les fresques du Panthéon, celle de Th. Maillot qui représente la châsse de sainte Geneviève entourée de malades parmi lesquels on reconnaît une intéressante figure de jeune homme possédé.
LES DÉMONIAQUES
Il est parfaitement démontré aujourd’hui, ainsi que je le disais en commençant, par des observations dont le nombre augmente chaque jour, que l’hystérie n’est point spéciale au sexe féminin. Les jeunes garçons, les hommes de tout âge, et parmi eux des ouvriers, des manœuvres dont la culture intellectuelle est bornée, et dont l’extérieur n’a rien d’efféminé, peuvent devenir la proie de la grande névrose. Les plus grandes ressemblances existent entre les symptômes dans l’un et l’autre sexe. Je signalerai chemin faisant les différences de détail.
Je ne chercherai pas, dans la description qui va suivre, un prétexte à de longs et faciles développements. Je désire lui conserver, au contraire, toute la brutalité d’un procès-verbal, toute la rigueur d’un document scientifique.
L’attaque hystérique complète et régulière se compose de quatre périodes ; elle est précédée, le plus souvent, de signes précurseurs, qui permettent aux malades de prévoir le moment où elles vont tomber en état de crise.
Ces prodromes apparaissent quelquefois plusieurs jours à l’avance. La malade est prise de malaises, d’inappétence, parfois de vomissements. Elle devient taciturne, mélancolique ou, au contraire, est en proie à une surexcitation extrême.
Les hallucinations de la vue sont fréquentes ; elles consistent surtout en des visions d’animaux, des chats, des rats, des vipères, des corbeaux, etc... On voit parfois survenir des crampes, du tremblement limité à un membre, ou des secousses de tout le corps accompagnées de vertige.
Bientôt se montrent les phénomènes douloureux de l'aura hystérique, qui précèdent immédiatement l’attaque, et qui apparaissent en général dans l’ordre suivant : douleur, ovarienne, irradiations vers l’épigastre, palpitations cardiaques, sensation de globe hystérique au cou, sifflements d’oreille, sensation de coups de marteau dans la région temporale, obnubilation de la vue. Puis la perte de connaissance marque le début de l’attaque, qui se déroule ainsi qu’il suit :
i° Période épileptoïde. — Cette période ressemble, à s’y méprendre, à l'attaque d’épilepsie vraie : convulsions toniques, cloniques, puis stertor. Il y a donc lieu de la subdiviser en trois phases : la phase tonique, la phase clonique et la phase de résolution.
La phase tonique débute le plus souvent par quelques mouvements de cir-
cumduction des membres supérieurs et inférieurs, en môme temps que surviennent la perte de connaissance, l’arrêt momentané de la respiration, la pâleur, puis la rougeur du visage, le gonflement du cou, la convulsion en haut des globes oculaires, la distorsion de la face, et quelquefois la protrusion de la langue. Cette phase tonique se termine par l’immobilisation tétanique de tout le corps, dans une attitude dont la plus fréquente est l’extension du tronc et des membres, mais qui peut varier. L’écume se montre aux lèvres.
Puis, on voit bientôt les membres roidis être animés d’oscillations brèves et rapides, dont l’amplitude augmente par degrés, et qui se terminent par de grandes secousses généralisées ; c’est la phase clonique. Les muscles de la face, animés des mêmes mouvements, rendent la physionomie horriblement grimaçante.
Enfin, les mouvements s’apaisent, et la phase de résolution commence, pendant laquelle la face demeure bouffie et souillée d’écume, les yeux sont fermés, et tous les muscles dans la résolution la plus complète. En même temps, la respiration devient stertoreuse.
Cette première partie du drame, qui constitue l’attaque de grande hystérie, s’est déroulée dans un espace de temps assez court. Les deux premières phases ne durent pas au delà d’une minute ; la phase de résolution se prolonge parfois deux ou trois minutes.
2° Période des contorsions et des grands mouvements , ou période du clownisme. — Après un moment de calme assez court qui suit le stertor, la seconde période commence. Elle est constituée par deux ordres de phénomènes distincts : les contorsions et les grands mouvements qui, par des procédés différents, répondent à un même principe qui domine toute cette période et cherchent un même résultat, celui d’une dépense exagérée de force musculaire. Il n’est pas trop de dire que les malades se livrent alors à de véritables tours de force , et le nom de clownisme , par lequel nous la désignons également, nous semble pleinement légitimé.
Pendant les diverses phases de cette période, les malades montrent une souplesse, une agilité, une force musculaire bien faite pour étonner le spectateur, et souvent en opposition complète avec les apparences chétives du sujet. Ces phénomènes avaient vivement frappé les premiers observateurs témoins des agitations des possédés, et nous trouvons, dans le Rituel des exorcismes.
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ainsi qu'on l’a vu plus haut, qu'un des signes de la possession démoniaque consistait dans le développement de forces physiques supérieures à l'àge et au sexe de la personne chez laquelle elles se manifestent. Chez les hommes, cette période arrive parfois à un deg'ré de violence qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer.
Les contorsions consistent en des attitudes étranges, imprévues, invraisemblables. Parmi ces attitudes, que nous avons qualifiées d'illogiques, pour les distinguer des attitudes de la troisième période dont il sera question tout à l’heure ( attitudes passionnelles), qui sont toujours la représentation d’une idée ou d’un sentiment, il en est une pour laquelle les malades semblent avoir une préférence marquée ; elle se reproduit aussi bien chez les hommes que chez les femmes et à peu près de la même façon; elle mérite le nom d'are de cercle. Le malade est fortement courbé en arrière, les pieds et la tête reposentseuls surlelit, le ventre, parfois météorisé, formant le sommet de la courbe.
Nous avons vu plus haut en quels termes vraiment saisissants les témoins des anciens possédés avaient dépeint cette forme de la contorsion.
L’arc de cercle varie d’aspect suivant que le sujet, au lieu de se soutenir sur le dos et les pieds, porte sur les côtés du corps, ou seulement sur un point du ventre.
Enfin, la contorsion peut immobiliser le patient dans les attitudes les plus variées. Si nous devions, à ce sujet, marquer une différence entre les deux sexes, nous dirions que, chez les hommes, les attitudes d’extension prédominent, pendant que, chez les femmes, ce sont les attitudes de flexion.
Les grands mouvements consistent le plus souvent en des oscillations rapides et étendues de toute une partie du tronc ou des membres seulement. Le plus fréquent des grands mouvements est celui-ci : le malade se redresse comme pour se mettre sur son séant; la tête s’abaisse jusqu’au niveau des genoux, puis il se renverse brusquement en arrière en heurtant violemment l’oreiller. Ce mouvement se répète un grand nombre de fois de suite, simulant une série de salutations exagérées. Ces grands mouvements revêtent parfois un caractère particulièrement acrobatique : ce sont des culbutes, des sauts de carpe, etc. Mais ils ont toujours ce caractère de se répéter un certain nombre de fois de suite. Ils sont souvent précédés ou interrompus par des cris automatiques, dont-le timbre perçant rappelle le sifflet du chemin de fer.
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Enfin, d’autres fois, aucun rythme ne préside à ces grands mouvements. Ils sont complètement désordonnés. Le malade semble lutter contre un être imaginaire, il cherche. à rompre les liens qui le retiennent. C’est une véritable rage contre lui-même ou contre les autres; ce sont des cris sauvages, des hurlements de bête fauve. Il cherche à mordre et à frapper. Il met en pièces tout ce qu’il peut atteindre, les draps, les vêtements ; les femmes s’arrachent les cheveux à pleines mains.
Dans un cas rapporté par M. Bourneville et Dauge, un garçon de treize ans tordait les barreaux du lit, les rampes d’escalier, il soulevait un lit monté et le jetait sur un autre. L 'exagération et la prédominance de cette période constituent la variété démoniaque de la grande attaque hystérique.
3° Période des attitudes passionnelles. — L’hallucination préside manifestement à cette troisième période. La malade entre elle-même en scène, et, par la mimique expressive et animée à laquelle elle se livre, les phrases entrecoupées qui lui échappent, il est facile de suivre toutes ces péripéties du drame auquel elle croit assister et où elle joue le principal rôle. Deux ordres d’idées bien différents se partagent ordinairement les hallucinations de la malade ; ce tableau a deux faces, l’une gaie, l’autre triste.
Dans l’ordre gai, la malade se croit, par exemple, transportée dans un jardin magnifique, sorte d’Éden, où souvent les fleurs sont rouges et les habitants vêtus de rouge. On y joue delà musique. La malade y rencontre l’objet de ses rêves ou de ses affections antérieures et les scènes d’amour suivent quelquefois. Mais cette partie érotique manque souvent et dans tous les cas ne joue, ainsi qu’on le voit, qu’un rôle absolument secondaire au milieu des manifestations si nombreuses et si variées qui constituent la grande attaque hystérique. Les tableaux tristes sont des incendies, la guerre, la commune, des assassinats, etc.; presque toujours il y a du sang- répandu.
Chez les hommes, ces visions lugubres et terrifiantes occupent presque à elles seules toute la troisième période. Les hallucinations gaies sont pour ainsi dire exceptionnelles.
4° Période terminale. — Après la période des attitudes passionnelles ou j)oses plastiques , on peut dire, à proprement parler, que l’attaque est terminée. La connaissance est revenue, mais en partie seulement, et pendant un certain temps la malade demeure en proie à un délire dont le caractère varie ;
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il est entrecoupé d’hallucinations et accompagné parfois de quelques troubles du mouvement. Ce délire constitue une quatrième période par laquelle passe le malade avant de retrouver son équilibre normal. C’est comme un reste de l’attaque qui s’épuise, et les accidents qui se présentent alors sont justement comparables et, parfois même, identiques à ceux qui précèdent l’attaque et lui servent en quelque sorte de prélude.
Parmi les troubles du mouvement que l’on peut alors observer, nous signalerons des contractures généralisées fort douloureuses, et imprimant aux membres les positions les plus étranges. Les malades qui ont alors repris connaissance, en partie du moins, ne peuvent s’opposer aux sortes de crampes qui tordent leurs membres sur lesquels leur volonté n’a plus aucune prise. Comment ne pas croire qu’un mauvais génie les torture. Elles poussent alors des cris arrachés parla douleur et offrent le tableau le plus mouvementé et le plus lamentable.
L’attaque régulière, l’attaque type, ainsi composée de ses quatre périodes, offre une durée moyenne d’un quart d’heure; mais elle peut se répéter pour constituer des séries d’attaques dont le nombre varie de vingt à deux cents et plus. Il se produit alors une sorte d 'état de mol qui peut se prolonger plusieurs heures et môme au delà d’une journée.
Ainsi que je l’ai déjà dit, diverses variétés de l’attaque hystérique découlent logiquement du type que nous venons de décrire, soit par l’isolement d’une période, soit simplement par son exagération avec atténuation des autres. C’est ainsi que la première période donnera naissance à la variété épileptoïde, la deuxième à la variété démoniaque, la troisième à la variété extatique, et la quatrième à la variété délirante.
Je dirai quelques mots ici de la variété démoniaque. Les différentes périodes décrites plus haut s’v trouvent modifiées de la façon suivante :
Première période. — Dans ces sortes d’attaques, la période épileptoïde est toujours facilement reconnaissable. Elle n’évolue pas rég’ulièremont, elle est modifiée par la prédominance de la contracture, ou amoindrie par la suppression de quelqu’une .dé ses phases. Mais les phénomènes épileptoïdes sont assez nettement caractérisés, pour qu’il soit impossible de les méconnaître.
Le plus souvent la période épileptoïde est représentée ainsi qu’il suit. Les gronda mouvements toniques du début sont exagérés, les bras, les jambes et
tout le corps se contournent étrangement. La respiration est suspendue, la gorge gonflée; la face, congestionnée et bouffie, est affreusement grimaçante, les yeux convulsés ne laissent voir que le blanc de la sclérotique ; la bouche est ouverte et la langue sortie. Le tétanisme survient dans les attitudes les plus bizarres, et le clownisme e st marqué par le battement des paupières, l’ondulation du ventre et un tremblement partiel, limité à un côté du corps ou généralisé. La respiration reprend péniblement, elle est sifflante et entrecoupée de hoquets. Il y a des bruits pharyngiens, des mouvements de déglutition bruyants. L’écume apparaît certaines fois.
Quelques inspirations ronflantes représentent le stertor, mais la résolution musculaire ne survient pas, les membres demeurent contracturés en diverses situations, et la phase épileptoïde semble se confondre avec la période des contorsions qui la suit.
Deuxième période. — Les contorsions sont ici dans leur plus large développement. Les membres contracturés dans l’extension s’élèvent perpendiculairement au lit, ils s’entrecroisent souvent par une adduction forcée; les jambes, parfois fléchies, se croisent diversement ; les bras se contournent et se placent derrière le dos; les mains ont une attitude à peu près constante, le poignet est fléchi fortement, les trois premiers doigts, pouce, index et médius, étendus et écartés, les deux derniers fléchis. Enfin tout le corps se contorsionne d’une façon qui échappe à toute description. La face revêt alors le masque de 1 ’efïro ou de la colère ; les yeux démesurément ouverts, la bouche tiraillée en divers sens ou bien ouverte, la langue pendante.
Les grands mouvements s’exécutent avec une violence effrayante. La malade cherche à se mordre et à se déchirer la figure ou la poitrine, elle s’arrache les cheveux, se frappe violemment, pousse d’affreux cris de douleur ou des hurlements de bête féroce. Elle se démène comme une forcenée ; une do nos malades, la nommée Ler..., dans ces attaques, ne peut conserver aucun vêtement, et a bientôt mis tout en pièces. Elle se donne avec le poing des coups si violents, qu’on est obligé d’interposer un coussin pour amortir le choc; elle secoue la tête, cherche à mordre, saisit une compresse qu’on lui présente et l’agite violemment avec de sourds grognements de rage.
Troisième période. — Les attitudes passionnelles n’existent pas à proprement parler. L’hallucination peut survenir, mais la contracture qui persiste
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souvent gêne les mouvements de la malade. On la voit sourire, appeler un être imaginaire ou lui faire la gTimace, lui cracher au visage pendant que ses membres sont diversement immobilisés par la contraction musculaire. Mais cette phase est courte en g’énéral et manque parfois complètement.
Quatrième période. — Alors la malade revient à elle, mais la contracture ne disparaît pas; des crampes contournent scs membres et lui arrachent des cris de douleur déchirants ; elle supplie les assistants de la soulager.
En résumé, on voit que ces sortes d’attaques sont particulièrement caractérisées par la prédominance de la contracture douloureuse , par le développement des attitudes illogiques ou contorsions , qui leur donne l’aspect effrayant des anciens possédés; enfin par la persistance de la douleur , dont l’acuité ramène promptement la connaissance, et en arrachant des cris affreux à la malade, imprime à toute l’attaque un cachet de souffrance tellement horrible que les assistants, même les plus habitués à ces sortes de spectacles, ne peuvent se défendre d’une pénible émotion.
La description qui précède s’applique surtout aux malades que nous avons eus sous les yeux, elle est en quelque sorte le résumé des observations prises à leur lit, et peut être considérée comme l’expression la plus complète delà variété de la grande attaque que nous étudions ici.
Mais l’attaque de con torsion n’existe pas toujours avec ce degré de violence qui lui a mérité le nom d’attaque démoniaque. Les traits en peuvent être atténués.
Dans les descriptions que nous ont laissées les témoins oculaires des convulsions des anciens démoniaques, il est facile de retrouver la plupart des traits sur lesquels nous venons d’insister. Mais il ne faudrait pas croire que tous les possédés présentassent de semblables crises. Si ce sont elles surtout qui ont donné aux anciennes possessions démoniaques leur caractère particulièremen t terrible et effrayant, elles ont été remplacées parfois par des crises moins tapageuses et qui n’en relevaient pas moins de la grande attaque hystérique.
Je ne saurais entrer ici dans de plus long’S détails. J’ai d’ailleurs étudié la question d’une façon toute spéciale dans un de mes anciens ouvrages1, où je crois avoir démontré que la grande hystérie jouait un rôle important dans les anciennes possessions démoniaques et qu’on peut l’y retrouver sous les formes les plus
1. Éludes cliniques sur la grande hystérie , 1885, 2e éd. Voir, à la fin du volume, les notes historiques.
variées, attaque épileptoïde, attaque de contorsion ou de grands mouvements, attaque d’extase, attaque de délire, attaque de léthargie, attaque de somnambulisme, attaque de catalepsie, etc.; sans oublier la forme non convulsive caractérisée par les anesthésies, les hyperesthésies spéciales, les paralysies, les contractures, etc., etc.
J’arrêterai là les quelques indications que je voulais donner sur nos modernes possédés.
Encore un mot cependant. De même que l’on a vu la variété démoniaque se développer aux dépens de la deuxième période, de même il est une autre variété qui prend son origine dans l’extension de la troisième période qui, à cause de son côté plastique, a également joué parfois un rôle important dans les épidémies de possession. Nous voulons parler de l’attaque composée presque uniquement par les attitudes passionnelles parmi lesquelles l’extase hystérique a sa place. C’est ainsi que les extrêmes se touchent et se rencontrent parmi les manifestations si'variées de cette étrange maladie.
Et 'après les possédés et les convulsionnaires dans l’art nous sommes amenés à dire quelques mots des extatiques.