FIG. 103. — TÈTE TERRE CUITE
(Mi,
du Louvre, collection «II- Myrina.)
LES GROTESQUES
quelque difficulté. L’aspect lisse et exempt de rides du côté de la face qui n’est pas contracté, plaiderait plutôt en faveur de l’hypotKèsé d’une paralysie faciale localisée à ce même côté. Quoi qu’il en soit, il y a dans l’expression de ces petites têtes un accent de vérité qui ne saurait tromper. A notre avis,, ce n’est pas là une simple grimace, et nous sommes disposé à' voir dans 'cês deux petites terres cuites la manifestation d’une déformation’ pathologique prise sur nature et reproduite par l’artiste avec un rare bonlieur.
Nous avons également trouvé un rictus analogue dans une petite-figurine du musée de Lausanne, et dont nous avons vu le moulage dans le cabinet de M. Charles Ravaisson-Mollien au Louvre.
Mais l’ensemble des signes sur lesquels nous avons insisté à propos des figures précédentes n’existe pas. D’ailleurs, dans cette dernière tête l’expression caricaturale est bien plus accentuée : elle offre des traits que nous rètrouvons sur un grand nombre de têtes grotesques, ' et dont le numéro 769 de la collection de Mvrina offre le plus typique exemple (Fig. 104). « Figure imberbe, dit le catalogue, crâne chauve et pointu, nez démesurément long et busqué, bouche largement fendue et ouverte, montrant toutes ses dents, larges oreilles écartées de la tête, sourcils relevés, menton fuyant. » Ce type caricatural est fort répandu dans les terres cuites d’Asie Mineure ; les fouilles de Tarse et de Myrina en ont découvert de nombreux spécimens. Nous n’en aurions pas parlé ici, si les artistes ne s’étaient plu à associer aces traits grotesques, d’une exagération manifeste, les déformations crâniennes les plus variées, front fuyant, crâne allongé, comme étiré en différents sens, diminué de volume, bossué, etc... comme les imbéciles, les idiots et les crétins nous en offrent de si nombreux exemples. Sur d’autres spécimens, ces déformations crâniennes coexistent avec un faciès pathologique d’une réalité saisissante sans exagération caricaturale, comme c’est le cas d’une petite statuette de Smyrne (Fig. 105). Cette tête, véritable type de dégénéré, repose en outre sur un torse malingre dont l’ensellure
lombaire semblerait indiquer une double luxation congénitale de l’articulation de la hanche1. Encore cette fois, c’est dans le triste champ des infirmités humaines que la caricature est allée chercher ses éléments et ses moyens de provoquer le rire.
Des têtes caricaturales comme celle figurée plus haut (Fig. 104) sont parfois placées sur des torses difformesde rachitiques, ainsi quec’estle cas pourlapetile terre cuite portant le h" 705 de la collection de Mvrina (Fig. 100). Le gro-