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FIG. 107. — VIEILLE FEMME OBESE

(Terre cuite de Tanagra, musée du Louvre.)

LES GROTESQUES

ventrues, tantôt voilées, souvent d’une nudité indécente, qui minaudent avec de faux airs de Vénus pudiques, ces philosophes' "prétentieux, ces pédagogues ridicules, ces pêcheurs à la ligne si amusants, tout entiers à leur capture, et bien d'autres... sont autant de petits chefs-d’œuvre où éclatent les qualités de délicate observation, de fine ironie, de moquerie spirituelle du génie attique. Mais la difformité n’y tient point une place prépondérante', et nous n’avons pas à nous y arrêter. Néanmoins, nous dirons un mot de quelques-unes de ces petites statuettes dont le grotesque nous paraît surtout résulter de la copie spirituelle autant qu’exacte d’une infirmité' naturelle/

Une première figurine fait partie de la collection des terres cuites de Tanagra (Fig. 107). Elle représente une vieille femme obèse, complètement nue. Elle est debout, avec un geste de pruderie grotesque. Les gras et les maigres ont de tout temps exercé la verve des caricaturistes; mais nous ne pensons- pas que l’obésité ait jamais été reproduite avec plus de réalisme. .Néanmoins, l’attitude est en même temps d’un comique si fin, qu’on retrouve là dans tout son- éclat cette alliance qui fit le grand art grec, de l’amour servile et scrupuleux de la forme avec l’idée qui conduisait le ciseau. Le petit groupe en terre cuite de Chypre (Fig. 110) lui est certainement inférieur. Il n’en mérite pas moins d’être signalé ici, parce qu’avec la statuette précédente, il réalise le type caricatural de l’obésité, dont l’art des coroplastes de l’antiquité

nous a lais, sé de nombreux exemples. Nous' pouvons opposer à ces types de gras un torse en terre cuite de Tarse que M. Heuzey nous a montré dans son cabinet du Louvre, et qui est un exemple de .maigre fort réussi (Fig. 108). Les os et les muscles émaciés se dessinent sous la peau avec une grande vérité anatomique. Ce curieux spécimén nous donne la preuve que les anciens avaient su reproduire avec un égal style l’extrême maigreur et l’extrême obésité.

Dans un autre spécimen dont nous voulons parler, la difformité s’ajoute à l’obésité. C’est une petite figurine de la fabrique grecque de Kittion,. dans Elle de Chypre : une vieille femme grotesque, d’une nudité inconvenante, bossue, accroupie en boule, tenant un canthare des deux mains (Fig. 109). M. Heuzey en a donné une reproduction dans ses Figurines du Louvre *. Sa bosse a une forme spéciale qui nous semble bien prise sur nature. Elle est anguleuse, comme il arrive dans les déviations de la colonne vertébrale, consécutives au « mal de Pott ».

Nous passerons sur quelques statuettes de la basse Égypte, époque alexandrine, également conservées au musée du Louvre, où la difformité due à l’obésité se joint à des gestes indécents et à des poses lubriques.

1. Les Figurines antiques de terre cuite du musée du Louvre , par Léon Heuzey, avec planches gravées par Achille Jacquet, in-4°, Paris.

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