FIG. 113. — DEUX NAINS ÉGYPTIENS
(D’après les ~ Monuments de V Egypte ci de ht Nubie , par Hipp. Rosellini.)
deux principaux rôles qu’il remplissait, mais son aspect monstrueux ne varie guère. La tête énorme montre de gros yeux à fleur de tête, une face élargie, un nez camard, une bouche lippue et agrandie, d’où pend une grosse langue, enfin une large barbe aux enroulements symétriques et des oreilles velues. Il est souvent coiffé d’une sorte de chapiteau carré ou d’un panache de longues plumes.
Cependant on peut remarquer plusieurs variétés dans la morphologie du corps qui supporte cette tète grotesque et hideuse. Il est parfois modelé comme celui d’un homme petit, trapu et dont les muscles extrêmement développés rappellent ceux du type herculéen; mais, à part le volume disproportionné
de la tête, la conformation est assez régulière (Fig. 114). D’autres fois, le type du nain est plus accusé, les proportions diminuent en hauteur, pendant qu’elles augmentent dans le sens de la largeur. Les membres sont courts, les fesses sont saillantes, les cuisses élargies sont d’une brièveté telle que les fesses touchent presque aux mollets (Fig. 115). Enfin, sur un certain nombre de statuettes la difformité s’accentue encore, et les jambes courtes sont en même temps incurvées, présentant les caractères de la courbure rachitique des membres inférieurs (Fig. 116).
Nous rappellerons ici plusieurs statuettes dans lesquelles le dieu Bes est associé à une déesse également monstrueuse, que l’on s’accorde à reconnaître comme sa mère.
Il s’agit d’abord d’un petit groupe de terre vernissé blanc trouvé à Chypre, reproduit par M. Heuzev dans son atlas 1 et ainsi décrit dans son catalogue2.
« Il représente le divin pygmée sous sa figure la plus hideuse à la fois et la plus empanachée, porté, ou, pour mieux dire, affourché sur les épaules d’une femme qui le tient par les deux pieds. Cette déesse, dont les proportions larges et courtes, la nudité choquante, indiquent évidemment un être de la même famille de dieux grotesques, n’appartient pas au panthéon égyptien et se rapproche plutôt des cléités féminines que l’on rencontre en Babylonie. Les deux figures superposées sont portées par un petit chapiteau en forme de fleur de lotus. »
Nous ajouterons à cette description un détail plein d’intérêt pour nous. Les jambes écourtées de la mère ont subi l’incurvation rachitique que nous signa-