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Figurines antiques de terre cuite , etc., déjà cité

2. Léon Heuzey. Catalogue des figurines antiques de terre cuite du musée du Louvre , 1882,

LES NAINS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS

lions tout à l’heure chez le fils. C’est là un lien de plus entre ces deux êtres et comme la formule antique de la grande loi de l’hérédité dans les maladies constitutionnelles.

Il existe au musée du Louvre, parmi les antiquités égyptiennes, un petit bronze d’assez basse époque (Fig. 117), représentant le même sujet, mais avec un trait de plus, qu’à notre point de vue spécial, il importe de relever. La statuette porte l’inscription suivante : « Une femme debout sur une grenouille, laquelle est posée sur une fleur de lotus, supporte le dieu Bes sur ses épaules. »

Sans rechercher la signification de cette superposition symbolique, nous ferons remarquer qu’en outre de l’incurvation rachitique très accentuée des membres inférieurs, la femme présente une malformation évidente du pied droit tourné en dedans et qui n’est autre que celle du pied bot varus. C’est ainsi que la maladie se manifeste chez la mère par des signes encore plus nombreux, et nous ne devons pas nous étonner qu’une telle mère ait donné naissance au produit monstrueux et pathologique qui fut le dieu Bes 1 .

La seconde divinité du panthéon égyptien, dont la conformation spéciale nous intéresse, est le dieu Phtah, vénéré à Memphis sous les noms de Phtah embryon, œuf de Phtah. Dans quelques textes on le qualifie de nain. On a comparé les figurines qui représentent Phtah sous une forme monstrueuse, au fœtus humain. Le professeur Parrot, dans une fort intéressante communication à la Société anthropologique, rejette cette hypothèse, et rapproche les figures de Phtah d’une naine qu’il avait étudiée de près et qui était atteinte d’un arrêt de développement du système osseux, désigné par lui sous le nom de « malformation achondroplasique ».

T. Il existe, parmi les petits bronzes de la Bibliothèque Nationale, n° 513, deux pygmées à jambes courtes et difformes, dont l’un est également à cheval sur les épaules de l’autre.

Considéré sous cet aspect, le dieu Phtah n’est pas sans offrir de grandes analogies avec le dieu Bes, au point de vue du moins de la conformation du corps.

C’est bien un type de nain, chez lequel on retrouve également l’incurvation des jambes que nous avons signalée plus haut chez le dieu Bes. Sur quelques statuettes qui présentent ce caractère, la face vieillie et aux traits grossiers vient compléter le tableau.

Cependant nous ferons quelques réserves. Les figurines qui représentent le dieu Phtah sont nombreuses, elles ne se ressemblent pas toutes. L’examen que nous avons fait de celles que possède le musée du Louvre nous conduit â y distinguer plusieurs variétés morphologiques.

Sur un certain nombre, le type décrit par le professeur Parrot est hors de conteste (Fig. 118). Mais il en est d’autres où la monstruosité est moins accusée et où les formes générales sont plutôt celles d’un nouveau-né ou d’un très jeune enfant. Nous ferons remarquer le dessin de la tète construite toujours d’après le même type : développement considérable du crâne par rapport à la face, crâne aplati par en haut, front bombé, tête supportée par un cou grêle. Ces caractères sont bien ceux de la première enfance.

J’ajouterai que l’artiste égyptien a doté de la même conformation céphalique d’autres dieux habituellement représentés dans le jeune âge. Les vitrines du Louvre renferment des statuettes du jeune dieu Horus (Fig. 119) ou de Ipbotem, fils de Phtah, dont les têtes sont conçues exactement d’après le même type que celui du dieu Phtah. Si nous faisons observer en outre que, sur bon nombre de figurines de ce dernier dieu, les membres ont un caractère de gracilité qui s’éloigne du type du nam pour se rapprocher de celui du nouveau-né, nous pensons qu’il est difficile de ne pas

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