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Nos 55 et 56 du catalogue

LES NAINS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS

vertébrale présente la déformation connue sous le nom de cyphose. Toute la portion dorso-lombaire décrit une courbe à g’rarid rayon à' convexité postérieure.

Sur l'une de ces statuettes (Fig-. 128) il s’ajoute l’incurvation latérale décrite sous le nom de scoliose. Les déformations consécutives du thorax aplati sur les côtés et de l’abdomen, qui parait comme rentré, sont bien rendues. Le sternum est projeté en avant et a basculé sur son extrémité supérieure, au point que la face antérieure est devenue supérieure, et que son extrémité inférieure fait saillie et constitue une véritable bosse en avant.

L’intention satirique et caricaturale est évidente dans ces petites statuettes.

(Statuette en bronze, musée du Louvre, collection ïhiers.)

Les phallus disproportionnés dont elles sont pourvues, leur pose, leurs gestes le prouvent. Mais les difformités dont elles sont dotées n’ont rien que de « très nature », et n'ont point été créées de toutes pièces par l'imagination de l’artiste.

Aussi ne sommes-nous pas de l’avis de Ch. Blanc, lorsqu’il dit au sujet des pygmées de la collection Thiers : « Pour transformer un nain en caricature, il suffisait de mettre une disproportion intentionnelle entre ses membres, de supposer, par exemple, que la tête s’était développée outre mesure sur un tprse avorté... Cette manière de rompre les rapports connus de la proportion humaine ne pouvait manquer de constituer les figures les plus grotesques, pourvu que la figure fût assaisonnée d’esprit dans la pantomime et de liberté

dans l’exécution. » Nous ferons remarquer que c’est la nature elle-même qui s’est chargée de rompre les règles de la proportion et de faire, avec les nains, la caricature d’un homme. Au point de vue de la difformité, l’artiste n’a rien à ajouter à son œuvre qu’il lui suffit de copier servilement, car elle dépassera toujours, en imprévu et en audace, tout ce qu’il pourrait imaginer. Elle a de plus cette grande qualité qu’elle ne produit que des œuvres vivantes, tandis que les conceptions hétéroclites d’un cerveau en veine d’invention

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