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FIG. 158. — SILÈNE AVEC UNE BACCHANTE, PAR RUBENS

(Musée des Offices, Florence.)

les circonstances de sa présentation au palais dans l’année 1680, à cause de sa grosseur phénoménale qui fit ordonner par le roi qu’on la pesât, et le document indiquait aussi son nom. Palomino raconte que Carrêno fit de cette monstrueuse nue un dieu Bacchus (sans doute, il a voulu dire un Silène) dont on fit beaucoup de copies qu’il retoucha. Le portrait original nu resta dans la maison royale jusqu’au commencement de ce siècle ; le roi Ferdinand VII qui l’avait à la Jarzuela, en faisant faire un jour une

classification ’de ses tableaux, en fit cadeau à son peintre don Juan Gaivez, à cpii il fut acheté, selon ce que nous avons entendu dire, par l’infant don Sébastien Gabriel.

« C’est sans doute la Monstrueuse nue de Carrêno qui fut décrite comme le Portrait "d’une naine nue représentée en Silène , de Velasquez, dans l’ouvrage

R. Tamme, ''pliot. !

FIG. 159. — LE GÉANT ENDORMI ET LES. NAINS, PAU LUCAS CRANACH. (Musée royal de . Dresde.)

S pain and the Spaniards in 1843, t. II, p. 20, par le capitaine anglais Widrington. »

Au nanisme vient s’ajouter ici l’obésité.

On peut rapprocher de cette naine monstrueuse transformée en Silène un tableau de Rubens du musée des Offices à Florence, et qui représente Silène avec une Bacchante (Fig’. 158). L’obésité du Silène y est poussée à ses dernières limites avec une grande vérité. Là encore nous sommes certainement en présence de la fantaisie d’un peintre qui s’est plu à copier dans la nature une monstruosité que le hasard a mis sous ses yeux et qui l’a transformée aisément en personnage mythologique. De semblables masses graisseuses et

LES NAINS, LES BOUFFONS, LES IDIOTS. 239

charnues ont pu tenter le pinceau de Rubens. Il a fait ainsi lui-même la caricature 'de sa manière.

Les œuvres dont il nous reste à parler appartiennent aux écoles allemande, flamande et hollandaise. De même que celles de l’école espagnole-que nous

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