CHAPITRE V
LES TEIGNEUX ET LES POUILLEUX
Il n’est pas que les maladies se distinguant par la gravité, la rareté ou l’allure plus ou moins tapageuse de leurs symptômes qui ont tenté les artistes ; d’autres affections plus modestes, voire même très communes, ont eu leurs peintres et leurs sculpteurs, et je consacrerai ce très bref chapitre aux oeuvres d’art consacrées à la figuration d’affections cutanées diverses.
Au premier rang nous apparaît un des derniers représentants de la glorieuse dynastie des sculpteurs de la Renaissance italienne dont les saints, les madones et les anges, recouverts d’un blanc émail, rayonnent sur fond bleu, serti de guirlandes de feuillages et de fruits multicolores, les délia Robbia. Dans un des bas-reliefs (Fig. 178), qui ornent la façade de l’hôpital de Pistoja, consacré à la figuration des soins adonner aux malades (œgros curare ), Giovanni délia Robbia a placé, en effet, deux scènes d’hôpital fort bien observées. Nous en parlerons plus longuement plus loin (page 389), mais nous devons citer ici la scène de droite, dans laquelle figure un malade qu’il est aisé de reconnaître comme atteint d’une affection du cuir chevelu.
Murillo (1618-1682) a consacré à sainte Élisabeth de Hongrie un tableau qui doit trouver sa place ici (Fig. 179). La charité de sainte Élisabeth avait déjà inspiré un peintre allemand, dont nous fèrons connaître l’œuvre remarquable montrant Ja sainte au milieu des lépreux. Dans la composition du maître