LA PEINTURE
Li: Sai.cin de la Sociclc des Artistes Français letii'eset de limilei- l'ettuil du speeiateur à \ieiu d'diivrii- ses portes. Wius savez qu'il lacile examen ! l'emporte sur tous autres par le nombre des Mais, alors, nous ne serions plus au Salon.
icuvres exposées! L n peuple de statues, trente salles et plus emplies de tableaux, et, tout au long des i;aleries du pourtour, des pastels, des dessins, des aquarelles, des gravures et des vitrines d'objets d'art. (l'est un monde.
L'examen des talileaux, à lui seul, detierait le eerveati le mieux constitué.
Qui donc osa prétendre e]ue la peinture devait être avant tout une joie pour les veux? Ici, ce n'est pas une joie, c'est une menace.
... Kl M. Bnmeliére n'a-t-il pas dit un jotir que l'art tendait nécessairement à l'immoialiie. en donnant cette raison que ■■ imite lorme d'art est obligée, pour atteindre l'esprit, de recourir à l'intermédiaire du plaisir des sens ». Il laut donc que M. Brimetiére accoure au Salon... et qu'il modifie sa doctrine : car. on peiu l'allirmer par avance, il ne gardera de cette Nisite lien moins que le souvenir d'une jouissance éprouvée.
C'est qu'en vérité l'énorme quantité d'(L'uvres peintes ici rassemblées ne peut manquer de donner au visiteur une impression de fatigue. impression telle, qu'elle étouffe toutes les auties.
Combien serait ditl'éreni le résultat, s'il était possible de faire un choix dans cet amoncelleineni, d'isoler quelques œuvres parmi les meil-
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Le Salnn de la Société des Artistes Français a la réputation d'être un Salon de portraits. 11 v a. en eti'et.
plus de portraits ici qu'à hiK Nationale ■■ ou qu'aux " Indépendants ■•.
MM. (",oi-mon. Ronnai.
Chartran , Ferrier. Flameng, pour ne citer que les plus fameux parmi les artistes dont la laveur de l'Etat et celle des riches particuliers ont consacré l'illustration , exp osen t chaque année aux ■• Artistes Français •■ des portraits.
Cette t'ois, M. ISonnai envoie celui de .Mme .Matirice Pascal : la tenue éclatante du modèle, cette robe de soirée qui s'agrémente.
à la mode nouNelle, d'LUi vaste chapeau et d'ime haute ombrelle, ne manquera pas d'attirer tous les regards. Le portrait de
M. Gaston Menier.^pai- le 'même peintre, soultrira peut-eti'e de la concurrence, ce qui ne sera point justice, cette figure d'homme étant de la meilleure manière du nouveau directeur de l'Ecole des Beaux-Aits.
S'il semble ^iLie les movens de M. I^oiinal le
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l'endeiit plus paiiiculiérement apte à tracer des portraits d'hommes, c'est au contraire à la repi'ésentatioii des liguies léminines que convient le mieux la touche plus lisse de M. Chartran. Le portrait de femme en noir que cet artiste expose dit du modèle juste ce qu'il faut en dii'e pour que Celui-ci nous laisse l'impression L|u'il est toujours à deviner.
Le portrait du Président de la République, envové par M. Cornion. est im des portraits les plus justes à la fois et les plus caractéristiques parmi tous ceux dont M. Loubet a pu flntérieui'emeni fournir le sujet.
Le portrait de M. Ribol, peint par M. Ferrier, frappera par sa ressemblance. Quant aux envois de M. Flameng. ils ne peuvent que maintenir la réptuation de ce peintre à la mode.
M. Ernest Lauienl n'en doit pas moins être placé au premier rang des artistes qui. moins célèbres, refont une réputation au Salon de la Société des Artistes Français. II expose cette année deux portraits-
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l'un d'après uiu' jc-unc Icmmc. le second d'iiprcs un jeune honHiie. M. Ernesi Laurent a sa manière à lui de concevoir et de traiter le portrait : il veut en taire une chose aussi vivante, ou, pour parler plus exactement, aussi près de la vie que possible : dès lors le milieu dans lequel les personnages qu'il veut peindre sont situés prend à ses veux une réelle importance. M. Ernest Laurent recherche, découvre et fixe les rapports de tons, de nuances, qu'il v a entre la personne, son relief, sa couleur et la couleur, le relief des choses environnantes. De là le caractère très particulier de ses peintures, qu'il faut regarder avec le recul nécessaire pour en saisir à la lois l'intensité et le caractère neuf.
Si je recommande encore à votre aiteniion les portraits peints par M. F. Lauih, par M. Hibéra
portrait très juste, très expressif de Mlle Dufau , par MNL Zo, Oswald Birley, Grun. Chabas.
je vous aurai, je crois, dans ce genre de tableaux, signalé les principaux.
S'il v a toujours eu, au Salon des Artistes Franv"ais, une tendance accusée vers le portrait, il v a toujours eu, en revanche, une répugnance assez in arquée pour la peinture de plein aii'.
Aussi faut-il que, dans cet ordre d'idées, j'attire mut de suite votre attention sur les leuvres d'un peintre qui a tenté audacieusement de traduire des spectacles de la lumière, .le veux parler des deux toiles de M. Sorolla V Bastida, exposéee à ce Salon.
Qu'il représente les bceufs énormes dans l'eau, la barque, la voile gonflée de vent, les rudes figures des hommes, la mer mouvante, toutes choses, toutes surfaces, sur lesquelles un soleil éclatant met d'éclatantes couleurs, ou bien qu'il représente des entaiiis sur la plage, au bord de l'eau, les figures aveuglées de soleil, un grand espace tout baigné de lumière, M. Sorolla y Bastida voit et fixe et peint tout cela audacieusement. brutalement, comme cela est. Et c'est Ini-t bien '
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