‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 44 sur 125 · I. AKl" KT l.i:S AR ris TES · texte numérisé non relu

I. AKl" KT l.i:S AR ris TES

une no 11 veau le à la Sucicic Xaiionalc Jcs Beaux- Ans, l'exposition dos dccoraicurs de ihéàire. Dans un eoin de salle oliseure, ils exposent leurs niaijuettes, en petit loriiiat. Dans le cadre sombre, elles sont éclairées à la lumière électrique, et les modihcaiions de couleurs que le décor du théâtre impose à la nature sont ainsi ménaijées; malheureusement pour celle tentative heureuse et légitime, les décorateurs ne sont point assez nombreux. Certains des plus grands ou des plus notoires manquent. Cela aurait pu être un grand succès, ce n'est qu'un coin curieux.

La Petite Sculpture.

Il V a toujours à la petite sculpture de jolies imaginations présentées de l'art le plus preste. \'oici une vitrine de ('hais de Steinlen. Il y a longtemps que Steinlen, de son souple cra\nn, nous a dessiné, en pages nombreuses, les mou\cments les plus vifs et les hiératismes les plus solennels des chats. Cette fois, il les modèle en leurs subites gravités, en leur alanguissemeni d'une minute, en leur immobilité soupçonneuse, el la meilleure pièce de sa série est peut-être celui qui s'étire paresseusement en un iiuloleni réveil. V'w Masseau nous montre une équilibriste, puis le plus joli menceau de grâce païenne revisée par le goLii du xvur siècle, dans son Education d'un Faune, uni: éducation amoureuse, pleine de svelie et rieuse élégance: une Bilitis aux traits doux, à l'expression teiuc. un beau jiortraii en grès, sans émail, du malire-polier Delaherche. cuite par Delaherche. et des études de femmes grasses, au nu largement traité, sans ombre de caricature, mais d'une divertissante précision, l ne rigurine de M. Escoula, la Honte protégeant les Arts, est d'un joli seiitiinent. Pas de fatras allégorique. pas de hguraiion encombranie. Rien qu'une jolie forme féminine avec un aimable geste d'attendrissement. .\I. Carabin expose une petite maquette d'un monument de saint Willibrod. qui doit orner la basilique romane de l'église d'Ksternach, en Luxembourg, cette curieuse petite ville où se jouent ces processions dansantes, ces processions sauielantes de pèlerins qui vont sur ini seul pied implorer une vierge noire. Le tombeau de M. Carabin lait songer impérieusement, par ses quatre sveltes figurines encagoulées, au tombeau de Philippe Pot. Ce n'est même qu'une variation sur ce thème célèbre. M. Lachenal a un très bon buste de jeune travailleur, de jeune iiilellectuel très largement traité, très humain. d'une exacte polychromie. M. \allgren a une très hue statuette de dame moderne, un peu Imtguette, très harmonieuse. In jeune animalier. j\L .louve, nous fait assister ;i des ripailles de

tigres et de loups. 11 a bien rendu le coup de nuque bestial du huip déchirant sa proie de ses crocs; c'est intelligent, ardent, mais un peu sommaire de détails. .\I. Froment-.Meurice enlève très prestement des pavsamies du pavs basque revenant du marché sur des anons allègres, un hautrelief curieux de vie rurale, des marchands de bieufs considéram de jeiuies bouvillons attachés parmi le tumulte d'un foirail méridional. Lne petite cire perdue présente avec bonne humeur l'ébat presque cabré d'un aniiii en gaieté. In inté-

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i.r lire h'mmali: moniani sa POM'.Trr: i'Iolagii: PL^lrc t.\itiiiL\

rei anecdotique s'attache a une bonne silhouette du duc d'Aumale. en cnsiunie de chasse à tir. monté sur sa jument Pélagie, très petite et très trapue. M. Ganesco, dans son iaire heurté, pousse au tragique les angoisses de l'-lrarc'. du Malade imaginaire, de liartholo, de don Ha\ile; une Rosine même est étrangement violente; tant de pani pris un |U-u mélodramatique ne détruit point l'inlérel de cet art ardent et primesautier. Les masques de M. Michel Ca/.in ortVeni l'exem- \Ae de l'ail le plus pi'obe el le plus ému.

N'oublions [Hiiin .Mexandre Charpeiiiier: la beauié de son grand bas-relief, la Famille heureuse, qui déroule dans de vastes proportions toute LUie s\inphnnie de tendresse et de calme,

ne doit pas nous taire laisser de coté ses médaillons, mais c'est une joie de le \oir retourner à la Jurande sculpture.

FR. BOCQLEr — masqi i; de ziclandum" {En cuit'rc repousse et ciselé)

La Sculpture sur bois.

Trois œuvres de maitre. un des clous, si ce n'est le clou de la section d'art décoratif à la Nationale. Trois panneaux bois et cristal de Louis Hestaux, un des plus doués parmi ces excellents artistes L]ue formèrent l'exemple et les Icç'ons du maitre Galle. L'école de Nancv a dans "Victor Prouvé et Louis Hestaux deux excellents représentants, bien faits poui- la consoler de quelques meubles un peu communs que certains Nancéiens exposent comme en leurs somptueux magasins.

Les bois d'Hestaux sont sculptés et patines, avec incrustation de cristal teinté qui lui donne, dans un }'()! d'aies iiii crcpiisculc etdansdes Vieux Pins au soleil eouehant. des eaux d'une suffisante mélancolie; et ces plaques de cristal ne sont point lourdes, on ne s'arrête point à leur saillie un peu vive tant on est captivé par la mélancolie de ces décors d'automne, par le charme de l'heure dans sa Foret de bouleaux le soir. C'est à la fois d'une intimité puissante et d'une virtuosité extraordinaire. Et pouiiani ces panneaux ne peuvent être

d'aucune utilité; ils infirmeraient les théories les plus précises dans ce sens. (Vest beau comme transcription, c'est beau h coté de la peinture comme l'eau-forte ou le bas-reliel ; c'est avec les ressources de l'art du bois une iranseriptioii complète de belles heures de la nattne, et quelle ccmnaissance de la \ ie de l'aibre, et quels ciels établis pai' des nuances dans la patine, par des reflets' Et si l'auteur sait nous montrer la torsion puissante des gros arbres trapus, il Lxcelle aussi a détailler la frondaisim léi;ere iiue tait Iri^sunnei' le vent d'aïuomiie. En vérité ce sont là trois leuvres de maure.

NE R. f'>ii;ot soutfre un peu de ce \(n'sina;4e, mais pourtant son enseii^ne : Siiiiit Hubert panneau décm'atil attenant a une potence en 1er lorgé. pour rendez-vous de chasse a quelque agrément ressortant de l'accessoire de théâtre, l n aigle, des corbeaux, sont établis lugueusement, avec relief, avec goût, - mais c'est loin de l'art de M. Louis Hestaux I En coffret de NE Clément Heaton ne figure point parmi ses (euvres les pkis heureuses.

Le Meuble.

On pourrait eti'e sé\ère. La petite bibliothèque de M. Carabin se présente comme d'ensemble avec l'ieuN le de cet artiste. Sauf un feuillage un peu tourtu, qui plaque intrépidement un de ses cotés, elle est élégante. Des nus de femmes, sculptés un peu lourd, à la GaugLiin, ne laissent pas que d'orner harmonieusement les panneaux. Le reste, mieux vaut n'en point parler, et attendre à l'année prochaine avant de constater la décadence. Naturellement, les œuvres quasi posthumes de Galle tiennent bien leur place.

Les Céramistes.

Les potiers sont délicieux et monotones. Ils offrent presque tous le contraste d'une jolie richesse dans la matière, d'un charme réel dans le coloris, mais ils se gardent de donner à leui's formes le moindre intérêt; bols, sébiles, botiteilles, gourdes, plats, et c'est tout : des rondeurs, et encore des rondeurs; aucun impié\'u, aucune fantaisie.

Voici la vitrine de M. Dammouse; c'est une joie pour le regard ; il a un grand vase oii im givre léger coule des mousses d'émail blanc sui' des rouges profonds, des gris, des \eris. Sur un autre il a jeté des fleurs frêles, qu'on dirait dessinées par X'uillard, d'une légèreté, d'un fiou exquis; il a une petite bouteille ou les rouges et les verts envahissent un blanc de neige inviolée, avec un charme passionnant; sur ces fonds blancs il tait chanter des in\asions de brun pro-

fnnd. Je lave ardente: mais ses recherches de l'orme ont simplement abouti à denteler à l'extrême, sur les indications de l'algue, une coupelle, dont ces dentelures continuent l'ornementation. (^11 est séduit et furieux, charmé de cette beauté de couleurs, radieuse, mais qui apparaît en elle-même, seule, et comme sans prétexte. Pas plus de recherches de forme chez M. Bigot, qui a dans la couleur des caprices de feu amusants, un bleu indigo, un jaune soufré, capricieux, hasardeux, charmant. Les belles productions de \L Delaherche demeurent dans les notes les plus sobres et les plus graves, avec leur bel aspect d'art classique.

Pas assez de nouveauté dans la lormc. M. i)alpavi'at ne varie que les dimensions de ses incendies, de ses pvrotechnies sur émail. La beauté de la matière emportera des suffrages i.\u'\. s'ils étaient raisonnes, ne seraient point émis sans restriction. 11 va de bonnes choses de M. Krnesi Carrière, et aussi Je M. Mort-au-Xélaton. dont les grès ont gardé leur aspect débonnaire et quasi patriarcal; il v a de l'émotion dans celle simplicité. On aimera sans doute des pots Je cnntiiures qui sont un peu conçus Jans lesivle Ju pm à kai architectural: il \' a un petit pm sur lequel cheminent lentement Jes abeilles qui poiie en lui une jolie sensation Je fraîcheur, une croix comme J'un vieux calvaire, ornée Je Heurs. Je \ases lierres, et les harmonies Ju grès chantent très bien, sur le lonJ réséJa, Jont à dessein lut tapissée la vitrine, en bonne concordance Je ton.

M. Taxile Doai est un chercheur : son piincipe

M( )Rb. \f -\ f.l. \ ION OHJI-TS KN Gni-.S CKKAMI.

J'encadrer des médaillons dans des lignes ornementales sur des vases dont il cherche avec soin les formes paraît excellente, à la condition qu'il la saura varier sans cesse, .actuellement la nouveauté n'en est pas amortie, et il met une larc ingéniosité à nuancer les aspect Je S'js grès. Je ses porcelaines, de ses camées. Il innove, cette année. Jes cristallisés irisés qui jeiient Je beaux reflets: c'est d'un art joli et de goût.

Le Verre.

Cîallé. Jans Jes foinuiles aJmii'ables et connues, et puis M. Georges Despret. Ce serait se répéter que J'objectcr encore à M. Despret après avoir loLié la matière, micacée, nuancée. Jégère et profonJe qu'il obtient, la siniplessc ingénue Je ses moJèles. Henrv Cros. lorsqu'il 'i-éinvcnia la pâte Je V(.-n-e perJue Jepuis la Rome antique, en voulut faire la gangue ti'anspai'ente Jes héi'os et Jes JieuN. Jes néréiJes pâles et Jes muses aux \elemenls clairs; son conseil n'est point de se borner à fabriquer des sébiles, même pour Homère aveugle. On ne JemanJe point à M. Despret Je créer Jes frises héro'iques. toutefois il peut faire plus ingénieux; mais encore on le remercielaii Je sa noble simplicité si l'on justaposait à sa viiiine celle de M. Reyen. Évidemment M. Reyen est un praticien excellent, mais quelle esthétique Je bazai'! Le verrier Daum n'expose point celle année, portant son effort à Liège. Et penJant que les \erriers français en général imitent Baccarat, lailleni Jes gaulres Jans le cristal, plaquent Jes charjonnereis parmi Jes brancheltes noirâtres, les verriers alleman Js exécutent les beaux moJèles Je Koloiiian Moser; il \' a nieme Jes choses intéressantes à la verrerie belge Ju \'al-Saini-Lainbert.

Les Joaillier» et les Orfèvres.

A la Société Nationale les orfèvres tiennent assez bien leur rang. M. Boutet de Monvel, avec Jes imaginations toujours curieuses, s'oppose à ■VL RivauJ et à son ail sobre et classique. Les bijoux Je M. RivauJ sont d'un goui sobre ei pui': il présente un pendentif en or. un colliei' et Jes bagues toujoui's ingénieux, où le métier se laisse voir le moins possible: une granJe simplicité Jans le jeu Je l'anneau. Jans l'enchâssement, lui Jonne Jes bagues J'homme très heureuses. \I. Bocquei esi en progrès constant : Je jolies broches, un beau masque en cuivre et or J'une belle simplicité. M. Ijouchei' Jonne Jes fragments assez harmonieux J'un service à vin : la carafe est heureuse: l'ornementation Ju gobelet, un pampre légèrement ciselé, a Je la légèreté. .\I . N'ocq est toujours habile, et mieux i|u'liabile. il a Ju

goût et dti c;ipi-icc ncLil : iious le retrouverons a la i;lyptiqiie. .\L (]hadel se lient dans des gammes connues de Lalique depuis assez longtemps. M. Hamni a im bon travail dans des obiet de

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