‹ L'Art et les artistes (volume 2)Chapitre 45 sur 125 · CH. RIVAL D · texte numérisé non relu

CH. RIVAL D

cHAiNi; i;t .mi:i)aili,on di-: cof [Or massif)

corne, un peu réguliers et un peu tristes, de jolie matière. M. Scheideker, dans son orfèvrerie comme dans sa dinanderie, continue à de-couper des silhouettes élégantes et frêles d'objets usuels; personne ne l'accusera de faire massif. Il a de la personnalité. \'est-ce point un peu grêle? Que je vt>udrais aimer l'exposition de W. Saint-Lerche, son cendrier qui est un tout petit paon à lete minuscule et à queue énorme, ses coquilles enroulées d'algues motif qui n'est pas prêt de cesser à servir à Fimmense majorité des décorateurs , ses cornets de feuilles simplement roulées, oi^i des trous sont bouchés par des plaques de cornaline, et sa grande buire, que seule pourrait soulever la poigne d'un roi Gambrinus. Cette grande buire est entourée du relief pittoresque d'une danse de jeunes gens nus, et la poignée est faite du corps élégamment défaillant d'un des danseurs; l'épisode est charmant. Et malgré ces beautés éparses dans l'exposition de M. Saint-Lerche qui nous a déjà montré des œuvres du plus haut intérêt, on est gêné : ce qui gêne, c'est une imitation trop directe de la nature, en des éléments désordonnés, et parmi ces cornets qui sont des feuilles simplement ou des coquillages, d'un goût à la fois précieux et terre à terre, on s'accroche à cette poignée de buire, à cette petite statuette joliment inclinée, pour se rappeler avec plaisir que M. Saint-Lerche est un bon artiste.

M. Jouant a une boucle de ceinture d'une simplicité très artiste, un modèle de vase, rOt'(.'t77!/i./c', très harmonieux le modelage de la nvmphe qui sert de décor parmi les algues stvlisées est joli , un plat cvclamen indifférent, et un beau cartel: dans la coquille d'un oursin, les heures émiettent leur cours; très logiquement, une feuillure, des

algues, contournerniu l'oursin pour former audessus de lui un n(eud harmonieux avec des allures de cimier héroïque; au-dessous, une néréide d'un niou\ement gracieux. Le cartel de M. .loLiant n'est pas la seule belle pendule du Salon. Outre un cartel en bois, agréable, de M. Raguel. il y a la pendule de M. Roche, un beau morceau de sculpture, (^est un masque d'entant joufflu, agréablement modelé; dans l'ebourirtemenl stylisé de la chevelure, le cadran. C'est très simple et de grand goût, comme tout ce que tait ce bon artiste. Il v a aussi la pendule de M. Aube; elle n'est point négligeable. Les Heures tournent autour d'un rocher surmonté d'une sphère, dont la forme est ingénieusement \aiiee par les corps sveltes des déesses, dont l'envol prend le rocher comme dans une flottante écharpe de jolies formes. Une des Heures, à la base du rocher, semble plongée dans un lourd sommeil; à coté d'elle, plus aimable et plus souriant, est le Sommeil moins las de deux autres Heures quasi enlacées, et à coté déjà c'est l'élan d'une autre Heure qui se prépare à monter jusqu'au faite de la sphère, à y resplendir un instant en tenant haut le flambeau de la vie. et puis c'est la descente lente des Heui'es écoulées, dont la dernière, se laissant glisser le long du l'ocher, va

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