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la sciic des husics : Charles de Lanicih. cuillc de son bonnet noir, les veux baissés, avec celte devise sur son blason : Emif;rer n'est pas iicscrtcr; le 14 juin 18^2, l'eH'ravant et horrible Dupin. pareil à un gorille déguisé en magistrat, avec un sac en blason, accompagné des souliers fameux, d'une toque surmontée d'une girouette et des plaidnxers l'inir ci ('.outre; le (j août i832, d'Argout; le I I avril i8x^. Persil. Puis la série des portraits en pied: Podenas 2 mai i833 ; \'iennet i3o mai i833 ; et Delessert. et Piunelle. et encore d'.Argoui.
et Banhe, et Gui/.ot qu'i assoit au « Banc de Douleur 'i. etc., etc. Que l'on se reporte à ces images, on aura la vision des bustes, c'est l'identité de travail, les mêmes creux d'ombre, les mêmes reliefs de lumière, les mêmes laideurs phvsiques et morales, la même observation liiic.
joveusc et meurtrière.
On trouvera aussi à peu près le même personnel dans l'estampe du Ventre législatif, avec Thiers en plus.
Thiers qui devint, sous le cravon de Daumier. le t\pe de Rohert-Macaire. aux \eux illuminés de malice, à la bouche ironique, à l'expression sceptique et gouailleuse, une main dans l'entournure du gilet, l'autre main sur un gourdin, la tcte coiffée du chapeau-lampion.
Daumier s'est prouvé sculpteur d'une autre ^ manière, par une «euvre sur laquelle,cette fois, (Ml ne peut mettie im nom et
qui est un magnifique résumé d'une époque et d'un régime : la statuette de Ratapoil. Elle date de i85o-5i, à l'époque où un clairvovant tel que Daumier voyait distinctement approcher le Coup d'Etat à travers les menées du prétendant bcmapartiste. C'est l'agitateur qui prépare et annonce le nouveau règne qu'il a érigé en une statuette d'une tournure, d'une nervosité, d'un stvle rares.
UATAl'On, Statuette bronze, d'aérés la sciilytiirc de Daumier.
Le peisonnage, maigre, la poitrine en avant, le COU noueux, est campé sur le sol par d^u\ jambes solides de marcheur et de couivui' et par lui énorme gourdin auquel s'appuie sa hanche. Il a l'allure militaiie. une longue redingoteboiilonnée en plastron, un pantalon à la hussarde, un chapeau déloncé; il est dépenaillé et énergique, et son \isage. barre par de grosses moustaches, allongé par la barbiche dite bientôt impériale, a djla ti'istesse '^ ei dj la rapacité de l'oiseau de proie. Tel qu'jl est, ce n'est pas seulement 'agent électoral de i85o, c'est le déclassé de l'armée, il continue les demi-solde de la Restauration, les brigands de la Loii-e. il suit Philippe Bi'idau et il annonce Esterhazv. tant Daumier a le génie de la svnthèse qui a pu transformer le compai'se banal d'un instant en un tvpe d'aventurier de tous les temps.
(>'est ce Ratapoil qui a été sauvé par la fonte en bronze. Pendant l'Empire, il fallut cacher la sta- V, tuette subversive document d'his-
toire et chef-d'œuvre d'art.
(.A)mme les bustes des politiques de i832. Ratapoil servit à Daumier poLii' exécuter de nombreux dessins dans le (Charivari de i85o- ? I : Ratapoil et son elal-niajor, l'n Lutteur nialheiireii.v, Ratapoil et Rasile. Ratapoil et les paysans, etc.. etc.
11 faut souhaiter que le bronze sauve encore r(euvre de grande beauté quept)ssède M. GeoH'rov- Dechaume fils, une ébauche en bas-relief des Fmii(ranls: des hommes chargés de fardeaux, des lemmes portant des en- ■ lants. d'autres enfants traînés par la main, des tètes baissées, des visages
en pleurs, une sombre armée de misérables, qui s'en va vers l'horizon lointain. C'est une (euvi'e poignante, d'une rare lorce de sculpture, d'un mouvement et d'un rvthme superbes, d'une science des plans visible par les formes ébauchées. Elle achève de mettre très haut le sculpteur qui l'a exécutée, l'homme qui l'a conçue.
Gi sTAvi: Gkkkkov.
/'/;n/o Uorihu-.
LE PEINTRE AI.REUT lil'SNAHl) DANS SON ATELIER ((■//(• flnitoi^rayliic, faite il y a quelques jinirs, reyiésciile le eéichre artiste lievjiit sa deniiére tuile, eiu-ore inaelievee.
L'Art et l'Ame d'Albert Besnard
L'art de M. Albert Resnard élève à la puissance du classique, isolément dans notre époque, rini;rate et rare notion de la joie.
Cette joie exubérante sait l'existence de la douleur, et ne sourit pas toujours. Il lui arrive de rire nerveusement, de se crisper dans une volupté féline, inquiète et violente, de s'étirer avec une troublante langueur. C'est qu'elle ne cesse pas d'être humaine, et qu'elle a toutes nos passions. Elle est élégante, épanouie, saine, — puis soudaiment elle se ressouvient de la douleur et de la mort.
La caractéristique de Besnard — et cette admirable, cette somptueuse exposition la révélera à tous les yeux — c'est ce mélange constant d'audace et de retenue, cette sagesse du dessin unie à
I. A propos de la considérable exposition de peintures, pastels, aquarelles, dessins et eaux-fortes de ce maître, résumant vingt-cinq années de labeur incessant et fécond, — chez GeorgesPetit, juin-juillet igoS.
cette outrance de la couleur, cette luxuriance de la \ie équilibi'ée et lumineuse, amoureusement réaliste, soudain hantée pourtant de l'au-delà, de ses visions effarantes, de ses magiques avertissements. Alors, sous l'art robuste du maître peintre, se révèle la fiévreuse mélancolie : un élément fantastique intervient, miroite fugacement, et\\joute à toute cette beauté l'attrait mystérieux de l'étrange. Mais si, selon Bacon, « il n'est pas de beauté parfaite sans quelque singularité dans les proportions », Besnard n'obéit pas à cette forme de suggestion: son dessin reste une armature réelle danslahardiessedeson souple élancement. C'est à la couleur, aux mirages, aux réciprocités de ses hallucinations, qu'il demande de révéler, sur ce dessin normal, les stigmates du rêve et les troubles de la conscience.
La psychologie de Besnard, dont ses toiles répondent au point qu'elles sont, pour l'analyste, le portrait multiple et fidèle de son esprit, décèle
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sauts nurvcux, des songes graves sur la mort; un anglomane, un spiiite, un fervent du sol de France, un classique, un oscur, un triste, un Ivrique, un exalté adorant le bon sens, et bien d'autres hommes encore. Hesnard est tout cela toui' à tour ou à la lois, avec un proteisme passionnant ceux qui l'aiment. Si l'on s'est intéressé à lui, on ne s'en détachera jamais plus.
Mais l'extraordinaire, et le seci'et de son génie indéniable, c'est qu'il puisse Luiir tous ces contraires en une identité lucide, appeler à l'heure du travail les forces dont il a besoin, écarter les autres. Tout Besnard est dans cette faculté d'unir momentanément des contraires : « vivre, c'est, dit Ibsen, combattre les spectres muets de notre cerveau ». Besnard. psvchologiquement. n'est peut-être qu'un sensuel triste, inquiet des monstres qui l'en-