C-otlcclioi: Chcijimr
GÉRICAULT — LA KOLLE Etude fjitc à la Salpâtrière.
Ce qu'il aime le mieux au monde, c'est Renouard et ses élèves, puis Delacroix, puis l'école anglaise.
« Vovez-moi cette réplique de la Vierge aux rochers'. Et ce Saint Jean-Baptiste! n'est-ce pas supérieur aux bitumes de l'original? Chavannes en était fou. Savourez ce David : est-il amusant, hein? C'est son concours de Rome, sous l'influence de Boucher.... «
Du David initial nous passons au dernier — chronologiquement — des Delacroix : un Tobie
et l'Ange, que le maître peignit avant de mourir. Prés d'un Gainsborough, d'une fraîcheur miraculeuse, je déniche un Constable.
.< Il v en a trente-deux ici, monsieur, et tous authentiques! »
Constable est un des dieux qu'on honore en ce sanctuaire. Ses paysages animés, où la vive lumière diapré et dore les toits de chaume, les futaies, les prairies drues et grasses. M'-' Chéramv en raffole.
« .Te suis le premier, proclame-t-il tièremem.
le premier avec Cirouli, à avoir acheté tles (>onstable en France. »
Xous admirons MaJcinic Cdii.slablc et Mailaiiic Fislier se promenant sous les hêtres de rarciievéché de Salisbiirv, au bord de l'étang semé de nénuphars: la Jiotirrasqiic' lic printemps, la Charrette de foin, la Célébration de l'anniversaire de Waterloo au village d'East-Bergluild, avec un minuscule N'apoléon pendu en cftigie. Voici Turncr et sa << phvsionomie féroce », sortant de son atelier de Tiwickcnliam pour serrer la main à un ami...-
Les écoles cohabitent pele-nieie : un Ciian Pedrini et l'admirable Sedaine de Chardin voisinent avec lu Richard Wagner lie Renoir, peint à Palerme le lendemain du jour où fut terminée l'instrumentation de l'arsifal; fl-xurcuil a la biiire. pour (ieorge Sand, à coté du polirait de Ciarrick dans le Mari Jaloux. ■< In Revnold lameux ". in'appi'end M'(^héram\ . A Stratl'ord-sur-Avon ils en ont une copie qu'ils croient l'original!... " lu M'' Chéramv de hausser les épaules
Des copies savoureuses comme les originaux mêmes : je note celle des Croisés à Constantinople. par Failli n-Latour; et la Barque de Dante, par Manet; une Joconde de Chassériau, et une autre Joconde, espagnole, du Greco. Delacroix triomphe; son Paganini est macabre et sublime; son Hamlet peut-être égal à celui de M. .\lounet-Sull\- ; du même, VUdalisque couchée, d'une lascivité extrême; et le commentaire de M' ChJramv n'est point prude; de Tassaert, une Courtisane, de tenue bien inconvenante; et la glose de M'' Chéramv est spirituellement osée....
Des p ri mit il s, Florentins.
Lombards, -Sicmiois, Ombriens, des Greco, des Gova, comparables à ceux de Tolède ou de .Madrid. La Madone aux anges, de Crivelli, sourit à un Sapho
diaphane, composée par ma„,m,, consiaiu.i-: Gustave M o r e a u p ( j u r
.Mme Krauss lorsqu'on reprit l'opéra de Gounod. .•\quarelle de Rarye. sanguines du Vinci, gouaches de Pissarro, deux (^havannes, dont la Madeleine'. quinze Corot d'Italie. Je cesse de prendre mes notes, aveuglé, ébloui. M' Chéram\-, implacable et charmant, me dicte des noms illustres comme s'il dictait une lettre insignitiante à son premier clerc : Hais, Courbet, Fromentin, Millet, Degas. Les Delacroix se succèdent, toujours plus chauds, plus verveux, plus accentués. \on loin d'une adorable académie de Prud'hon représentant Mademoiselle Maj'er, son élève et amie, en costume d'Kve. l'une des plus chastes toilettes t'éminiiies, j'aperçois un portrait expressif et Tort, d'une vie intense. Ce visage attentil, narquois, est celui de Stendhal, leuvre de Sodermark, artiste suédois. " Sodei'maïk. éci'it Stendhal dans sa r.'ori-espiindauce. a tout quitté pour mon portrait, et notez qu'il les lait paver jusqu'à 5oo livresl »
TIRANT A I. ARC DANS SON .lARIIIN, AVKi: MADAMIC ITSHI'.R D\if>i's une feiiUure de Cuiistable.
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LAirr ET LES AR'llSTES
MALVr.RN-HAI.I.
J>\Tfrcs une fciiitiirc de Caustiible.
Lr. printi:mi'S (oihaga.n) D'aérés une feiiiture de Constable.
« Mon dcsir. ajciuic M' (^liéramv. serait que Rodin tit un StciiJIml, d'après ce portrait. "
En prononçant ces mots, le collectionneur caressait de sa paume épiscopale le torse cambré et frémissant d'une nvmphe en bronze vert, due au ciseau de Rodin. l^odin est en effet l'un des très rares statuaires de qui les œuvres aient droit de cité au musée de peinture de la rue Pelouze. .l'ai admiré, sur une lourde sellette, quatre ou cinq Rodin. formes crispées, étreintes piuissantes de faunes et d'hamadryades. luxure et douleur.... Le beau sculpteur impressionniste, Medardo Rosso, possède, lui aussi, ses entrées en ces lieux : une tête d'Italien riant aux éclats souhaite, dès le vestibule, bon accueil au visiteur.
Mais la pièce de résistance est le buste de Lamartine, par David d'Angers.
La face grave et pure du poète est placée sur une haute cheminée. Le marbre pâle semble plus pâle parmi l'or des cadres et le chatoiement des coloris. David d'Angers fut présenté à l'auteur des Méditations par celui des Or/c'»/ii/(.'s quelques jours avant la révolution de .Juillet....
" Je lègue à i'.Académie française, me déclare M'' Chéramy, la lettre de David d'Angers à Hugo, la lettre de Lamartine, et le buste. >■
Un silence historique plana. Le crépuscule envahissait le hall. L'Odalisque, étendue pai' le