PORTE DU GR.A.ND SALON
cette dernière voie, pour que ses nouvelles constructions ne fissent pas obstacle au libre passage. Par cette petite rue, toute bordde d'un coté des ombrages d'hôtels dont les bâtiments longeaient la rue de Paradis, arrivaient les promeneurs vers le jardin Soubise qui s'étendait de l'autre, car le jarJin était public. Et c'est dans le jardin que la foule se pressait après l'afl'aire du Collier et qu'elle regardait le cardinal de Rohan, à sa fenêtre, qui affectait de jouer avec son singe. Si rien donc n'est plus logique que d'adjoindre, pour l'agrandissement urgent des Archives. l'Hôtel de Strasbourg à son aine, c'est un véritable devoir pour la ville, par la restitution de son jardin public, de rendre à ce quartier, qui étouffe un peu, de l'air, dont il jouissait autrefois. On aura été frappé, à l'examen du plan, des jardins innombrables et des vastes cours qui, dans cette seule partie du Marais, séparaient les habitations. Nos élargissements mesquins et nos alignements ne sont pas près de contrebalancer tant
de pertes d'espaces et de verdure. Il faudra bien qu'une étude plus approfondie des conditions urbaines d'autrefois, après la disparition des enceintes primitives, nous convainque que nos entassements modernes, aggravés de la hauteur des maisons, sont, malgré nos voies plus larges, autrement constants et pernicieux. D'ailleurs, le principe faux qui consiste à recevoir l'air et la lumière des artères d'une circulation chaque jour plus intense et pestilentielle est d'une insuffisance déjà reconnue à l'étranger. L'esthétique et l'hygiène s'unissent pour que les plans édilitaires ne soient plus exclusivement établis aux draconiennes mesures des géomètres. Et ce qu'il y aurait d'original dans la conservation de l'Hôtel de Rohan serait que le salut d'une œuvre d'art assurerait une œuvre de l'édilité la plus moderne. L'occasion est trop précieuse : que la Ville s'entende avec l'Etat pour la saisir
Robert de Souza.