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L'économie de l'exposition serait àetudier: les assurances seraient lourdes, les transports coûteux ; mais je n'hésite pas à déclarer que les trais seraient couverts. Déjà la Société photographique de Paris a publié le Retable Je i' Agneau dans son unité l'établie, avec ses volets fermants, et l'idée qu'on s'en t'ait par ce moyen est bien poui' piquer nos curiosités, ss Qiielle main souveiaine ! s'écriait « récemment Lin des maîtres de la critique mo- « dei'ne, quelle parfaite maitiise dans l'exécution I v^ Cluel tour de force, fait pour confondre la <\ raison, dans la technii.|ue des matieies, des cnuvv leurs, de la touche 1... ^^ Ht. movennanl quatre cents francs, la Société offre aux acquéreurs et aux amoui'eux des Van Hvck cette leconstitiition rationnelle de l'ccuvre illustre. On v voit m.iiies ensemble les vingt panneaux disjoints, on en estime approximativement la savante ordonnance.
Mais, en vérité, et je le répète, il est impossible de juger de la technique des matières, des couleurs et de la touche. C'est justement ce que nous n'avons pas qui nous serait le plus indispensable. Ht allez (.iiinc à distance, au cours d'un voyage, vous rappelei- un tiin, mie nuance, une manœuvre de pinceau, un tic d'artiste! 11 y a des gens qui le peuvent et i|ui le disent : il v en a qLii ne tliseiit rien et qui ne le peu\'ent pas: c'est le plus grand nombre.
Une telle m.milestation, pnur se pi'oduiie, doit a\(in le p.itronage de IHt.il et le concours des hommes compétents de Belgique et d'Allemagne. Si on le veut en haut lieu, la chose est laite, et si elle est f.iite, ce sera pour la plus grande joie de tous et le grand prolit de leuidition et de l'art.
fthXKi Bouchot.
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L'Atelier de Fantin-Latour
II, n'est point à craindre que le souvenir de Fantin- Latour s'abolisse de sitôt chez ceux qui l'ont pu connaître. L'humme, l'existence, le milieu, tout était hors de l'ordinaire et tout prédisposait l'esprit à la retlexion et au respect. On ne se rappelle guère avoir renconti'é caractère mieux trempe, âme plus droite et plus accessible aux saines levoltes que suscitent en nous I iniquité et le mensonge. L'isolement même ou Fantin-Latour s'est volontairement complu - tel Gustave Moreau, tel Degas paraissait encore avoir exalté les qualités de son humeur native. Sous les plus simples dehors, ce maître a légué l'insigne exemple de l'indépendance souveraine. 11 a commandé à sa destinée, autoritairement, sans admettre dans la vie, dans l'art, l'ingérence d'aucune volonté étrangère. Le commun s'est abusé à tenir pour de l'orgueil ou de la misanthropie ce qui n'était chez lui que juste conscience de sa valeur et respect de soi-même. 11 n'est pas un acte, pas un ouvrage de Fantin qui ne s'accorde à prouver un souci permanent de dignité. Ainsi en a-t il été à tous les moments, et de ce constant accord de l'être avec luimême vient l'intérêt qui s'attache à son entour. je veux dire à l'asile de paix et de travail où coulèrent ses jours obscuis, difficiles, si tardivement glorieux.
Comme dans un « Livre de vérité «, l'œuvre et les aspirations de Fantin-Latour se miraient aux murs de son atelier. Les tableaux, les études éta-
ges sur la paroi y stimulaient l'invention par le rappel du labeur accompli. Dès le premier regard, le visiteLir s'édillait sui" l'unité de vues constante comme sur le culte parallèlement voue à la nature et aux maîtres. Fils d'artiste, Fantin avait grandi dans l'admiration des peintres d'autrefois et à l'instigation paternelle furent entreprises ses premières copies; mais, contrairement à la règle, il garda, l'heure de la notoriété venue, l.i dfiuce habitude de ce commerce intime avec l'àme du passé. Peut-être ces tr.ivaux n mit-ils pas obtenu toute l'attention qu'ils requièrent: pourtant, jusqu'en 1871, l'activité de Fantm-Latours'y est presque exclusivement consacrée: pourtant ils s'imposent, par leur valeur propre, par les prédilections foncières qu'ils signalent, par leur action, enfin, i.|ui ne laissera pas de rayonner sur l'œuvre entier. Dans notre esprit, les copies de Fantin s'assimilent aux substantielles préfaces qu'Anatole France a placées au seuil de maintes éditions de nos classiques; et ce n'est pas, j'imagine, porter préjudice à l'écrivain et au peintre que rappeler la richesse de leur culture, les avantages tirés de la méditation des plus augustes génies, et les exercices critiques par quoi tous deux préludèrent à la réalisation de leurs conceptions originales.
Les peintres soi-disant révolutionnaires dont les débuts se placent vers le milieu du dix-neuvième siècle, ne se sont érigés ni en autodidactes, ni en contempteurs du passé; à l'exemple de Courbet ils ne
SCÈNE DU TANNHAUSKR Salon de iSb4 {D'apr'iS iiiic pciiihirc «/r Fjiili/i-Ljloiir-]
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refusent pas le héiiélice qu'assure l'étude mûrie des musées et des collections; on les rencontre chez M. La Gaze et bien souvent le Louvre les rallie. Manet copie les Petits. Cavaliers attribues à Velazquez: Degas donne un double, à bon droit célèbre, de V Enlèvement des Sabines de Poussin : de longues années durant, Ribot vivra de ses reproductions d'après Watteau. PourFantin.il est attiré d'emblée par les Flamands et les Vénitiens et. cette fois comme toujours, l'ordre de ses préférences demeurera immuable. Ses excursions hors des écoles de lacoukan' et de la iumiéie. vraies patries de son talent, n'interviendiont que comme d'exceptionnelles aventures. S'il s'informe des secrets du clair-obscur auprès du Corrège et de Rembrandt, c'est en guise d'avertissement complémentaire; la ferveur de sa dilection pour Delacroix explique que ses pinceaux aient voulu garder souvenir des Feinnies d'Alger et du groupe épique du Massacre de Scio. Reste l'extraordinaire transcription de \'F.iiibarqiieiiieni pour Cftljère, la dernière en date peut-être des copies de Fantin : mais l'ou-
vrage de Watteau v paraît trans!lguié à travers la vaporeuse diaprure d'un émule de Monticelli au point qu'on dirait plus volontiers d'elle un tableau original.
Les vi'ais éducateuis de Fantin-Latour, ses maîtres d'élection, c'est Rubens et c'est vanDyck, c'est Titien, c'est Tintoret, et c'est lopulent Véro nése. Songez qu'il s'est attaqué aux Pèlerins d'Hiiinialis. ixJupiterfoiiJrovaiit les crimes, au Repas ebe^ Simon le Pbarisieii. et qu'on lui doit jusqu'à six réductions, à des échelles variées, des Noces de Cana. Qii'est-il advenu de ces peintuies. de tant d'autres et notamment d une réplique, dans les dimensions mêmes de celles de l'original, des Pèlerins d'Emiimiis de Titien? Disséminées en pi'ovince ou à l'étranger, en Angleterre, en Amérique, au gré de ceux qui en fn ent la commande, certaines ont trouvé chez Seymour Haden et à Belfast l'honorant asile de la galerie publique nu privée. D'autres, tracées par l'artiste pour luimême, à titre d'études ou de souvenirs, se mêlaient à ses propres créations, dans l'ateliei' de la rue des