‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 16 sur 99 · L-1'.. (ikLl'ZH — FUKTK.Ml DE Sol'IilE · texte numérisé non relu

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l'iiKIKAII DF. m' ' DCCI.OS, Dlî LA CO.MICDIK-I-KANrAISE (KÔLK D'AKÏAN]': (ai'parlciuiril à la C'niiK-dic-l-'raii<,'aist')

IHToiil à l'cxinosioii lU'Iiiiil i\(' ili- l;i sdiutiaiiu' llUIJisU'. Dr là r.i^pcil i.ikIc. |i|rsi|ilr lili'i at iinu lie ^clIl iHis(iiiiiaL;r, ilciiil la mille, au cliir de Xollain-, ll'rtait pdiiil |iilir.

liHcinr- s'est (ciKiidaiil très \'isil iKiiiciit cliiirié, sans .nu une ((Hicrs-KHi à la \'lll,L;ai itr des tldils. lie itiidic l'ail i\r soiinantr lidiiti' dont le \ isage de la laiiu' rtait ( iii|irfiiit. ]{t m c cla il lut supciicur aux aiitics portraitistes de Marie l.ee/iiiska, à \'aii 1,11(1. à ]-)elle. (pii Ile \iient dans la reprcseiUatioii île la reine que prétextes à de pre; tii,'ituses ])e)ntures de inauteaux d'iiennine et île rnlies fleurdelisées, à Xattier et à La Tour, dont les },dorieuses images sont déjiourvues de toute \éritc liistorique. La Tour parait avoir concentré dans les \eux, sur les lèvres, et jusque dans le frémissement du nez de son modèle tout l'esprit d'une époque: c'est un symbole d'une éloquence excessive et inattendue. La grande sincérité d'observation du grand pastelliste est ici, exceptionnellement, en faute. Ouaiit à la Marie Leczinska de Xattier, elle est d'une grâce mélancolique en complet désaccord avec l'opinion des contemporains qui prêtaient à la reine « un esprit dépourvu de toute \ivacité, plus de vertus que d'attraits, et tout ce qu'il fallait d'ailleurs jxiur lui assurer jusqu'à la lin le resjiect du roi plutôt que pour retenir son amour .

Tout en cherchant à doiuier à son ro\-al

1 lele la soii\ei,iiiie attilude digne lie Son rang

suprême, et cela sans faire d'excessives concessions à la nature qui \'oiilait, dans son impitoyable cruauté, que la hlle de Stanislas Leczinski eût le nez gros, les \eux ronds et les lèvres minces, mais le sourire ])lein de bonté, Tocqué ne le céda en rien à ses rivaux \'an Loo et Helle pour l'exécution des étoffes dans son portrait d'apparat, et son habile pinceau s'est promené avec une méticuleuse conscience, mais aussi avec un art infini, dans l'harmonie neigeuse ilu manteau royal et dans le satin blanc fleuri tle pavots rouges de la soni])tueuse robe au.x larges ])aniers.

D'ailleurs, pour peindre clans leurs plus intimes détails ces vêtements royaux dont il sut revêtir un modèle d'emprunt doué de la plus louable patience, Tocqué eut tous les loisirs nécessaires, comme l'atteste la lettre suivante :

" De par le Roy, cher et bien-aimé, nous avons commandé au sieur Tocquet (su), jjeintre de notre Académie, (pielques ouvrages, pour lesquels il a besoin du manteau royal, cjui est dans le Trésor royal de votre église. Nous vous mandons et ordonnons de lui faire remettre, pour le garder litemps qui luy sera nécessaire, en prenant pour vous les sûretés convenables et accoutumées en pareille occasion. Si n'y faites faute, car tel est notre bon plaisir. Donné à Versailles, le 27 septembre 1739. Louis ".

L'ieinre de Tocqué est considérable. Bien cjue tra\aillant avec une certaine lenteur, justifiée jxir une observation consciencieuse de la nature et un réel souci de la vérité, mérites assurément assez rares à une é])o(jue où la fantaisie régnait en souveraine dans les arts, il a laissé de nombreu-X portraits remarquables par la vérité des attitudes et le charme du coloris, d'un riche éclat dans les toiles d'ap]iarat, où la fulgurance des ors devait lutter avec les chatoiements des satins, et d'une délicate harmonie dans les peintures intimes, surtout dans celles de la deuxième partie de sa carrière, alors que son coloris un peu vif au début, et parfois criard, s'est apaisé dans un système de nuances grises, comme clans le portrait exquis de Vieille jeniine du ]\Iusée de Nantes.

Oui veut connaitre Oueiitin La Tour doit visiter le Musée de Saint-Ouentin. Nous dirons plus : un pèlerinage à cette galerie d'art est presque aussi nécessaire que la lecture des Mémoires de Bachaumont, de la Correspondance de Grimm, des commérages de MmeCampanet cies lettres de Mmed'Epina\', pour qui désire vivre un instant dans l'atmosphère du xviii'' siècle et en resjiirer, pour ainsi dire, l'esprit.

L'AKT F.T LES ARTISTl-:-

J. l; WKEl'Zli - LES DEUX S(ErKS 'Miisw du Louvre)

( c inMennage, je le lis ixiiir la |)R'mir'ic lois, il rahh' d'ailKuirs à leur conservation, une destina-

y a déjà de longues années, alors que les pastels du tion j^lus digne d'eux.

maître, encore relégués dans les combles de l'hôtel Le concierge, vieillard ingambe préposé à la

de ville, attendaient, baignés d'une ombre favo- garde de ces admirtibles c}iefs-d'ceuvrc, me remit,

LARl l:.! LES AlUIsTES

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