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joli comme une femme, lorgnant, souriant, taisant le petit bec, la bouche en cœur et un luxe de vêtements à ruiner le pauvre littérateur si le receveur de la capitation vient à l'imposer sur sa robe de chambre.... Du reste, de belles mains, bien modelées, excepté la gauche qui n'est pas dessinée.
diable ajipelé (iarant. qui m'attrapa comme il arrive à un sot qui dit un bon mot.
« Celui qui voit mon portrait par Garant me \"oit Ecco il vcro PidcincUo ».
Le Suédois Alexandre Koslin (1718-1795), membre de l'Académie, gagna, nous apprend un
On le voit de face, il a la tête nue; son toupet de ses biographes, 800 000 livres en quatre années, qui, avec sa mignardise, lui donne l'air d'une Ce chiffre, énorme jiour l'époque, dit assez que la
vogue du jieintre fut très grande de son vivant.
Koslin lut un charmant jietit maître du portrait, et s'il manque i)arfois de force et d'éclat dans les images qu'il exécuta, de son pinceau sec et précis, d'après FrançoisBoucher, Nicolas Cochin, l'abbé Terray, Collin de Vermont,... son art se pare d'une grâce charmante dans la représentation de certaines hgures de femmes, et nul, même parmi les maîtres hollandais, ne le dépasse dans la peinture des étoffes soyeuses. La Jeune Fille ornant la statue de l'Amour, (jui figure au ;\Iusée du Louvre, peut être considérée, dans sa douce harmonie argentée, comme une de ses œuvres les meilleures avec le c harmant portrait de la duchesse de Grammont (collection Clermont-Tonnerre), et m«ii art distingué est fort bien représenté à VExposilion des Cent portraits de femmes jiar la belle peinture ]irovenant de la collection de M. Adam. François-Hubert Drouais connut, conune Koslin. l'engouement de ses contemporains, et il eut sur ce dernier l'avantage d'être loué par Diderot, qui ne sut pardonner à Koslin d'avoir exi>osé au Salon de 1765 un Père de jamille, se jiermettant ainsi de chasser sm' les terres réservées de Grcuze. Il faut ajouter néanmoins que si parfois, surtout dans ses grands portraits d'apparat, son art est d'une froideur conventionnelle, déconcertante, au contraire son dessin se précise et s'anime singulièrement, sa couleur s'éclaire d'une belle lumière de \ie lorsque, abandonné à lui-même, libre de peindre, il a jm, sinon choisir ses modèles, du moins fermer l'oreille
vieille coquette qui fait encore l'aimable ; la position d'un secrétaire d'État et non d'un philosophe. C'est cette folle de Mme Van Loo qui venait poser avec lui, tandis qu'on le peignait, qui lui a donné cet air-là, et qui a tout gâté. Si elle s'était mise à son clavecin et qu'elle eût chanté :
Non ha raggione, ingrato Un core abbandonato,
ou quelque autre morceau du même genre, le philosophe sensible eût pris un tout autre caractère, et le portrait s'en serait ressenti. Ou, mieux encore, il fallait le laisser seul, et l'abandonner à sa rêverie.... Alors sa bouche se serait entr'ouverte, ses regards distraits se seraient portés au loin, le travail de sa tête, fortement occupée, se serait peint sur son visage, et Michel eût fait une belle chose. Que \ diront nos
petits-enfants lorsqu'ils \ienclront à comparer mes tristes ouvrages avec ce riant, mignon, efféminé, vieux coquet-là?... iles enfants, je vous préviens que ce n'est pas moi. J'avais en une journée cent physionomies diverses, selon la chose dont j'étais affecté. J'étais serein, triste, rêveur, tendre, violent, passionné, enthousiaste, mais je ne fus jamais tel que vous me vo\ez là. J'avais un grand front, des j-eux très vifs, d'assez grands traits, la tête tout à fait du caractère d'un ancien orateur, une bonhomie qui touchait de bien près à la bêtise, à la rusticité des anciens temps. Sans l'exagération de tous les traits de la gravure qu'on a faite d'a])rès le cra3on de Greuze, je serais infiniment mieux.... Je n'ai jamais été bien fait que par un pauvre
T()COL"É — PORTK.MT DE M GR.\FFIGNY
(MiisOe du I. ouvre)
aux conseils officiels.
François-Hubert Drouais fut un peintre très inégal.
Certaines de ses œuvres, et même parmi celles t]ui ligurent au Musée du Louvre, prêtent fort à la critique. D'autres, conuiie le magnifique portrait de la Dubarry de la cnllection Albert Lehniaiin, la spirituelle et ravissante image de Mlle de Roman, une des perles de l'Exposition, (de la collection Knemer), la princesse de Conti de la collection du baron de Schlicking. peinture également charmante, l'ex- (juise Marie-Antoinette de la collection du comte Allard du Chollet, ac.
sont des ceuvre.^ en to\is points très remarquables.
L'ne jiroionde lacime existerait dans cette revue trop rapide des meilleurs peintres de la française du .will'^' siècle.