‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 20 sur 99 · A\ED · texte numérisé non relu

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Duplessis (1725-1^02) n'y li,L;urait pas. Les images de femmes, troj) jieu nondireuses, exécutées ])ar ce remarquable artiste, sont en effet d'une rare lieauté, d'une beauté faite d'une science de métier consommée, d'un respect protcind de la vérité, d'une analyse aiguë, d'un réalisme expressif et presque attendri sous sa gravité souriante. Assurément, ses tableaux religieux sont remplis de sérieuses qualités d'exécution, et ses portraits de Gluck, de Franklin, d'Arnault, de Marmontel, de Necker, de Lassonne, médecin de Louis XVL... constituent un ensemble d'ceuvres des plus honorable. Mais n'est-il ])as permis de penser que le nom de l'artiste ne fut parvenu jusqu'à nous que l^rivé de tout vif éclat, et qu'il ne s'auréolerait pas chaque jour davantage, à mesure que le recul des années permet une vision jilus nette des œuvres passées, si Duplessis n'avait ajouté à la liste de ses portraits des célébrités littéraires, artistiques et scientifiques de son temps, quelques-unes de ces spirituelles et charmantes figures de femmes de haute bourgeoisie, où se reflète, comme en un pur miroir, une des meilleures jiarts de l'àmc féminine du XYiu^ siècle ?

Quant à moi, je ne connais guère, parmi les jxirtraits de femmes de cette é])oque, et il en est cepen-

dant de prodigieusement beaux, deux spécimens du genre plus séduisants et plus forts, plus obsédants par l'intensité de vie qu'ils dégagent, de nuances plus délicates et de dessin plus ferme, et, disons le mot, plus foncièrement français, que ceux qui sont représentés par la femme en corsage bleu et en mantille de la galerie Lacaze, et par la ravissante image de Mme Lenoir, qui figure à l'exposition du Jeu de Paume et dont nous ommes heureux de donner une reproduction dans ce numéro de l'Art ci les Artistes. Purs chefsd'œuvre d'esprit et de vérité, exemples étemels de ce que peuvent la science et la conscience du métier unies à la vision saine de la nature.

Nous parlerons aussi de Vestier, petit maître dont les meilleures qualités se révèlent dans le charmant jiortrait qu'il fit de sa femme, gracieuse image qui figure au Musée du Louvre, et dans l'étonnant portrait de Mme Larmoyer (collection Sortais) qui figure à l'exposition et d'où se dégage une exjiression de force graphique toute davidienne; de Danloux qui laisse plusieurs petits chefsd'(euvre, tels que la Duthé de la collection Sigismond Bardac, Mme de Bange (collection Dubufe), lu Femme en blanc (collection du prince d'Arenberg), etc. ; de Guillaume Voiriot, dont la facture, dure et heurtée, convient mieux à la peinture des traits de l'homme; de Hoin, dont le crayon spirituel et léger sut fixer de si aimables sourires; de Raoux, pour la réputation duquel les élégantes et gracieuses images de ^Nllle Prévost, de l'Opéra (Musée de Tours), et de Mme Boucher (Musée de \exsailles) ont plus fait que tous ses Alexandre malades, ses Pygmalion amoureux et ses Télémaque cuirassés de vertu, etc.; d'Ansiaux, Suisse d'origine, mais Français d'esprit, toujours gracieux jusque dans la sécheresse un peu aiguë de son dessin, etc.

Puis voici, très intermittents portraitistes de la femme, mais cependant si remarquables en ce genre, François Boucher, le peintre des Grâces et (le 1(1 ]'('liipt(:.vt J.-B. (ireiize.qui se lait pai'donner

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