‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 22 sur 99 · I.'AKT KT !.]•> Al · texte numérisé non relu

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nins au xviii'- siècle, le nom de Pmd'hoii. dont la haute et poétique figure demeure fièrement isolée au milieu de la mêlée des écoles et du choc des doctrines. Prud'hon fut le peintre de la Femme par excellence. Qu'il s'agisse de Psyché ou de Mme Anthonw de Chloé ou de Mme Péan de Saint-Gilles, de (' l'Innocence préférant l'Amour à la Sagesse», ou de ;\Ime Coiiia, de « la Police assise près d'un sphinx et regardant dans un miroir » (il sait traiter sur le mode grec les plus invraisemblables sujets), ou de la douce Constance IMayer, ilont le sourire triste et charmant ilhmiine son (euvre, comme celui de Joconde l'œuvre de Léonard,... c'est toujours l'essence même de la grâce féminine que son art exprime. Art tendre et léger, vaporeux et lumineux reflet de celui du Corrège, et qui s'clè\'e, doux comme un mélanco-

lique clair de lune, sur la nuit tragique où s'éteignent les dernières lumières du siècle des fêtes galantes et des joyeuses mascarades, où meurent les derniers éclats de joie du siècle de la Pompadour et de la Dubarry ;... siècle d'inconsciente folie, mais aussi de grâce incomparable, essentiellement français par l'originalité et la fantaisie spirituelle d'un art dont l'universel rayonnement provient surtout des étincelants chefs-d'œuvre où les Largillière, les Watteau, les Nattier, les Drouais, les Tocqué, les La Tour, les Perronneau, les Greuze, les Fragonard, les Duplessis, les Vigée-Lebrun, les David, les Prud'hon,... et tant d'autres encore, car nous ne citons que les plus grands, ont su éterniser la fraîcheur éphémère, les grâces fugitives et les charmes fragiles de la Femme.

Arm.wd Dayot.

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