‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 42 sur 99 · V.\SE EN CflVKE CISELE ET KEI'OISSE · texte numérisé non relu

V.\SE EN CflVKE CISELE ET KEI'OISSE

métal s'est solidifuV', vite il la cisèle, iniprovisant dans cette menue matière un détail charmant, une bête à bon Dieu, par exemple, qui fait songer aux sourires de l'art japonais. Ainsi la conception naît parfois de l'exécution, et ce que les romantiques appelaient l'inspiration n'a tout bonnement qu'une origine vulgaire et très prosaïque. Cela ne fait-il i>as songer à ce mot de Reyer ? LIne femme lui demandait : >• ("lier maître, cet air délicieux, vous avez dû en trouver VuV'i- un soir, au clair de lune, sur le bord d'un hu aux l'aux argentées, — Iih non ! rc- ]iondit-il : j'étais sur l'impériale de l'onmibus, à liourrei ma ]iipe ! »

Pour ]>ar.iche\'er son (e\ivre, il la jiatine, et il parvient ainsi à miir à la nervosité et à la diversité de l'exécution le charme un peu \-oilé d'un objet terni par le teuijjs. Là, il fait preuve, connue M. Hébrard, non jias de je ne sais quel génie un peu pervers d'imitation, mais d'un sentiment des nuances tout à fait exquis. Il emploie plusieurs procédés. L'anunonia(]ue est un des plus connus. Dans d'autres cas, il enterre les objets dans des terres cclIllpll•^|■■(■s. 11 reproduit artificiellement les terres \-(il( ,iiii(pies de Pcmqiéi. jiar exemple, qui ont enfoui jiendant des siècles les chefs-d'ceuvre qu'on voit aujourd'hui au ^lusée de Naples. Il remarque que les lironzes anciens exposés à l'air prennent une patine différente suivant les i)ays et les sulfurations contenues dans l'atmosphère locale. Il arrose donc les bronzes a\-ec des eaux additionnées d'acides variés, qui attaquent lentement le métal. Il observe, comme M. Hébrard, que les oxydations s'o])èrent en raison des alliages, qu'une goutte d'argent dans un kilogramme de bronze varie à l'infini cette (jwdation, que les Japonais ont ainsi dbteiui des ri'sultats merveillLUX. Et il

suit ainsi son ceuvre avec patience, de l'ébauche à l'achèvement, pareil aux hommes du quattrocento, dont il est le digne successeur.

Lé.\.ndre V.-\illat.

N. B. — Voici quelques indications complémentaires sur le travail du repoussé tel que I2 pratique Husson. On prend une plaque de métal que l'on amène au moyen du marteau à la forme que l'on veut obtenir et, toujours au marteau, on obtient ensuite les sujets décoratifs. Ce travail pourrait s'appeler sculpture au repoussé. C'est en effet le métal que l'on modèle au moyen du marteau comme on modèle la glaise avec les doigts.

Ce travail se fait à froid, mais il est nécessaire à tout instant de chauffer le métal au rouge pour lui donner de nouveau la malléabilité qu'il a perdue par le travail au marteau.

Pour l'incrustation, il faut, sur la pièce que l'on \-eut incruster, champlever le métal dans la forme que l'on veut donner à son ornement en relevant légèrement les bords qu'il faut rabattre sur le métal appliqué dans les intailles.

Il ne reste plus alors qu'à modeler et ciseler ces ornements. Quant aux coulées de métal, c'est tout autre chose. La pièce, préalablement chauffée dans un brasier qui l'entoure de toutes parts, reçoit le métal cpie l'on tient liquide dans un creuset, et ipie l'on applique au moyen d'une spatule en liirme (le cuiller. C'est une opération très délicate, car il faut surveiller sa pièce qui pourrait fondre, ce (pii anéantirait en un instant le travail de plusieurs semaines, peut-être de plusieurs mois. Ces coulées sont modelées à chaua sur la pièce même jicndant la fusion et retouchées une fois re- Iroidus.

COFFRE (bois et pcntures de fer furgé

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