SUISSE
T E Musée Kath, à Genève, dont les toiles ont déjà ^^ émigré en partie pour les espaces plus vastes du nouveau Musée central, a ouvert deux de ses salles à une intéressante et jolie exposition. Organisée par la section genevoise de la Société, des peintres et sculpteurs suisses, cette exposition compte à peine deux cents numéros. Modération très louable, pour le public d'abord qui a le temps de tout voir et de revenir à ce qui lui plaît davantage, et aussi pour les artistes dont les œuvres sont toutes présentées en bonne place et en belle lumière,
La plupart de nos meilleurs peintres sont représentés au Musée Rath par des envois plus ou moins importants. Les triomphateurs du jour, F, Hodler, qui vient d'envoyer à l'Université d'Iina sa monumentale peinture murale, et Otto Vautier, dont je vous signalais naguère l'exquise décoration pour une salle de conférences, ont tenu tous deux à soutenir leurs camarades genevois par des œuvres intéressantes et bien caractéristiques de leur talent. L'étude de Hodler pour un de ses étudiants-soldats d'Iéna a particulièrement plu, ainsi que les Femmes de Safièzc d'Otto Vautier, exquises dans leur cadre ancien aux grisiilles de vieil argent.
Nos plus excellents paysagistes, MM. .\. Kehfous, 1>. Estoppey, L. Rheiner aîné et A. Silvestre, ont choisi heureusement parmi leurs visions toujours sincères et vraies, autant qu'affinées et aiguës, de notre nature suisse romande. 'L'Intérieur valaisatt de Rehfous est une belle page lumineuse et forte, et la Rade d'Estoppey, baignée de soleil et de brume, est une chose exquise de vérité et de poésie, dont le souvenir vous accompagne longtemps. .
Il faut dire le plus grand bien de la large et fougueuse
]iiif>>issijn mititaue de Louis Dunki, des portraits de MM. Cx. de Beaumont et H. de Saussure, des études féminines de M. H. Coutan, et surtout des très fidèles et curieuses études de femmes valaisannes par M. Edouard Vallet.
Mais le grand intérêt, à nos yeux, de cette e.xposilion du Musée Rath, c'est la présence d'une réjouissante quantité de jeunes talents, qui s'affirment aujourd'hui et qui s'imposent décidément à l'attention.
Parmi les plus débrouillés, et les plus maîtres de leurs moyens, citons H.-C. Forestier et son Bois de la Pache flambant dans l'éclat sanglant du soleil couchant ; .\. Hugonnct (natures mortes) et H. Davoisin. Mais il y a plus (jue des promesses dans les envois justement remarqués de Guibentif (le Poiil). d'Emile Hornung (Automne), de M. Sarkissof (Natures mortes), qui se distinguent tous trois par de belles qualités décoratives et par une discrétion et une distinction de sentiment et de vision très peu banales de nos jours. C'est par la force, la décision, la crânerie du parti pris que se distinguent les envois de 5L Erich Hermès, un beau dessinateur qui <leviendra un beau jieintre, affranchi qu'il est déjà de quelques écarts de jeunesse dont on avait pu sourire. Les noms des peintres Ed.-L. Baud, .\. Blanchet, J, Hellé, G. liohler, Serge Pahnke sont à retenir parmi ceu.x qui affirment un don hcureu.x ou un progrès marqué. Le Beethoven de M. H. Hubacher (Par ta souffrance à la joie !) est un beau morceau de sculpture qu'anime une pensée virile et grave. Et les émaux de MM. H. Demole et Ch. Dumont sont, comme toujours, d'une conception impeccable et d'une exécution brillante.
G.\SPARD \"aL1.ETTE.
Échos des Arts
L'Exposition des Cent portraits.
Nous sommes particulioiunient heureux d'annoncer le très vif succès remporté auprès du public d'élite ])ar la magnifique Exposition des Cents portraits de femmes des écoles française', et anglaise du xvinf siècle, à laquelle notre dernier numéro était consacré, et dont notre revue avait pris l'heureuse initiative. Le roi d'Angleterre, le président de la République, l-s ministres, nombre de hauts fonctionnaires se sont fait un plaisir de la visiter, et la foule s'est empressée de suivre leur exemple. C'est d'ailleurs une des plus belles manifestations d'art qu'il n'eus ait été donné de voir depuis longtemps, et nous ne saurions trop engager à s'y rendre ceux qui n'en auraient pas encore eu le temps.
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Fouilles et Découvertes-
En démolissant un ain irii (ir]>lirlinat, dans les environs de l'oligno, on a mi-' au jour une fresque en très bel état de conservation, dissimulée depuis des siècles ; elle représente la Passion du Christ et occupe environ 9 mètres carrés, c'est-à-dire presque toute la surface d'une des parois. Examinée par le directeur des fouilles et monuments de rOmbrie, M. Luciani, et par plusieurs autres personnalités compétentes, la fresque va être détachée avec le plus grand soin ; son importance est extrême en effet, car on la considère comme un ouvrage de l'école giottesque, et peut-être comme une œuvre de Giotto luiniénie.
JS Dons et Achats.
I,e Musée du Louvre vient d'acquérir, au Jirix de 121.1000 francs, une suite de flouze émaux du maître limousin Jlonvaerni, le premier qui signa des émaux de Limoges et dont le Louvre ne possédait encore .lucun spécimen.
JS
Sur le conseil de ^l. -\lbert Joliet, qui a déjà tant fait pour le Musée de Dijon, la municipalité de cette ville vient d'acquérir pour ledit Musée une œuvre de la plus haute importance.
C'est un retable de l'école de sculpture bourgui.gnonne de la seconde partie du XV siècle, c'est-à-dire de la belle époque gothique. Il est, comme la plupart de ses .semblables, en bois doré et peint. Et si ces peintures et dorures sont en bien des endroits altérées, il n'en est pas de même de la sculpture propre, qui est on ne peut mieux conservée.
Le panneau du centre représente la scène capitale de la Passion : le crucifiement du Christ. Tous les personnages y sont traités avec un égal souci de vérité, de sincérité réaliste qui caractérise nos bons imagiers du moyen âge. Les larrons, qu'une résignation philosophique ne pénétre pas à l'égal du Christ, se tordent en proie à des souffrances intolérables, tandis que le «Roi des Juifs » contemple, débonnaire et placide, toute la foule hurlante des guerriers qui l'entoure. Les murailles de Jérusalem forment à ce tableau un fond très pittoresque. Le panneau de gauche, le portement de la croix, est non moins curieux. Véronique essuie la Sainte Face, alors que les verges cinglent le corps du Christ ; les visages hébraïques des personnages sont parti-
culièrement intéressants. Le panneau de droite est réservé à la descente de croix. La physionomie de la Vierge est on ne peut plus lamentable et attendrissante, et celle des jîleureuses empreinte d'un mysticisme et aussi d'une naïveté sans égale. Enfin, au bas du panneau principal, la mise au tombeau.
C'est dans une mansarde de l'ancien êvêché que JL .Albert Joliet avait découvert ce trésor.
JS Nécrologie.
Nou-- apjjrenons avec un bien vif regret le décès de Mme Léon Bertau.x, statuaire, en son château de Lassaj- (Sarthe), à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, presque au même moment où avait été lancée l'imposante liste de ses titres pour se présenter aux suffrages de MiL de r,\cadémie des Beaux--\rts. Nul doute qu'elle n'eiit été, et respectueusement, accueillie. Elle e.xposait. avec un égal bonheur et un égal talent, depuis 1857. Elle était élève de MM. Pierre Hébert, son beau-père, et .Auguste Dumont, de l'Institut. Sa disparition est une véritable perte.
Revue des Revues.
St.\ryé Godv (années révolues). — Revue mensuelle d'art ancien, paraissant le 15 28 de chaque mois. — 1909, troisième année.
Le texte de Staryé Gody étant rédigé en russe, tous les titres sont munis de traductions en français.
Pri.x d'abonnement pour l'étranger : 30 francs par an. On s'abonne chez tous les libraires de Saint-Pétersbourg et au bureau de la rédaction (7, Solianoï per) ; à Paris, chez Henri Leclerc, libraire, 219, rue Saint-Honoré.
P. P. de Weiner, directeur fondateur.
La Scûiidinavie. — Revue mensuelle illustrée des roj'aumes de Suéde. Norvège, Danemark et grand-duché de Finlande. — .Artistique, littéraire, scientifique. — Rédaction et administration : 67, boulevard Malesherbes, et 4, avenue de l'Opéra.
Directeur : Maurice Chalhoub.
.Abonnements : 6 francs pour la France et S francs pour l'étranger.
iS
Association de l'Alliance artistique, enregistrée en vertu de la Iv,- sur les Sociétés industrielles et de prévoyance. Siège social : 67-69, Chancery Lane, London, W. C.
Fondée en 1908 dans le but de permettre aux artistes de soumettre librement et sans restriction leurs œu\Tes au jugement du public.
.A l'E.xposition annuelle de r.\ssociation. chaque membre est autorisé à envover trois œuvres, dont toutes seront exposées, en groupe ou dispersées, suivant le désir de l'e.xposant.
Le deuxième Salon de Londies de l'.Association sera tenu à Londres, au Royal Albert Hall, au mois de juillet 1909.
On devient membre de l'.Association en devenant acquéreur d'une (ou plusieurs) actions de valeur nominale de 10 shillings (soit 12 fr. 75), et en payant une cotisation annuelle d'une guinée (soit 26 fr. 50). En dehors de cette cotisation, les membres ne peuvent encourir aucune responsabilité pécuniaire.
L'administration de l'Association est conliée au comité de direction élu par les actionnaires.
.V. B. — // est de toute nécessité que les artistes désirant ■ivoyer leurs œuvres à l'exposition de 1909 fassent une ùùlaratioii. immédiate, car il ne sera accepte qu'un nombre très limité de nouveaux exposants.
Toutes les demandes de renseignements, adhésions et versements doivent être adressés au secrétaire (Frank Rutter), Allied Artists' Association Ltd., 67-69. Cliancery l.ane. London, W. C.
M Divers.
L'e.xposition des Beaux-Arts de Venise, ouverte le jj avril, sera clôturée le 31 octobre. Deux affiches illustrées, l'une de il. A. Sezanne. qui reproduit celle de l'e.xposition précédente, et l'autre, due à M. A. de Carolis, célébrant ^a résurrection du Campanile de Saint-Marc, qui accomplira pendant la durée du Salon, annoncent cette : anifestation artistique internationale.
Il existe rue Raynouard. à Passy, une petite maison au fond d'un jardin, autrefois habitée par Balzac, et dont on a fait depuis quelques années le Musée Balzac « en y installant nombre d'objets ayant appartenu ou ayant rapport à l'illustre auteur de la Comédie humaine. Les fonds nécessaires à l'entretien de cette maison étant devenus îisuffisants, un Comité d'admirateurs du grand écrivain xnt de se former, afin d'assurer, par souscriptions ou ciiitrement, l'avenir de cet intéressant petit musée.
.\ Copenhague. — Une exposition française d'art décoitif aura lieu à Copenhague, du 26 juin au 13 septembre, -(.us le haut patronage de la reine de Danemark et de la princesse Marie. Cette e.xposition, organisée par le Comité des expositions à l'étranger, se tiendra dans le Falais royal de Charlottenbourg. et y occupera vingt salles mises à la disposition du Comité par le gouvernement danois.
Elle ne comportera ni jury ni récompenses, et sera simplement un Salon d'art décoratif français, où ne figureront que les artistes et les fabricants qui y auront été invités personnellement par le Comité.
La Commission d'organisation de l'exposition est présidée par M. Lucien Layus. M. Gustave Roger-Sandoz en e.st le vice-président.
BULLETIN DES EXPOSITIONS