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LES PAIFiïElS ET TOILES ÏÏMIPinMÉS ET IP(
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LE Musée Galliéra et son distingué directeur, M. Delard, ont coutume, comme chacun sait, d'organiser chaque année une exposition consacrée à l'une des diverses manifestations de l'art industriel. Ils nous convient cette fois-ci à une exposition lie papiers et toiles imprimés et poches. Elle comprend deux parties : une partie rétrospective, groupée dans la jwtite salle du Musée ; une partie moderne, présentée dans la grande salle. Et c'est matière à réflexions et à comjiaraisons, comme bien vous pensez.
Il \- a notamment tout l'historiciue de la toile de Jouy, avec pièces à l'appui, prêtées jiar MM. Chatel et Tassinari, sauf un mouchoir très curieux, à décor dit de la Charte, qui appartient à M. le con-
seiller Vignon. « C'est Oberkampf, manufacturier bavarois naturalisé français, qui introduisit en France l'impression des tissus de coton, et les perfectionna, d'ajirès des procédés dont son ]ière avait découvert les principes. Il n'avait pour modèle que des étoffes de Perse ou de l'Inde, où le trait seul était im{)rimé, les sujets étant coloriés au pinceau. II se fit à la fois constructeur, dessinateur, graveur, im]irimeur, teinturier, et jmrvint, après des efforts longs et coûteux, à créer un outillage complet, à former de bons ouvriers, et à produire enfin mécaniquement ces belles toiles peintes qui, sous le nom d'indiennes et de toiles de Jouy, eurent une si grande vogue à la fin du règne de Louis X\'I et sous l'Empire. Les ateliers de Jouy furent détruits lors
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JULES C(JUDVSER — rideau velours
DÉGRADÉ I ombelles)
de l'invasion de 1N15, 01 Oberkanipl, ruiné, en mourut de chagrin ; mais l'industrie qu'il avait créée prospéra et devint bientôt une des plus fécondes branches de notre production industrielle. "
A parcourir du regard ces échantillons de toiles de Jouy, on a deux impressions : la jjremière, c'est C]ue ces toiles étaient parfois de tonalité assez crue et violente, et que le Temps, grand magicien, leur a donné le charme des choses voilées et ternies. La seconde, c'est que les décorateurs d'autrefois, j usqu 'à une époque très avancée du xix*' siècle, n'hésitaient pas à utiliser les motifs que leur suggérait la \-ie contemporaine, que jamais ils n'utilisaient des motifs archéologiques, et qu'à leur exemple les .irtistes d'aujourd'hui doivent regarder autour d'eux et nous raconter la vie de notre temps.
L'histoire du papier peint n'est représentée dans cette rétrospective que par un paravent Empire, représentant une scène de chasse (à M. Alexis (lodillot), par la collection amusante des boîtes en carton imprimé appartenant à M. Ouentin- Bauchart, et se rapportant presque toutes à l'époque romantique, et enfin par une collection de boîtes historiques, où l'on remarque la boîte de baptême du duc d'Orléans, fils de Louis-Philippe. Je \eu.\ croire que la place a fait défaut aux organisateurs, car les papiers peints, les dominos, comme on disait alors, d'un usage restreint au .wi^' >iècle où l'on commençait à en voir dans les garile-robes et les cabinets de débarras, eurent l)caucouj5 de vogue au siècle suivant. On les faisait x'enir d'Angleterre ou de Chine. !Mme de Pompadour les prisait fort. L'antiquaire Lazare Duvaux disposait dans les jilus beaux hôtels de nombreux panneaux, châssis, dessus de portes et paravents in jiapier des Indes, en papier de la Chine et en pa])ier-tissu. Papillon en parle dans son Traité de la gravure en bois : i' Ils ont à la Chine une espèce de ]ni])ier fort singulier en ce qu'il paraît, à manier et à \'iv\\. comme si c'était une étoffe tricotée. On ne sçait pas encore positivement comme il se fait, et s'il se fabriquerait comme se fait la toile qu'il imite ]iarf alternent. Les couleurs étant imprimées ou jieintes dessus légèrement, il paraît encore plus toile (pie quand il n'y a rien dessus ». À leur imitation, on en fabriqua en Allemagne, en Angleterre, puis à Paris. " Les papiers dorés et argentés à fleurs et à ornements, dont l'époque de l'invention n'est pas ancienne, se font à Francfort, à \\'orms, et autres \illes d'Allemagne. Leurs planches sont de cui\Te jaune et à taille d'épaigne, comme celles de bois ; elles sont chauffées à un certain degré de chaleur jiour pou\"oir faire prendre les feuilles de métal sur le Jiapier, le brassant sous un cylindre ou presse en taille-douce.... Dans les papiers d'Angleterre maintenant si en vogue, de damas velouté et ciselé, et qu'on appelle tontisses, par pièces de neuf aunes de longueur, les fonds sont d'abord couchés tout unis, avec la brosse ou par masse, par des couleurs éjiaisses et pâteuses, plusieurs planches de bois y
impriment, pardessus et avec des couleurs (UMuêmes qualités, des dessins colorés : les uns comme des espèces de camayeux , les autres à fleurs, damas, ornements, etc.. avec couleurs différentes, le tout à détrempe et sans lustre, connue seraient des décorations de théâtre.... Ces jwjjiers sont si sujets à se détremper, qu'à peine peut-on les coller et les mettre en place sans qu'il s'en enlève, et s'attache au.x doigts la plus grande partie.... " Mme de Pompadour et les amateurs, à l'imitation du Gardemeuble de la Couronne, possédaient des provisions de papiers de tenture. « Cette espèce de tapisserie, dit l'Encyclopédie. n'avait longtemps servi cpi'aux gens de la campagne et au petit peuple de Paris, pour orner et pour ainsi dire tapisser quelques endroits de leurs cabanes et de leurs boutiques. Mais sur la lui du wu'^ siècle, on les a poussés à un pouit de perfection et d'agrément, qu'outre les grands envois qui s'en font pour les pa\'s étrangers et pour les principales villes du royaume, il n'est point de maison à Paris, ])our magnifique qu'elle soit, qui n'ait quelque endroit qui n'en soit tajMssé et assez agréablement orne.... L'on ne dit point ici quels sont les sujets représentés sur ces légères taj^isseries, cela dépend du goût et du génie du jieintre, mais il semble que les grotesques et les compartiments mêlés de fleurs, de fruits, d'animaux et de quelques })etits personnages ont jusqu'ici mieux réussi que les paysages et les espèces de hautes-lisses qu'on y a quelquefois voulu peindre. "
Peu à peu les papiers d'Angleterre visent à remplacer tous les autres. Puis on les copie parfaitement en Franre. Le fils du grav'cur Huguier établit aux environs de Paris une manufacture de papiers peints. Aubert, marchand et graveur, rue Saint- Jacques, près la fontaine Saint-Séverin, à l'enseigne du Pajiillon, donne avis, en 1756, qu'il a trouvé la véritable façon de lain'iquer les papiers veloutés ou ])apier> d'Angleterre en façon de damas et vc lours d'Utrecht, en une et plusieurs couleurs. Vers 1770, Réveillon crée une fabrique dans le fauliourg Saint-Antoine, d'où sortent des ])api('rs de tenture fort l)raux, d'un pri.x al)<)nlal)le à toutes les houist's.
Il tant savoir gré à M. Delard d'avoir compris ipTune exposition a un intérêt pratique, immédiat, ciineret, que des jiapiers et des étoffes de tenturi'
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- DLCOK IXtVli eU.\.MliKI. IIKMA.M (frise, rideau, chaise)
ne (loi\-eiit pas être feuilletés comme dans un album, mais vus sur k- mur recouvrir, dans leur cadre haliituel.
Il a donc fait établir tout autour
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