‹ L'Art et les artistes (volume 3)Chapitre 81 sur 99 · HOLMES · texte numérisé non relu

HOLMES

liizarre ", jusqu'à il n'v aura plus

Dans son propre style. M. C. J. Holmes, professeur des Beaux-Arts à l'Université d'Oxford, a fait des développements sur les mêmes lignes de pensée que M. Jolin. et cette année il a fait un !»rand progrès dans ses peintures à l'huile, (pii niainten.iut ont le-^ mêmes grandes (|ualités (pi'avaient

possédées ses a(piarelles seules. Dans trois nobles paysages, " Dutton Pike • nid Cross Fell' Matin • .

la Cale de Durham » et Coastguard Station, liitde », il note avec une grande force et une excellente distribution du détail les grandes masses devant ses yeux.

Le trivial, les points --econdaires, sont éliminés pour que les plus importants ressortent avec plus de dignité et de splendeur monumentile. Voilà ce qui correspond, en paysage, .luxtableauxdeM. John qui expriment avec force la philosophie nouvelle qui maintenant occupe le monde. .\ un âge de destruction et d'analyse succède un âge de construction et de synthèse. Au lieu de découper le monde entier en petits morceaux, on tâche de ramasser les morceaux que nos aïeux nous ont laissés et de reconstruire. Au lieu d'essayer de montrer la variété infinie de la nature, les paysagistes les plus avancés d'aujourd'hui insistent, comme M. Holmes insiste, à montrer son unité éternelle. Ce sont les avant-coureurs du futur, et leur message est plein de grandeur et d'espoir.

Tr.snk Rutter.

ETATS=UNIS

T 'intérêt natiouid a été ((HiCfiitré tout à l'heure sur Washington, parce que le jiremier congrès d'artistes ipii ait été convoqué chez nous a eu heu dans notre capitale.

l^i's 115 délégués, représentant 6; organisations d'art, sont venus de tous les céjtés de notre vaste pays.

La première séance était ouverte par M. Sherman. vice-président des États-LTnis. Les sénateurs Root et Newlands ont fait des discours enthousiastes. Ils expliquèrent que le but de cette réunion était l'établissement d'une Fédération composée de toutes les Sociétés d'art en .Amérique pour leur encouragement mutuel et pour la culture de l'amour du Beau parmi le peuple.

Pendant trois jours, toutes les questions rel.itivcs à ces sujets furent discutées : l'enseignement d'art dans nos écoles pul)li(]ues; l'alliance plus complète entre artistes et artisans ; l'architecture ci\ ile — les statues dans nos parcs, les annonces dans les rues, — en un mot. l'emploi de l'art pour le peuple, — l'art non pour l'art, mais pour l'humanité.

La réunion a eu un succès éclatant, et une Société nationale fut organisée, 'J'/ie I-cdcraiion 0/ American Art. avec Charles L. Hutchinson, de Chicago, pour président. Parmi les membres, citons John Alexander, F. D. JUIlet. Ralph \. Cram et Herbert Adams. 11 y aura une réunion d'art annuelle à Washington.

11 est impossible de préciser l'influence que peut avoir cette confédération sur toutes les choses d'art. Nos artistes sont comblés de joie : ils croient (jue l'aurore de notre renais, sance est venu'' !

Si nos espérances pour une grande réduction de tarif sont réalisées, l'année 1909 sera une page d'or dans l'histoire de l'art américain.

.\utre bonne nouvelle : le conseil municipal de Kansas City a voté presque un million de francs pour établir un musée d'art ! C'est la première fois qu'une ville américaine a fondé un musée quelconque; ce furent toujours les dons des citoyens riches et patriotes.

Votre grand Napoléon a dit : •< L'imagination gouverne le inonde '. Il avait raison. .\ Boston, ville très conservatrice, le numéro 1915 est devenu un symbole. Tout le monde a résolu de faire de sa ville A City Bcautiful pour l'année 191 5. Tous les enfants des écoles, tous les jeunes gens (jni travaillent, les hommes do commerce, les dames riches, ont pr's pour shiholeth (mot d'ordre) « 1915 ». Les conférences sur l'art augmentent, les Sociétés de I () 1 5 se forment, tout le monde veut savoir comment embellir sa ville avant l'année 191;. Oui a jeté le premier ce cri? qui a bouté le feu? Personne ne le sait. Peut-être les expositions d'art ont-elles éveillé l'enthousiasme, surtout celles de Sargent, de Sorolla et du ■ Sen 1, qui viennent de se fermer.

Parmi les tableaux exposés par le « Sen ., il y avait une toile de Frank W. Benson qui m'attira beaucoup.

Cet artiste appartient à une vieille famille de Salem, Massachusetts, une de nos villes les plus aristocratiques, et son oeuvre, dans sa beauté saine et solide, possède la haute distinction, la noble sincérité des vieux Puritains, ses ancêtres.

Comme presque tous nos artistes de grande valeur, il est allé à Paris pour faire ses études. Là, il fut un bon ouvrier, car il croyait qu'un peintre doit conquérir son métier en commençant — surtout dans le dessin, — mais en revenant chez lui il a ajouté à sa technique excellente quelque chose de tout personnel. Il y a un grand charme dans l'arrangement de ses lignes, dans la disposition de ses couleurs ; il possède un sens décoratif très développé C'est pourquoi il n'est jamais monotone, quoiqu'il restreigne le cercle de ces sujets. Son tableau produit un effet décoratif extraordinaire, avec son soleil d'été et les jolis vêtements de ses enfants assis sous les arbres et enveloppés dans une atmosphère palpitante, lumineuse, le feuillage est si vert, la mer d'un bleu intense, mais tous les éclats de la couleur s'harmonisent dans la vision d'un artiste qui demeure conscient de sa tâche de beauté.

Il adore les enfants et on sent cet amour dans cette toile lumineuse qui respire la joie et la fraîcheur de la nature en fleurs.

L'artiste l'a peinte tout à fait en plein air, — comme tant d'autres de ses tableau.x où il révèle sa conscience

sérieuse et sincère devant la nature. Il ne choisit jamais de motifs décoratifs fondés sur le caprice; il s'appuie toujours sur les lois éternelles qui gouvernent la lumière, l'atmosphère, les harmonies divines de la nature.

Pendant l'été, M. Benson demeure dans le Maine, au bord de la mer, où il a acheté une grande ferme, pour mieux étudier la nature. Avec sa femme, ses enfants, il passe quelques mois de recueillement et de travail.

Son atelier d'hiver est à Boston, mais il demeure toujours à Salem, tout près de Boston.

Il s'est écoulé vingt ans depuis qu'il a fait ses études à Paris. Il parle de ces jours heureux avec enthousiasme; il a grande envie d'y retourner. Mais le travail le réclame Comme portraiti.ste, il est au premier rang, et son talent est justement honoré partout II a reçu des médailles, des pri.x de toutes sortes. Ses tableaux sont très recherchés. Le Metropolitan Gallciy de New- York, les Musées de Bufïalo, de Worcester, de Pro\idence, possèdent ses meilleures toiles. Le jour viendra, j'espère, où je pourrai ajouter » et son dernier tableau est au Luxembourg >•.

.\. Sk.\ton' Schmidt.

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