MARSEILLE
1 t Tout un
m cœur même de la ville l'emplacement des anciens quartiers de la BourS'
CS, entrelacèrent leurs ruelles sombres : «quelles des Fermiers-généraux bAlirent hôtels
oici dix-huit
...mine deu\ Dans
quelques semaines, des fouilles officielles seronl faites dans
les souterrains des maisons dén construire.
que naît l'inquiétude.
La municipalité, qui ne semble pas se douter de l'importance de ce qu'elle va entl liesse un plan d'ensemb
ques rien n'a été prévu. 1 >n n'a point arrêté de ' nr.il.
que les futures
immobilières qui édifieront les prétentieuses laideurs de leurs façades inspirées de Munich.
L'aubaine est rare pourtant. Ce n'est pas tous les jours qu'une cité a le loisir de construire un quartier de toutes pièces; on ne bâtit plus guère de ville dans notre vieille Europe, et c'est pourquoi, sans doute, on ne conçoit pas la grandeur presque sacrée d'une telle entreprise.
La beauté d'un ensemble est moins dans la rectitude géométrique que dans l'harmonie des lignes architecturales. Au centre du nouveau quartier une vaste place sera ménagée qui se nommera la place du Commerce. Cette place pourrait avoir une ordonnance ; le même esprit la devrait construire qui jadis sculpta la place des Vosges et la place Vendôme. L'architecture moderne disciplinée, dégagée de ses nécessités et reliée aux styles des grandes époques, peut produire des ouvrages honorables. Mais il ne tant pas se dissimuler que les futurs conslructeui s ne se soucieront guère de ces questions d'esthétique. A défaut de l'initiative personnelle, on demande que la ville impose une architecture comme- elle a imposé un plan. Les architectes locaux ne manquent point de goût ; il suffirait qu'un concours sincère stimulât leur invention.
Cette malheureuse ville, dont l'indigence monumentale est, hélas ! proverbiale, a eu l'infortune d'être régie à travers les siècles par des marchands qui ne se sont pas toujours contentés de ne rien faire, qui ont maintes fois systématiquement gâché les plus jolies choses. N'a-t-on pas récem-
ment ignoblement ravalé l'admirable Hôtel de Ville que sculpta l'ugel !... ("est d'un mauvais présage pour les ouvrages qui se préparent.
< e même Puget avait conçu un splendide projet architectural pour le Port de sa ville natale. Le Lacydon eût étéencadré de palais aux façades sculptées d'un style soutenu ; des colonnes de marbres se dressaient de distance en distance le long des quais, et, au bas de la Cannebière, un double escalier descendait, entre deux pylônes monumentaux, jusque dans l'eau.
Cette admirable conception fut négligée par les échevins, et le pro|ct est aujourd'hui au musée de Marseille où il demeurera toujours comme une preuve de la sottise municipale.
Les « galles « de leurs prédécesseurs doivent servir d'exemples aux édiles d'aujourd'hui. L'occasion s'ollre unique de doter la porte de l'Orient d'une unité architecturale. Il est a craindre qu'on ne sache point en profiter. Quelques altistes justement alarmés de ce danger ont lait entendre un avertissement, mais leur faible voix est peu, bien peu de chose auprès des formidables compétitions financières que soulevé l'œuvre prochaine.
Le quartier que l'on va construire durera des siècles, il serait lamentable que par la faute de quelques affairistes il ne fût pour la grande cité méditerranéenne qu'une laideur de plus.
Andkl Mégis.