JE! NE VÉNITIENNE DE I.A FAMILLE BARBARIGO
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dû se iiielirc en branle pour meer l'événement. Cet homme allait remplir de parfum les burettes à huile et ks changer en cassolettes.
Sans Giorgione, point de Titien, donc, punit d I vénitienne jusqu'au w mc s.
du mi lins rien tic ce que les livres désignent comme la peinture vénitienne de la grande époque — point de Gréco, point de Velasquez :
quant à Chardin et aux coloristes français du \iv siècle, je n'affirmerais pas qu'ils eussent été ce qu'ils lurent, sans Venise.
Peindre pour le plaisir de manier delà pâte et de couler, dedans, des essences grasses et transparentes sans idée.
oui, surtout. Grâce à Dieu !
sans idée <i exprimer ! — c'est en cela que. nous autres ns, nous plaçons bien haut notre foi Votri esprit, noire génie, notre caractère.
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nous les prouvons par Vaclc de tenir le pinceau et d'étaler la peinture sur des surfaces planes. Si VOUS ne comprenez pas ceci, retournez-vous-en aux rétables du w siècle, vous êtes des archéologues, des littérateurs ou des amateurs de bibelots: des peintres ? non pas.
De < iiorgionc à Longhi plus de deux fois cent ans la peinture est une commère, travestie pour le Carnaval, qui va frapper à toutes les portes, les force, monte l'escalier en laissant partout d'ineffaçables traces de son pas Elle entraine avec elle un cortège de musiciens.de masques et de tous, quelques nègres et ces blondes dont Véronèse s'inspira. Tous les métiers travaillent pour elle :
tisseurs, tailleurs et couturières, ji lailliers.orfèv res, teinturiers. Les architectes s'ingénient à lui plaire, car elle est
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la Patronne de ces lieux. Elle commande, car elle règne sur le pays, au-dessus de la République, bien belle personne, elle pourtant aussi, comme Vero-
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M I AIL h UNE nts PEINTURES DECORATIVES DU PALAIS LABIA ((,!' \\!> SALOn)
nèse nous la représente aux plafonds du Palais ducal.
Ne me parlez pas de la lièvre vénitienne; c'est vous qui l'apportâtes, du Quartier latin ou d'( >xfbrd ; je vous assure, amis, que les canaux les
plus malodorants sont salubres, car, si vous avez une plaie, trempez-la dans leurs eaux et le sel marin la fermera; ne me la dites pas non plus déprimante et ruinée: elle lut construite en matériaux plus résistants et plus solides que nos ciments armés.
M. de Chateaubriand porta sur la rive des Schiavoni sa sublime mélancolie romantique, et vous, Barrés, y promenâtes votre occasionnel le neurasthénie; mais Byron sut y ramer, comme t'ont aujourd'hui les jeunes anglais, patrons des gondoliers, et Tiepolo. blanc et rose, est un gaillard solide, s'il a le goût des mièvreries élégantes; les sons que tirent ses archanges de leurs tambourins et de leurs mandolines, dans les Assomptions des églises jésuitiques, sont d'une allégresse, inconnue sous d'autres ciels que le vénitien.
Prodigieux coin de la terre, celui-ci, pour la diversité de sa production et, tout de même, l'unité de son génie. Que Tintoret plane sur l'histoire de l'art local, roussi par les torches, réverbérant les flammes de l'Enfer, et qu'il soit, si visiblement, l'ancêtre des décorateurs aux mains pleines, gaspilleurs imprévoyants du .XVIIIe siècle : c'est à peine croyable, mais vrai cependant. Michel-Ange n'aurait pu naître près de la Madona del Orto. comme Jacopo Robusti. IVlichel-Ange est un Moïse et un Ezéchiel à la fois; si Tintoret est un moindre prophète, combien grand ne nous semble-t-il pas. la tète perdue dans les nuages, quand nous vovons ses pieds sur la montagne... Pentecôte !
Pour nous, humbles essayistes d'une époque décadente, tous ces peintres vénitiens sont les dieux de notre Olvmpe, et c'est avec peine que nous répondrions à cette question : dites-moi. quel est votre préféré, de Giopgione à Longhi ? Xe distribuons pas de prix, car dans l'embarras du choix, je serais tenté de hasarder : Canaletto, ( Juardi. Ceux-là me donnent un plaisir plus intime, car ils furent les photographes, les Pathé frères des temps révolus, où il v avait des manèges defoire sur la place Saint-Marc. Ils tracèrent des images qui satisfont un peu de mon avidité à connaître les existences abolies.
Et puis, dois-je le confesser ? Il n'estrien, même parmi les plus futiles objets de Venise, qui ne me semble aussi décoratif que les arts somptueux de la Chine. Je donnerais les plus précieux magots de Kang-Hi pour un nègre aux yeux blancs, en veste niellée et polychrome, qui tend un plateau où rien ne saurait être déposé, si ce n'est une boite de coquillages, une buire en verre tarabiscoté, ou ces rangs de perles à deux sous, qui sont les turquoises et les émeraudes des pauvresses de Venise. Ces colifichets, ces objets de bazar et de Casino,
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