‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 114 sur 180 · JOSEPH COMMUNAL · texte numérisé non relu

JOSEPH COMMUNAL

Voici un nouveau peintre, qui est aussi un peintre nouveau, qui nous arrive de sa province avec une peinture nouvelle, et d'un pays très peu exploré jusqu'ici parles peintres. Il s'appelle Joseph Communal et vient de la Savoie, où il est né, où il a vécu toute sa vie, où il a, sans passer par aucune école, appris à peindre et qu'il a tâché de montrer, telle qu'elle est, en une série de petits panneaux. Tout en lui est naît, spontané, direct. On ne croirait pas possible qu'une telle vocation ait pu se manifester et grandir à notre époque d'imitations, de coteries et de scolarité universelles. On n'imagine pas, tant qu'on ne l'a pas vu, qu'un jeune artiste ait pu échapper aux influences, aux théories, aux parti-pris régnants, à

ce point qu'il ait créé sa langue en même temps que mûrissait sa pensée... C'est arrivé, cependant. Tandis que les suiveurs de Millet et de Rousseau s'entassaient dans les auberges de Barbizon jusqu'à faire de ces auberges des hôtels et de ces hôtels des « palaces ». ou que les admirateurs de Monet se rangeaient sur les bords de la Seine, de l'Eure ou du Loing. en rangs serrés comme pécheurs à la ligne, M. Communal restait tout bonnement chez, lui. à Chambérv. et regardait autour de lui.

Il se trouvait, à vrai dire, qu'autour de lui. c'était le plus beau pays du monde. Mais l'étonnant, précisément, c'est qu'il ait eu l'audace de peindre ce beau pays. S'il avait vécu dans les cénacles esthétiques de Paris, on lui aurait expliqué que les beaux pays

Page 1