RENNES
■pEi t-os dire qu'il exista autrefois en Bretagne un art * particulier, authentiquement breton ? Nous ne le croyons pas. L'art du céramiste et du verrier si florissant au xvi' et au xvn' siècles a Rennes, àQuimper, à Quimperlé, à Nantes et au Croisic, y lut importé par ces Florentins et ces Flamands auxquels la fameuse ordonnance de Louis XIII prescrivait « de prendre et tenir pour apprentifs les originaires français qui voudront apprendre a travailler» et cela à peine d'être mis hors du royaume. L'architecture, les
sculptures de nos églises, de nos chapelles, de nos calvaires, de nos cloitres, si diverses et si brillantes, n'offrent que peu d'éléments indigènes. Le mobilier, assez pauvre, semblerait avoir été le seul fruit de l'art régional pourtant si fécond en littérature.
Jusqu'à ces derniers temps même, le besoin de l'éducation nécessaire à l'artiste ne s'est guère fait sentir à l'esprit breton jalousement solitaire et contemplatif, et bien rarement en tous cas dans le dessein de traduire une
LA VIE ARTISTIOl I DANS LA PRi >VINC
I' \NÇAISK
inspiration originale. Cette observation i pour Ui p issi . Nous bi h m ml .1 pai lei . dans di brèves, des contemporains, et spécial) tiques, remarquons qui- si ce pays s'honore notamment de la célébrité d'un Chabas, d'un Maxence, il n'a ni façonné leur talent ni servi de thème à li 1 ilorsqueleur
concitoyen 11. Berteaux faisait, il j a quelques années, au moins une nobk- tentative en l'honneur de sa patrie d' tion), ei qu'à pari quelques noms évocateurs d'un art mais toujoui pro 1 el ;incêre, — parmi lesquels Bernier, Meslé, Nobillet, Maufra, Boyer, 1 partqui peintres non dépourvus d'un très réel talent mais dont l'habileté, pour plaire à une clientèle exclusivement bour- ■ , sut trop souvent brillei au détriment d'un art vrai, ceux qu'inspira .1 Bretagne furent presque tous des ingei s », comme .m eut du auti efois. 1 ertes, notre admiration reste en] ère lux Cottet, aux Simon, aux Dauchez et à quelqi dont les œu-
vres sont présente 1 toutes les mémoires : nous leur savons ^re d'avoii si gravement relevé l'inter] rétation d'un pays tant de lois profané pat les amateurs d'un faux pittoresque. (Pareillement il 1 1 doux d'entendre aujourd'hui la Bretagne célébrée aux côtés d'un Le Braz, d'un LeGoffic, d'un Géniaux, par un Suarès, le pre,'; in de
Ket Enor en A ilable aux plus
Mais il nous tant tendre hommage à l'École de Rennes à laquelle nous devons en réalité le brillant essor Jes artistes régionaux si nombreux aujourd'hui, a Lenoi vil éclore en son ateliei le lien' du m une le. m Boucher et de Pierre Lenoir, préparant la venue de Nicot, d'Armel
Beaufils, d'Emmanuel Guérin, de h.ee, de Robert Eloi, dont les études devaient être hautement influencées par Coquelin ; à I. La fond qui, plaçant notre I vole aux
premiers rangs des Écoles rég aies ,1e lie: e, forma des
artistes comme Ronsin, de la taille de Fougerat, créateur
.le l'I sole Je Nantes, le peintre a la lois si savoureux el si
te de /.,i Mais Roger qu'attendaient tant
intôt comme des fanfares, tantôt commi u | ont bien par uni' encore Nitsch et Gi Giraud itèrent, il y a
mois, à la galerie Guërault, de si franches études, '■•' it dont les an abritèrent récemment le
le subtil et doux imagiei I G lérin, et leurs
émules, o ius si lai gement prépai la bonne bes
n tussi le sa\ .mi profi ss, u ai de l'architecte I
qui prochainement,
mervi lleusi ■ ■ fortes dans h
Itl ee à laquelle il a , i e lie telles impulsions ne (
"s nue activité arti I lions notamment les intéressantes recherches
< i Le, ci les œuvres s. lot-, sculpteur Quillh ic en B e-B i n
i . i ■ et Chapleau, qui touti décèlent de véi ! tempéraments, les iquarelli ; exqui i Georgi B irbier,
opulenti broderii ' I el
si originalement inspirées de M Madeleine A. b
NOUS ne pOUVi le ' us de
tlis quelques reçu des connaisseurs le très symphatiquc a auquel .naît droit leur mérite.
Ce mouvemeni était ei té \ iolemment désiré d-
qui liment la Breta I. Peu
ntrées, en effet, depuis le temps i Ri lou nt paraître son Histoire d'un beau Pays ■ is-Brei^
vulgarisa nos vieilles légendes, turent a tel point trahies par li ets de pseudo-art
régional et pai irbouilleurs ingénus
IU dl lu) IU -. ■ ■ nOUS p. u e' n. ,,ue les
. de loin isies tirent depuis quelques dizaines d'années a tout l ml I , 'e, à toute toile, même indigne,
évocanl nos Bigouden, les Pen-Bas, les Bragou-Bran de
' la niaiserie, en littérature e, ions pour n- ni', sei vir de i Iques
beaux romans, les travaux d'un:'. Loin,
Le Braz, Dottin ; d'autre part quelques lutteurs résolus.
comme Yves Le Diberdei
Brittia, organisèrent la défense; au point de vue architecture, peintun
ni 's différents dép u U
unie .
le donc actuellement, issus I même du pays et fortement eduqués. Qu'ils ne cessent de descendre en eux pour interrogei l'âme di ancêtres et la vérité de leur p: . toute
leur ferveur ils continuent de regarder autour d'eux, ceux de la liasse el veux de la Haute-Bretagne, si captivant aussi. Et, s'il est m.ii que l'artiste est d'autant plus . qu'il ni mdémenl le tempérament :
, Inurerons a\.i U I il peut attendre de II. F.