‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 143 sur 180 · VARIETE · texte numérisé non relu

VARIETE

Un Livre d'Art décoré par Aristide Maillol

Uni édition des Bucoliques de Virgile va paraître qui non seulement constitue un curieux ouvrage d'art, mais encore nous révèle une nouvelle lace de la personnalité d'Aristide Maillol. C'est en effet à ce grand sculpteur qu'a été confié le soin d'illustrer ces dix églogues, éternelles et toujours jeunes comme la nature. Mais on n'illustre pas Virgile. Les illustrations, d'un esprit toujours un peu étriqué, il faut les réserver aux romans modernes, décrivant les gestes mentis des petites poupées à la mode. .Aristide .Maillol n'a pas cherché à interpréter les vers intangibles du poète latin par un dessin servile. Il a voulu décorer les Bucoliques. La décoration d'un livre implique tin double souci. L'image doit se trouver bien à sa place dans la page et en parlaite concordance avec l'ensemble imprimé. Une préoccupation un peu analogue guide le peintre qui, voulant peindre une nature morte par exemple, dispose un bouquet de roses sur un meuble de tel ou tel bois et devant une tapisserie ou une étoffe de colorations déterminées. C'est là le côté

objectif, en quelque sorte, de la décoration pour le livre. Mais aussi nous voulons rencontrer dans les dessins le même sentiment qui se dégage du verbe du poète. La pensée du dessinateur et celle de l'auteur doivent se présenter à nous, non pas comme ces phénomènes inséparables, ces petites malades ne pouvant plus vivre d'une vie propre dès qu'on a coupé le lien qtii les unissait, mais comme deux sœurs saines, d'une même famille et nées sous le même ciel.

Les gravures sur bois dont Aristide Maillol a orné, ainsi qu'on déposait une guirlande sur l'autel d'un demi-dieu païen, la chanson virgilienne, enferment, dans une ligne décorative et simple, mais pouvant seule donner à ces petites compositions une expression tout à fait large autant que vivante, un réel amour de la nature. Un berger maintient à ses lèvres la syrinx; un autre lutte avec un bouc, les paumes des mains tendues dans un mouvement enjoué pour se protéger contre les cornes. Des patres conversent, gesticulant ou s'appuyantsur leurs longs bâtons. Ailleurs, deux ber-

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