GEORG VON ROSEN
PO m P AIT DE
qui, axant de régner trente-cinq ans. avait eu le temps d'être pendant des années membre d'Idune, occupaient, naturellement, les places d'honneur. Anders Zorn avait fait de ces deux sociétaires d'élite d'excellents portraits. L'air de grandeur si courtoise du vénérable souverain, lotit l'esprit de Wieselgren, ce savant moitié philosophe, moitié satyre, a la barbe flottante comme celle d'un dieu fluvial et dont les lèvres laissaient échapper un flux . la malice et le génie pétillaient et bouillonnaient, se retrouvaient dans les images. A ces deux orateurs contemporains qui étaient bien différents l'un de l'autre. Zorn a su leur assurer l'immortalité relative de l'art.
M ., il v a eu des braves avant Agamemnon », et même dans la période " maigre » d'il y a cinquante ans. la Suéde comptait de bons portraitistes. 1 n Troili, qui poussait la modestie jusqu'à en être malade, aurait été au comble de la
•ut serait vanté sur tons par les connaisse nage du
poète Dahlgrcn, auteur de la comédie la plus populaire qui - en Suéde. Va'rmltvnnin-
garna les habitants du Vcrmland . a une intensité qui étonne les artistes Cl les critiques de toutes les
; de la même
admiration de tons les côtés, car c'est bien sans contredit un des premiers peintres de notre pays. Son art si expressif a la solidité qui résiste au temps. Personne en Suède n'a su peindre comme lui le portrait officiel, car sous la majesté de l'Etat dont ses chevaliers de l'Ordre des Séraphins et ses directeurs généraux ont toujours eu leur part. perce ce qu'il v a de personnel, ingénieux, plein de bonhomie ou de mélancolie. Je serais disposé à donner la palme au portrait de .Malmstrùm. l'historien qui est mort en [912. Il a l'air d'un pontife d'( >din, ce vénérable vieillard d'une probité à toute épreuve qui connaissait mieux que personne la période la moins honnête de notre histoire, dite l'Epoque de la Liberté (1718-1771). Le grand-père de Malmstrôm était né en 1710, alors que Louis X1Y vivait encore.
Richard Bergh a fait d'excellents portraits de nos sommités littéraires ; par exemple la tête agitée de Strindberg, qui a été reproduite dan s cette Revue est de lui. ainsi qu'un des meilleurs portraits de toute l'exposition, celui du professeur War.burg. L'accord des couleurs, la composition amusante et la caractéristique si frappante y rivalisent d'intérêt, comme les milliers d'idées, littéraires ou sociales, qui se disputent l'attention de cet homme à la vie exubérante qu'est Rarl Warburg.
Parmi les autres grands portraitistes, on remarque les aquarelles si claires et si spirituelles de Cari Larsson. Comme son ami Zorn, Larsson a aussi des portraits en de brillantes eaux-fortes. Entre les nombreux portraits dus à Oscar Bjœrck
qui brille au premier rang, est celui de l'écrivain récemment élu un de nos immortels — on sait que l'Académie suédoise, fondée il y a plus décent ans sur le modèle de 1 Académie française, compte dix-huit membres — Verner von Heidenstam, une sorte de Rostand suédois, mais plus sérieux . a l'extérieur singulièrement expressif.
Au nombre des sculptures, on remarquait d'emblée le buste gigantesque et pittoresque du peintre Jules Rronberg, exécuté en bronze par Cari .Milles et la tète sympathique de l'éditeur et mécène K..-O. Bonnier. modelée par David Edstrôm, qui est souvent génial.
L'art de la médaille était représenté surtout par Adolphe Lindberg et son fils Erik. Tous les deux ont de fortes racines dans l'art français si exquis et si plein de charmes, où brillèrent les Chaplain et les Roty. C'est aussi Erik Lindberg qui a tait la médaille du cinquantenaire. On v voit [dune avec sa corbeille de pommes. Les corbeaux d'Odin croassent d'amitié autour de la jeune déesse, et ressemblent étonnamment aux vieux messieurs qui rient et causent aux séances d'Idune et se réjouissent de tous les progrès qui se sont accomplis en Suède pendant les cinquante années écoulées, surtout pendant ces derniers temps où l'optimisme national ainsi que la joie saine du labeur, ces deux fruits les plus beaux et les plus nourrissants de l'arbre de vie, se sont, brillamment et comme à aucune époque, manifestés en Suède.
Carl G. Laurin.
ERIK LINDBERG
MÉDAILLE C O M M É M O R A T I V E IDL'N'E 1 1862-iq 12
\ i I '.1 Ml' \i k [il MUSEI