JULIO ROMERO DE TORRES
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eux qui • ' iri sublime cl chaste
Julio Rom ero di Torres est peut-être aujourd'hui le seul artiste ayant ui nplète en ce
jugement, une fo lée qui le fait dédaigner
tout ce qui n'est pas ce qu'il croit être cette ultime vérité, qui le fait suivre sans compromis et sans erreurs la voie qu'il s'est choisie comme la plus haute et la plus étroite, la voie créée par sa libre sensibilité. Pour lui, l'art est testé, dans son essence et son principe, ce qu'il était pour un renaissant : un résume de tout l'être, une compréhension chaque fois plus large et i le de l'univers, presque un apostolat. 11 le pratique
comme le pratiquaient les artistes d'un atelier de I |ui se battaient et se tuaient pour le
triomphe et la vérité d'une œuvre; lui-même. s'enthousiasmant un jour à parler eic ce qui est toute sa vie, rejetant violemment mute œuvre dont la création n'était pas aussi pure, aussi sainte que la miss;,.;] qu'elle doit remplir, me disait que l'artiste devait être fanatique comme un croise, et il ajoutait, dans le désir de - • Faire en
peinture une œuvre pleine et raison née comme le Monument aux Vforts de Bartholomé, et se tuer ensuite, avant donne toute sa foi. « Ce n'était
qu'une boutade, mais peut-être un jour pourrait-il, en effet, atteindre ce triomphe de son idéal de le croire entièrement réalisé.
Chez lui, l'ancienne formule : l'œuvre d'artdoii servir à l'élévation murale de celui qui la contemple, se trouve agrandie par le sentiment même Je l'artiste, pour qui l'œuvre est une élévation. Il est de ce petit nombre dont les créations se répondent à travers les âges, qui semblent être les esprits OÙ résident et par lesquels se transmettent l'immuabilité de la Beauté et l'idée immanente de l'effort artistique. A travers l'apparence de ses visions, c'est leur âme qu'il atteint, et c'est cette
sa sensibilité, est. quoiqu'il puisse apparaître au premier abord de rétrograde, une des plus fortes manifestations de l'actuelle renaissance de l'art espagnol. 11 se tient, il est vrai, complètement à l'écart du mouvement qui fait pénétrer en Espagne les acquisitions techniques modernes; l'impressionnisme français ne l'a pas touche, si peu que ce soit, mais peut-on oublier que les premières graines de l'impressionnisme poussèrent dans la peinture espagnole, chez le Greco et chez ( iova. pour ne citer que ceux qui libérèrent le plus la couleur? Ne chercher qu'à innover est, dans la création artistique, un sentiment puéril et super-
/'/(. ./. Lacoste
Musée moderne de Madrid.