LES DEUX SENTIERS
un morceau qui se joigne à un autre, tous se composent sans s'être interrompus. L'œuvre de Romero de Torres est unitaire comme sa pensée même et, aujourd'hui que la décoration murale est à peu près exceptionnelle et que l'art décoratif se réduit à un art fragmentaire, elle montre tout ce que peut avoir de décoratif la silhouette d'une femme réelle aux attitudes simples et recueillies. I ne œuvre de silence, d'affleurement patient et continu, sans heurts et sans brisures, toute la nature enclose dans un petit nombre de formes et de gestes.
Romero de Torres ne se soumet pas inconsciemment à la nature, mais il est son esclave par la concordance et l'intimité de son œuvre avec elle. Toutes les formes se répètent et se rejoignent, des pentes des montagnes aux hanches des femmes, et se répondent par l'unité de l'esprit qui les anime ; Romero deTorres, interprétant toujours une m é m e à m e et u n e même vérité sous ses différentes formes qui.
toutes, se retrouvent en une seule, la condense toute en un minimum de gestes et de formes.
En une de ces formes, un de ces gestes, une jeune fille assise les mains jointes ou debout les doigts le long du corps, il fait passer toute la vie et tout l'esprit de son âme. Beaucoup d'oeuvres qui, auparavant, semblaient belles et vivantes, restent, après qu'on a vu les siennes, superficielles et menteuses. Son âme est celle de sa race, son métier celui des maîtres qui, en elle, le précédèrent, sa foi est inébranlable comme son idéal. Il mérite le plus beau titre qu'à l'époque actuelle de production mercantile et hâtée, puisse mériter un artiste : c'est une conscience qui crée une harmonie.
M. Nelken.
I \ G1TANI Ql 1 CHANTI