UN PEINTRE DE GITANES
MME BEAUBOIS DE MONTORIOL
Il y a quelques semaines, à la ( îalei ie Monta toute une paroi et m celait des plus vives harmonies de couleurs, très vibrantes, très osées et très justes. L'artiste qui avait créé cette parfaiteévocation de soleil chaud, d'ombre ardente, de floraisons multicolores,de jardins lumineux, de brunes tilles aux yeux de passion, c'était M"1 Beauboisde Vloni dont on connaissait le talent, mais qui n jamais en i sa mesure de façon aussi
éclatante et aussi complète.
( )n avait encore dans la mémoire une c.\| chez Hessèle, où 1 artiste avait montré nombre de ligures de danseuses et cherchait dans la fli tendre des corps féminins des arabesques décora-
tives. Ces toiles, curieuses de dessin, écrites avec une volonté de style très affirmée, séduisaient par une sorte de sensualité quasi-mystique, par une sorte de fièvre refrénée parun désirde lignes pi Il \ avait, dans ces évocations, des roses pales, des violets attendris; les robes blanches et pu transparentes des danseuses s'ennuageaient d'un em.ul léger et changeant, diaprant d'un reflet d'aurore et de burgau léger les formes sveltes des • tions qui se dispersaient ( i Is de
jardins à blanches balustrades, à verdure à décors gracieux et ai lu joli
et du robuste dans une fusion àprement chei de qualités douées et presque de musique
phique. Malgré la parenté de sujet de plusieurs de du mouvement, écartaient souvent l'enveloppe
ces toiles, ei la commande d'harmonie grave, de volontairement froidie, résolument stylisée, et
plastique simple par le désir de peinture décorative on voyait bien que Mme Beaubois de Montoriol
qui s'y manifestait, il n'y avait en ces douze figures arriverait pleinement et rapidement à prendre
de danseuses, en ces jeux sur la ligne féminine, pour guide, uniquement, la vie, la vie vibrante
aucune monotonie. La vie y affluait, mais guidée et pittoresque, qu'elle ne pouvait se tenir d'évo-