FEMME A SA TOILETTE (LITHOGRAPHIE
par une volonté et régentée parce désir de synthèse, par cette passion de ne dire que l'essentiel qui a dominé si longtemps parmi ces récentes années nombre d'artistes de ce temps et non des moindres. Mais il était dans le caractère de ce peintre, que même régie, que même un peu violentée par la recherche de la recherche décorative, la vraie vie, le sourire jeune et brillant, la liberté du t^este.
quer, quoiqu'elle en eût, quoiqu'elle eût projeté. C'est à la vie donc, la plus éclatante, la plus variée, qu'elle est revenue au cours de voyages d'Espagne, et à la vie la plus en dehors, la plus pittoresque, celle qui se traduit par des chants et des danses, non plus grecques, hellénistiques, classicisées, mais heurtées, bruyantes, picaresques. Abandonnant cette villa de Tempe, ornée au goût
M BEAUBOIS DE MONTORIOL
de Versailles, où elle faisait évoluer les blanches Elles sontdrapées de châles merveilleux, où des
nymphes, Al" Beaubois de Montoriol était roses énormes triomphent insolemment sur des
allée aux faubourgs populeux d'Espagne, à for l'un vert dur et protond, sur du
Triana, et aussi dans les quartiers vagues de ou sur le voile blanc ; des cheveux
Barcelone. Elle s'esl approchée des roulottes des noirs et durs encadrentdes faces basanées, mangées
gitanes. Elle a regardé, elle a étudié à fond par la clarté noire des yeux; les lèvres sont d'un
sans se laisser préoccuper par ce qu'on en avait tiré, avant elle, ces modèles curieux, capricieux et fantasques; elle est arrivée à des œuvres d'une coloration intense et d'une vibration presque barbare des (dus curieuses, à des saisissantes du type ethnique, de la réalite d'apparence et de la vérité de mouvement de ces «itanes.
violet pâle, d'un rouge faiblement noir: les bras sont grêles, les mains étroites, longues, simiesques un peu. nerveuses, aux d preneurs. Si
un rien de bestialité doit demeurer dans la démarche onduleuse, dans le regard fixe, dans la grossièreté des cheveux, l'artiste ne l'évil un de ci ipparait le c/iulo, le mâle aimé,
l'ami de cœur de ces filles dures, ce sera un long,
LE H IKK I>K l.A GITANE
sans le savoir d'être de la bel le couleur vivante, soit qu'elles vaquent à quelque tâche légère et qui ne les distrait point de respirer une Heur. de coqueter, de susciterdu désir sur leur route. Elles passent de leur démarche libre; les lèvres presqu'incolores découvrent toute la \ italité de leur sourire et leurs dents de jeunes bêtes fortes et saines, ou bien d'un accès de maniérisme qui fera valoir les longs cils, la douceur des yeux baissés, elles enfouissent leur visage an cœur d'une grosse rose. Elles passent prèles à aimer, files savent qu'elles vieilliront, qu'elles seront comme celles que nous montre un bon tableau de l'auteur, des mères occupées à allaiter et à soigner leurs enfants. Elles prennent à leur maturité, sous la coiffe très colorée, avec les sequins mêlés aux longues tresses, une sorte de demi-hébétude, de demi-taciturnité ; elles semblent chercher dans le silence quelqu'écho de leur jeunesse et écouter complaisamment quelque musique intérieure qui scande doucement des danses qui s'éloignent. .Mais presque toujours l'héroïne des tableaux de Mme de Montoriol c'est la jeune gitane, frémissante et coquette. Kn voici le rire, dans ce tableau si expressif, Le Rire de la Gitane, dont on peut admirer
élégant et svelte jeune homme, à l'allure féline et doucereuse. En voici un qui suit sa belle de quelques pas. Elle est en quête; lui, il surveille, les mains dans les poches de la veste courte, longeant de très près le mur. l'œil aux aguets, très attentif, très ramassé; l'extériorité n'est pas atténuée, au contraire cet aspect de bête souple est rendu dans toute sa netteté et plutôt que de se dissimuler s'accuserait.
Elles non plus, ne sont point enjolivées. Aucune préoccupation de les faire rentrer dans le canon de la beauté classique! Il n'est pas non plus question de les héroïser, d'évoquer des Carmen capricieuses et fatales. Elles sont là telles quelles, créatures indociles et vises, éprises d'atours et se laissant vivre, comme le veulent ou l'amour, ou le hasard, ou l'heure. Aimer leur plait, mais c'est surtout la parure qu'elles désirent ; c'est enveloppées du beau châle, qui est tout leur orgueil, qu'elles ont le regard le plus clair et le maintien le pi us décidé, soit que posant dans un jardin, elles jouissent de se sentir regardées, qu'elles manient l'éventail, ou s'offrent au regard, souplement cambrées, fières
GI fANE l'Ai VUE ( DESSIN )
M ■■- BE \l Bi US DE Ml >NTl >IM<>|.
la forte saveur ethnique, la volonté de présenter le type dans toute sa verdeur, dans toute sa carrure, avec sa gaieté animale, dans ce calme qu'une brusque torsion est toute prête à décimer; la figure est dure, plate; il v a des noirs, des verts sombres dans le cuivre mat de cette lace: il y a de l'animalité dans les longues mains pendantes, et ce tableau fait comprendre, avec toute l'étrangeté réelledu type, l'appel impérieux decette pittoresque laideur, ou. si vous prêterez, de cette étrange beauté, car c'est la même chose, au moins en ce cas, car la spécialité absi ilue du type en crée la réalité parmi les gammes connues de la beauté pittoresque.
Très particulière aussi cette longue Carmen à la robe florée, vue dans cette chambre blanche et nue qu'orne seule une image de vierge, l'image populaire de la Vierge de Montserrat. La belle fille est assise, sa main tient négligemment l'éventail. Un demeurant d'enfance imprègne encore tout ce corps svelteet gracile; les yeux creux regardcntdevanteux. Elle a un charme bizarre et doux; elle semble une
grande fleur sauvage parée sur sa robe et dans ses
cheveux des plus belles couleurs d'un jardin. Elle participe d'une vie saine et brutale, d'une mentalité simple, forte et sans nuances; el lécèle
une force nerveuse robuste.
A côté de cette nombreuse série, l'exposition de M"" de Montoriol contient des nus féminins délicats et nacrés, enveloppés de jolies blondeui précisément contrastent avec la force de coloris et la netteté de lignes dont fait preuve la série sur les gitanes. Il y a chez cette jeune artiste des gammes diverses de recherches. Elle les aborde d'un talent très net. très sur qui sait discerner ses moyens, qui met au ser\ ice de l'imagination les plus riches fantaisies, et qui. lorsqu'il se retrouve devant la nature pittoresque, sait la transcrire avec une extraordinaire netteté; Mmc Beaubois de Montoriol a déjà donné des œuvres tories et l'avenir s'ouvre devant elle en avenues nombreuses et belles.
( il si vv i K.AHN.
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VAR.HIETIE:
Les Vitraux de Richard Burgsthal