‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 165 sur 180 · RAISINS · texte numérisé non relu

RAISINS

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filigrane d'or, me rappelle sis jolies lampes à la ressemblance d'une navette, qu'affectionnaient les contemporains de Madame Récamier. Et cependant, on ne regrette ni l'or, ni l'argent, on trouve naturel que ces objets soienten tôle, on n'imagine pas qu'ils puissent être autrement ; la prédilection pour les tonnes simplifiées, qui caractérise le du 1 >irecti lire et des épi iques suivantes, s'y affirme, et l'œuvre atteint au style, au caractère, par l'affirmation même et la sécheresse voulue d'un contour dont le charme est un peu analogue à celui de ces dessins à la mine de plomb, filés avec une fermeté fragile sur le papier d'Ingres.

Que cette simplicité est donc courageuse ! < ie sera l'honneur de ces quelques artisans, à qui vont mes prédilections, d'avoir retrouve, par delà la complexité touffue, par delà l'abondance désordonnée, par delà l'exubérance ornementale du I Empire et des pastiches du \ix' siècle, la sobriété des belles époques françaises. Patiemment, avec un vouloir tenace, obstine, ils refont l'éducation des veux du public perverti par tant de pléthore; et. si j'ose m 'exprimer ainsi, ils 'i\. pour un temps, au régime.

I ne façade architecturale comme la maison de Sue, au boulevard Montparnasse, une toile de

Rambouillet dessinée par Jaulmes, cela n'a l'air de rien, et cela contient cependant toute une vision rajeunie, dépouillée, claire. M /illliardt dessine une anse Je jardinière; elle se souvient de ces jolies anses en col de cygne que l'on a laites vers i83o; elle s'âdresseàun sculpteur, à plusieurs sculpteurs, arin qu'ils lui modèlent une anse; dans leurs mains, le col de cygne devient un boudin I A la difficulté que l'on éprouve à faire comprendre aux maçons, aux entrepreneurs, aux ouvriers cette grande leçon de la simplicité, on mesure combien les défenseurs patentés de la tradition française nous ont éloignés de la véritable et saine tradition française.

En retrouver les principes, ce n'est pas la pasticher, mais la continuer dans l'esprit de notre race et continuer à lui taire honneur. Voici un plateau ovale laqué vert et décoré d'une frise de cyprins d'or : vert et or, harmonie impériale ; qu'importe, si l'artiste a trouvé un beau vert et un bel or

et dessiné la Irise en regardant, non un modèle ancien, mais la nature. Voici enfin un plateau à fond bleu ornementé de dessins blancs; blanc et bleu, nous éprouvons la même sensation pittoresque que devant les blouses bleues normandes, brodées de coton blanc; dans les cartouches, l'artiste représente des femmes en robe blanche; certes, elle se rappelle et veut nous rappeler d'anciens médaillons de Wedgewood ; mais ces femmes ne portent pas le costume de Lady llamilton; M Zillhardt les a vues, observées, dessinées dans la réalité ; elles sont vêtues à la mode de 1014. deces robes de lin souple, relevées en un retroussis qui souligne le galbe des hanches, et qui semblent créées pour la joie de la danse; ce n'est pas sa faute si l'on aime la danse au siècle d'Isidora Duncan autant qu'au siècle de la Guimard, et si nos modes évoquent celles du Directoire.

LÉANDRE \7AILLAT.

SUR rOUT I » l- TABLE ]'"l H 11 I I l'S ! I l-KII ls

LE MOIS ARTISTIQUE

Le Salon des Artistes français

Commi celui de la ■■ Nationale -. le Salon de peinture des « Artistes français ■• n'est ni meilleur, ni pire que celui de l'année dernière. Si,

sur les ni i \ mille i ini tuiles qui le po ent, il

en est de remarquables, nombreuses sont les médiocres et plus nombreuses encore les inexistantes. Il est, toutefois, à remarquer que. clans ce Salon traditionnel par excellence, les œuvres les plus significatives portent, cette année, la signature de Jeunes, parmi lesquels M. Gustave Pierre et M. S. .Maure tiennent le premier rang.

.Mais procédi ms par i irdre.

Salle 1. — < >n connaît mon admiration pour M Dufau. Eros et Psyché au Jardin terrestre ne la diminue en rien : c'est là une oeuvre d'un haut intérêt artistique. Les tendances, toutefois, m'en paraissent inquiétantes, et je crains fort qu'à les suivre l'an du peintre ne finisse par perdre pied dans la vie. Quoique l'influence d'Henri .Martin soit visible dans Eros vainqueur, l'oeuvre de M Martens renferme de réelles qualités. M. Pascau nous a donné de W Pascau un saisissant portrait, élans une note claire et une très gracieuse intensité d'expression. M Befani est toujours distingué de couleurs ; ont qu'un

reproche : de ne pas varier suffisamment sa lumière. .M. L. Cauvy Café maure au marché est un beau coloriste qui finira bien, un jour, par échapper à l'influence tyrannique de Brangwin. La Treille est une ingénieuse peinture décorative qui ne fait pas oublier les savoureuses qualités de M. U. du Gardier comme peintre de sport m. intime. .Mentionnons encore, dans cette salle : Symphonie, de M i a| uto, toile de genre, pleine de charme; La Toilette de la poupée, de M. Balestrieri, autre toile de genre d'un art exquis : L'Heure maure a Venise, de M. Joncières, d'une colorai ion : les Paysagesde MM. I labadie, Lefeuvre et M Jouclard, d'une belle rutilance de cou la ./mimée d'hiver de M. Brien, d'une majestueuse mélancolie, et le Marais vendéen de .M. Baillergeau, très solidement con iti ait.

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