ALBERT MARQUET
M. Marquet
est chez lui ! Il est bien chez lui. et chez personne autre. Il occupe une place à part dans la peinture moderne, une place déjà importante et qui grandit tous les jours.
Qui est-ce.
M. Marquet ?
C'est un petit bout d'homme hostile et mal «racieus
cieux. le regard aigu, la mine fermée et défensive. Au premier regard, on voit qu'il a longtemps pâti : qu'il a poussé parmi les cailloux et les ronces. fouaillé par les bises, maigrement nourri par un sol pierreux. 11 s'est rabougri, ratatiné: mais dur. obstiné, têtu, il s'est acharné à vivre en dépit de tout! On le sent résistant, tenace, invincible. Je connais des arbres tout pareils à lui. sur la crête de nos sèches collines crayeuses. Çà et là. dans les friches balayées du vent, un chêne bas. un buisson d'épine, un court nover. durs comme fer. hauts comme trois pommes, rudes d'écorce et de tronc noueux, se cramponnent, inébranlables, et détient les bourrasques. On s'assied près d'eux
: . reconnaissance et on leur porte amitié d'avoir poussé là. Ils ont souffert, de la part de l'univers entier, tant d'épreuves qu'on a envie de leur en demander pardon.
Plus tard, on montrera, j'espère, au plafond
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