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d'un de nos grands palais nationaux. des ornements qu'exécutèrent des manœuvres pavés à la journée. en désignant au respect des visiteurs l'endroit où travaillèrent, pour gagner leur pain, deux artistes qui s'appelaient Henri Matisse et Marquet.
« Mon vieux ». disait .Marquet. « il y a du I !
nous n'en avons plus que pour six heures!" — •• Ah! tais-toi! •■. répliquait l'idéaliste à son acide compagnon, » tais-toi ! laisse-moi donc n'y pas penser ! »
Les mauvais jours sont finis. Mais les jours vraiment mauvais ne sont jamais tout à fait finis; car ils gravent sur l'homme leur empreinte.
Cependant, .Marquet leur peul due men i < i tte \ u ilente prise dont ils lui ont pétri le cœur a donné le vrai tour à son génie; au lieu d'en rougir et de la cacher, il l'a acceptée, cette empreinte, il l'a étalée, il en a fait sa griffe, la marque essentielle de son talent et de son art si original.
Oui! cette empreinte cruelle s'étale dans sa peinture et la caractérise. Goethe avail les qualités de cet artiste sont des souffra métamorphi isées
'Toutes les toiles de Marquet dans la première partie de son œuvre, tous ses tableaux, si frères, saisissent le regard par leur géométrie impitoyable et leur implacable rigueur.
( îéométrie ? mais une géométrie dont la courbeest exclue, et la ligne qui ploie, et la rondeur molle qui s'adoucit! Des lignes droites, d'inflexibles parallèles, des angles aigus, des surfaces carrées, des volumes cubiques je ne dis pas cubistes!, des quais surtout, des rails aussi, mais des quais en quantité, oh! que de quais! Les quais de la Seine et les ponts, voilà le premier royaume de .Marquet. Pour en avoir toujours le spectacle s,, us les \eu\. il va s'installer quai Saint- .Michel, dans l'ancien atelier de .Matisse. C'est que les grandes -parallèles simples. par les lignes des ponts, découpent les symétries qu'il aime, les angles roides, toute la puischarpente géométrique sur laquelle il veut s'appuyer. Il va en ch itres, plus vastes
encoi de France, il court jusqu'à
Hambourgd'où il a rapporte une série merveilleuse. : ..us de la Seine et d'ailleurs, ne croyez pas
qu'il les cherche d'abord aux heures joyeuses où les couleurs dansent, où le vert, le rose, le bleu rient au ciel et dans la ville. Il pleure dans son cœur comme il pleut sur la ville; et il les aime aux saisons tristes et par des jours sévères. C'est là qu'il se trouve en eux. Regardez l'une des aquarelles légères où Signac a noté les vibrations colorées des berges aux alentours du Pont-Neuf ou de Notre-Dame, et puis regardez les Marquet. Nous êtes dans un autre monde. Voyez-moi cette
pieusement exprimés qu'ils donnent le frisson ! le frisson de ces pluvieuses journées delà mer du Nord ! toute la sensibilité en est extraite jusqu'à la quintessence, par le génie douloureux du peintre. Quel dommage que Mallarmé n'ait pas vu de telles toiles ! Et Huysmans ! Vous souvenez-vous des préférences esthétiques de son Cyprien Tibaille et de quelle pénétrante quête il explore et célèbre « les funèbres hideurs de la place Pinel »?
Il y a de Marquet une gare Montparnasse éton-