‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 38 sur 180 · BURNE-JONES · texte numérisé non relu

BURNE-JONES

Birmingham! Ce nom évoque pour nous le paysage rude et sans grâce des grands centres industriels anglais : une campagne nue. puis une agglomération énorme avec des usines de briques et de ter. des cheminées fumantes, des rues interminables bordées de bâtisses banales et monotones et dans lesquelles se presse la foule grouillante et

sombre des ouvriers se hâtant vers les usines qui les engouffrent. La trépidation des métiers, le halètement des machines, le roulement des trains et des voitures forment une basse continue qui

semble la respiration puissante de la eite au travail. Puis c'est dans les quai tiers pauvres la vision plus lamentable encore des ruelles aux maisons lépreuses et chancelantes, des « public-houses au luxe douteux, des taudis ou pullule la vermine et dans lesquels croissent et dépérissent des générations d'alcooliques.

El sur tout cela pèse lourdement une atmosphère sans joie, pleine de fumées et vie poussières, les mais, .us sont noues et le eiel éternellement gris ; ee pourrait être un symbole de désolation, n'était l'impression d'énergie, d'activité intense, de lutte ardente qui se dégage de eelte fourmilière humaine.

(l'est pourtant dans cette ville toute moderne et sans beauté, dans cette capitale de l'acier, dans cette atmosphère de bataille et d'âpre lutte pour la vie, parmi cette population pratique de «business men », de manufacturiers et de marchands qu'est né et qu'a grandi l'un des plus délicieux poètes et rêveurs du xix- siècle, un de ceux qui surent évoquer pour nous les s enchantes et les personnages merveilleux des légendes anciennes : le peintre Edward Burne- Joncs.

Il tant rendre cette justice à la grande ville

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