‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 46 sur 180 · CHARLES MI LC END EAU · texte numérisé non relu

CHARLES MI LC END EAU

Un carré de papier d'un ton un peu parcheminé, un crayon de pierre noire, et cela a suffi à Charles Milcendeau pour susciter, il v a déjà plus d'une quinzaine d'années, l'admiration étonnée des aitistes. C'est que ces quelques traits simplement tracés, contournant les joues d'un visage de paysan, marquant les cernes des yeux, les rides delà peau, avaient une torce d'expression singulière. Toute la vie était enfermée en ces quelques lignes> et les noms des plus grands caractéristes d'autrefois se présentaient involontairement à l'esprit, en face des premiers dessins de Milcendeau. Mais surtout les noms des caractéristes de notre pays de France. Les paysans vendéens de l'artiste contemporain font aisément songer aux paysans tourangeaux d'un Jean Fouquet. Certes la lignée de nos crayonneurs, des Clouet jusqu'à Ingres, ne s'est

pas interrompue. Mais peu ont possédé cet accent de vérité, cette saveur de terroir qu'on trouve chez Fouquet, qu'on retrouve chez Milcendeau.

Aussi bien celui-ci est-il en un certain sens un primitif. L'enseignement confus de Gustave Moreau, qui a conduit les élèves aux tentatives les plus diverses, n'a eu aucune prise sur lui. Milcendeau est demeuré franc vendéen. Et même les recherches modernes ne l'ont qu'accidentellement touché. Le voici donc assis près du modèle, vieux fermier, vieux bûcheron, vieux mendiant, ou jeune et jolie mariée d'hier ; il scrute attentivement les visages, définit le contour des bouches rasées ou sensuelles, des yeux énigmatiques et fixes, et avec quelques traits, avec l'essentiel des lignes et du modelé il met devant nous les plus séduisantes et les plus fortes heures.

CHARLES M1LCENDEAU

|eune Bretonne

CHARLES MILCENDEAI

PAYSAN DE i AS I II I E SI l' si IN \M- (p;

|DeVendéeilpousse jusquedans la Bretagne du Sud voisine :

il trouve encore, il y a quinze ans. aux environs de Guérande, les beaux costumes locaux aux éclatantes couleurs.

qu'onadepuis hélas!

serrésdans les coffres et les armoires; et naturellement, presque naïvement, il enluminases dessins des tons les plus \ ils.

à la manière d'un miniaturiste, quant à l'éclat du moins; car c'est toujours le

qu'il a en

main, et c'est le pastel qui lui sert à rehausser ainsi la pierre noire. 11 y a

dans la coll ( i. Geffroy et dans celle de Mme llayem de splendides exemplesdecette manière; ntreautresune fille, de Bourg-de- Batz, je crois, en corsage jaune d'or. a\ ec la robe couleur de bleuet et de coquelicot, sur un tond légèrement touché de rue de \ illage, qui est la chose la plus précieuse et la plus magnifique qi

' Icendeau est là. tout ce qu'il y a de personnel en lui ; il s'exprime naturellement et facilement avec la ferveur et la simplicité d'un primitif' ; et vraiment

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