CHEVAL APAISE
ou réclame. Certes, ce sont bien des chevaux de guerriers puissants que ceux des Combats de Giaour et du Pacha, souvents répétés depuis 1X2?, qu'ils se battent comme ces deux étalons soulevés dans un groupe furieux, ou secondent le tournoi de deux Paladins acharnés en se 1110 sous leur assaut ; la peinture est d conteur auquel le terme ne pèse jamais; touche attaque la toile de toutes parts, caressant les surfaces vastes, harnachant prestement de cuirs souples la bouche et la croupe de splendides palefrois au poil lustré si fin que les reflets de la chair riche de sang v transparaissent, tel ce cheval blanc du Combat de Chevaliers (legs Moreau), trempé de sueur, miroitant de <• lumières »
empâtées sous de longs coups de pinceau d'un blanc d'ivoire. Pénétré des lectures des chansons de geste.
Delacroix exprime merveilleusement la poésie farouche des épopées lointaines dans un style emphatique, liberté d'accent qu'il dépensait aussi dans so admirable illustration du Faust de Clou la chevauchée de Faust au Sabba deux chevaux d'une vigueur diaboliqu .Mais en même temps paraissent les premières études de lions, notations promptes des éléments
de compositions bientôt abordées. En 1S2S en effet un croquis de Cheval terrassé par un Tigre sert à une lithographie d'une vie brutale, cime imprévu du fauve arrivant obliquement, mordant à l'épaule le cheval, qui, affolé, contracte ses quatre membres, tandis qu'une patte de derrière du tigre déchirant les naseaux, lui rejette la tète en arrière, sur le sol. Deux autres magnifiques lithographies représentent un Lion de l'Atlas et un Tigre royal sous une lueur sinistre. I.e Louvre possède une grande toile Jeune Tigre jouant avec sa Mère 1 i83o) : étendue au creux d'un antre, la tigresse regarde de ces yeux vagues de félin au repos, une patte de devant posée, l'autre abandonnée à la renverse, montrant ses pelotes noires masquant les griffes ; son petit, presque de sa taille, joue et se roule au second plan sur lequel le rocher s'échancre: un coin de ciel d'un bleu nocturne où passent des nuages gris, précise impressionnante la silhouette de ses membres lourds, sa tête sombre aux veux luisants; l'effet jette une lueur à la poitrine et au flanc plat de la mère. Le front de la tigresse est dans l'ombre tandis que les blancs de sa gorge et de sa face sont éclairés. L'exécution magnifiquement souple dans la grande localité rousse de la robe s'accuse dans les clartés par des hachures en pleine pâte évoquant le faire de Rubens ; boucles et raies en noirs somptueux maculent le poitrail et la
CHEVAL SORTANT DE LEAl (LITHOGRAPHIE)