LES ANIMAUX DANS L'ŒUVRE D'EUGÈNE DELACROIX
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tête aux constructions pleines de force. L'obliquité des yeux, les oreilles
bordées d'un anneau noir, leur écart de part] et d'autre' du crâne, de cette façon particulière au tigre, caractérisent la bête, et doucement, après l'épaule au ton uni:
se succèdent en graduations assourdies les grandes raies, jusqu'à la queue annelée. Effet cher maintenant à Délai que ces lueurs qui viennent, en 1829, d'éclairer d ra m at ique m e nt le Meurtre de l'Evêque de Liège, par un vacilleraient troublant, rôdant de la nappe du festin aux figures des convives, devant les tonds sinistres ipit l'ombre contrastant de toute
énorme et irréelle pes
înteur avec la richesse delà" vie qui se précise e1 se meut au devant.
I.a Bataille de J'oitiers est peinte en i83o et celle de Nancy un an après : réalistes dans le détail mais pénétrées d'un sens héroïque qui les élève tant au-dessus des « reconstitutions »
d'histoire, cesi aussi impressionnantes dans la reproduction des chevaux que dans celles des combattants aux quel s leur tache
Ce ne sont plus les magnifiques étalons arabes, que le maître caractérisait dans une formule déliée par des membres lins, d
de grands yeux profonds.
de prix harnachées
de têtières de soie écarlate, de sous-gorges et de croupières orfévrées, mais des destriers issus de recrutements de hasard, sans race fixe, arrachés à la charrue par la réquisition, aux performances heurtées, mais capables de porter un homme d'armes; ils ont connu les routes, îeséchauffourées, les blessures et les retraites forcées. Comprenant leur rôle exact, le peintre leur a gardé toute leur place. Qu'on voie la cohue des chevaux dans l'admirable Bataille de Taillebourg (ifâj), leur mélange avec les combattants, la clarté blanche du cheval de saint Louis, le cheval gris qui s'effondre parmi des blessés, le mouvement éperdu
rouges sang, des jaunes indiens, ni la morbidesse de certains verts sombres, de tels bleus pâlis, d'ocrés fanés, ni ses roses violacés ne la désaccordent ; il est curieux qu'en le blâmant de ses discordances on lui lit le même reproche qu'à Wagner auquel son style s'apparente tellement par l'accent propre à la légende, par l'orchestration puissante et rare.
A aucun moment de sa vie il ne cessa d'étudier les animaux, chevaux, fauves, chiens, des planches entières de petits croquis représentant quantité d'autres bêtes. Malgré les grandes licences où il paraissait abandonner pour des raisons de