JEUNES GENS DE PONT-AVEN
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pas et des révérences. Les plus bulles Je ces danses. je les ai vues animer des paysages solitaires la lande, sur la route qui côtoie la mer. Je me souviens d'un menuet sur la mute du l*a/. dansé sur un fond de ciel et de mer, de nuages et de flots, et eela ressemblait un peu au plafond de Lemordant, saut qu'il v avait, dans la scène réelle, plus de gravité, un aspect solennel, lent et triste. qui poignait le cœur du passant.
Lemordanta choisi plutôt nnc Bretagne gaie, et il en avait le droit, car elle existe avec un mouvement infiniment joyeux. Les tilles de notre pays sont souvent rêveuses, m. us elles sont aussi rieuses, cela dépend de la région, de l'heure, et de l'état d'esprit. Je crois que le peintre indiquera des différences, et même un ml appliqué peut déjà les apercevoir dans le commencement de son œuvre. Toutefois, il a surtout lancé dans l'espace une sarabande un peu folle, une ronde de faunesses et de faunes qui courent à travers la lande, menant le sabbat du mouvement et du plaisir. Ses faunesses sont charmantes, d'ailleurs, bien en chair. -tes. solides, musclées, on les voit tendre le jarret, on les entend frapper du pied. Leurs visages respirent ht force des instincts, l'abandon du moment, l'ivresse des sens. Les hommes sont moins plaisants, l'air guetteur et profiteur. Ils ont tous l'apparence, avec leurs moustaches et leurs manières d'enjôleurs, de revenir du régiment et de la garnison de la ville... Je regrette en les
rdant, la cadence de la route du Raz, les
visages sérieux, immobiles, où il v avait tant de passion.
On dira peut ' cette Bretagne-là n'existe
plus guère. On pourrait alors l'évoquer historiquement, la sauver de l'oubli. Un artiste de la force de Lemordant devrait, en continuant et achevant son œuvre, consacrer un peu de sa tâche à cette poésie d'hier, que l'on retrouverait peutêtre bien encore aujourd'hui.
Il n'v a pas toute la Bretagne dans le cercle magique tracé par l'artiste. Il va celle de Plougastel-Daoulas, celle de Fouesnant, celle de Quimper, de Pont-1'Abbé et de Penmarch, celle de Pont-Aven et de Quimper. Sauf l'annexion de Plougastel, c'est la Bretagne du Sud qui danse ici, et qui danse bien. (]'est la Bretagne des | costumes. A Fouesnant, j'ai aperçu des femmes magnifiquement parées, lorsque la circonstance l'exigeait : leur costume, jupe, tablier à h
ige surchargé de broderies sur la gorge et aux manches, broderies d'or, d'argent, de soies de couleurs, changeait celle qui portait c en une sainte de procession, raidie et étincelante. \ Quimperlé, j'ai contemplé la plus belle collection qui soit de bas bien tires, de jupons courts, de tabliers de Ci il faut les
vus réunis, deux par deux, trois par tl par demi-douzaines et pai rues de la ville et si;-
pour se faire une idée de leur importance, de leur vers le soir. Il v en a des rouges comme du sang ;
éclat. Aux devantures des magasins, sous les des roses comme des roses; des jaunes comme
ombres des auvents, ils n'ont pas l'éloquence des boutons d'or. Il y en a de la nuance changeante
éclatante, mais portés par les femmes et les filles de la gorge des pigeons, il y en a de soie blanche
de Quimperlé s'en allant et s'en venant d'un pas qui se dore au soleil et qui se bleuit à l'ombre, et
de promenade, ou dansant sur une place, tour- il semble vraiment que ees promeneuses et ees