CARTON DESSINE
noyant sous la lumière ou barrant la route, ils ont danseuses se soient ingéniées à arborer, les jours
un aspeet de réjouissance extraordinaire, ils consacrés, tous les aspects de la nature à toutes les
éclatent aussi haut que la marche d'une fanfare heures, toutes les couleurs de leur pays. A Plou-
au soleil, un jour de fête. Il y en a des bleus. gastel, les costumes n'ont guère changé depuis le
comme des bleuets, comme des pervenches. xvne siècle : j'ai regardé là, contre le calvaire, une
comme des coins de ciel après la pluie, comme sortie de baptême, un cortège de femmes en jupes
des yeux bleus d'enfants. Il y en a des violets, noires, à tabliers bleus, à corsages à basques, à
comme un ciel d'orage, comme la mer en été. coiffes en forme de casques : de petites filles
JEAN-JULIEN LEMORDANT
ie pnnlc du
Plafond du Théâtre Municipal de Rennes
LE PLAFOND 1)1" THEATRE DE RENN1 s
semblables, en jupes longues, de toutes les couleurs, coiffées d'un béguin ; d'hommes aux larges ceintures, la veste et le gilet brodés, le chapeau noir garni de rubans de velours. Le parrain et la marraine étaient surtout magnifiques lorsqu'ils apparurent au porche, la commère en robe ouverte sur plusieurs jupes couvertes de broderies, le com père aux longs cheveux, au large chapeau, avec l'habit bleu carré à larges basques. la culotte courte et bouffante, les souliers à boutfettes, plusieurs gilets les uns sur les autres, et à la main, une canne fleurie de rubans.
( )n aurait cru un seigneur de Versailles allant taire le tour de la pièce d'eau desSuisses, plutôt qu'un cultivateur d e fraises dans ses habits de cérémonie. Le soir je l'ai vu danser.
sans quitter sa canne, c o m m e j'ai VU dan séides femmes qui gardaient leur parapluie sous leur bras.
J'aurais très bien vu ces hautes cannes et ces hauts parapluies au plafond de Lemordant. Et j'aurais voulu y voir aussi, alternant avec les couleurs éclatantes de la Bretagne du Sud. les couleurs sombres de la Bretagne du Nord. Pourquoi les Léonards ne seraient-ils pas admis dans cette assemblée ? Il dansent aussi, les hommes vêtus de drap noir, veste ou habit court à quatre petites basques cari let garni déboutons
serrés, longs pantalons, bordures de velours, large ceinture bleue, chapeau rond à rubans. souliers à bou nette ressemblance avec le
costume espagnol, ressemblance aidée encore par les visages rasés, réguliers, tins, le profil net. le regard direct. Les femmes aussi sont
vêtues de noir, jupe qui laisse seulement voir les ers, petit châle a franges sur les épaules, et la coiffe blanche qui achève le caractère monacal du costume. Mais le jour du Pardon. .1 Guimiliau, le troisième dimanche de juillet, ou peut voir une belle arrivée de l.éonards. hommes et femmes, à cheval, ou en char a bancs, dont ils descendent pour la danse. Ce jour-là. les jupes, les châles, les tabliers de couleur, et toutes les coiffes, bonnets pointus, hennins, barbes relevées, étalées
sur la nuqui dentelés, corsages noirs à galons rouges ou I leus, tous ces costumes du passé parent des créatures v ivantes.
Fa i tes en trer tout ce mondelà dans la danse.
Lemordant. donne/ asile dans Pennes, ville delà Bretagne du Nord, à toutes les Bretagnes, au pays de Saint- Malo dont vous êtes !), au pays de Saint-Brieuc, au pavs de Treuil ier. au pays de Léi 'ii. au pays de Brest, — comme aux régions de la Bretagne du centre, le | Ploermel et le de Pontivy, le pays de tagnes V le pavs des .Montagnes d'Arrée, — comme aux régions de la Bretagne du Sud. dont vous ave/ déjà évoqué en partie les costumes et les couleurs, pavs de Vannes et pays d'Auray, pays de Quimperlé et de Quimper, pavs d.e Douarnenez et d'Audierne, où finit la Bretagne, au bord de l'océan. Et ne pas oublier les iles. leurs jupes et leurs coules. Groix, Sein. Ouessant, où l'on danse aus
Lemordant. qui aime les éclats de couleurs, a trouvé ses violents contraste ur être
adoucis par la lumière d'une salle de théâtre, avec 1 ts. les jupes viol
MINI 11 V vu D! PLi - \OULAS