JEUNE FILLE DE PONT-AV
JEUNE FILLE r>E PF.NHOBS
les pieds frappent le sol, et puis l'éloignem e n t de 1 a ronde, les coupics qui disparaissent un peu au tournantdes nuages comme les couples énamourés que Watteau emb a r q u e pour Cythère. Voie:
même Apollon !
Lemordant ne l'a pas oublié. C'est un Apollon breton, un joueur de biniou qui est installé, avec un acolyte, au centre età gauche de la composition. 11 est juché, non au fronton d'un temple, mais sur une arête de pierre qui émerge du ciel et des nuées, et qui est peut-être un des sommets du cirque des montagnes d'Arrée. 11 souffle de toutes ses forces, son instrument levé, il a la conviction justifiée qu'il mène un chœur de Sylvains et de Muses. Paul Gauguin disait que si l'on savait voir, on renconnaîtrait la Joconde aux Folies-Bergère. Les Muses peuvent bien être aussi aperçues au ciel de Bretagne.
Pour la seconde fois le jeune peintre a pu réaliser une grande œuvre; on se souvient de sa décoralion pour l'Hôtel de l'Epée à Quimper où il a représenté les travaux, les plaisirs, les éléments de toute cette partie de la Bretagne maritime à laquelle on accède par Quimper et Pont-1'Abbé.
Rappelons qu'il s'agit d'une Irise de cinquante et un mètres de longueur sur trois mètres de hauteur, divisée en cinq panneaux : le Vent, les gens en promenade dans un paysage mouillé qui n'a pour horizon que les flots de la mer et les Ilots des nuages, tous, hommes, femmes et enfants poussés par le vent qui fait s'envoler les barbes des coiffes, l'étoffe de futaine et de droguet des lourdes jupes.
LE PLAFOND Dl fHEATRt DE RENNES
CROQUIS D UN (.ROI PK DE JEUNES DANSEURS DE DAOl I VS
les tabliers légers des petites tilles ; la Mer, des pécheurs en cires qui appareillent, chargent des barques, raccommodent des voiles, traînent des filets, portent des poissons, au premier plan. tandis que la ligne de mer est toute hérissée parla tlotille des bateaux de pèche : le Goémon, la moisson de la mer faite par des hommes et des femmes dans l'eau jusqu'à mi-corps qui arrachent, entassent, chargent sur des charrettes les prairies mouvantes vertes et brunes qu'ils disputent aux rochers et aux vagues; le Pardon, réunion humble et touchante des bonnes gens qui viennent se
régaler de cidre et de crêpes autour des chaumines et des baraques de toile ; le Phare, la lumière qui éclaire toutes ces scènes des champs bordés de pierres, des plages de sable parsemées de rochers. de lames verdàtres frangées d'écume.
J'imagine le plafond du théâtre de Rennes comme une couronne de femmes, de couleurs, de nuages dores que le peintre a voulu dresser en apothéose de ce pays de Saint-Guénolé et de l'en march où il a trouvé l'inspiration de son talent et le langage de sa poésie.
Gustave < îei ikoi .