MOÏSE SAUVE DES EAUX (ESQUISSE
Un Tableau de Tiepolo retrouvé
Ii. y a à la Galerie Nationale de Stuttgart Lin séduisant tableau de Jean-Baptiste Tiepolo qui représente Moïse sauve des eaux. Cette toile semble avoir été inspirée par une composition de Paul Yéronèsc sur le même sujet et figurant actuellement à la Galerie de Dresde. Elle a pour tond un riant paysage où l'on voit, sous un ciel bleu déversant une lumière opaline, un large fleuve boidé de montagnes aux cimes neigeuses. En premier plan, un peu sur la gauche, la fille du roi d'Egypte, vêtue d'un magnifique costume rehaussé de pierreries, entourée de dames, de seigneurs, de pages et de serviteurs, contemple avec attendrissement l'enfant prédestiné que lui présente une suivante. A l'extrême droite, on remarque un personnage de haute stature, appuyé sur une hallebarde et accompagné d'un lévrier dont la tète seulement est visible. Le paysage a de vagues ressemblances avec les rives du poétique et grave lac de Garde, voisin de Venise, et les cimes escarpées qui dominent la nappe azurée de l'eau rappellent celles du massif du Baldo. Sous les traits de Termitis, on reconnaît sans peine la belle Christine, cette fille de gondolier au port de reine qui fut pendant tant d'années le modèle favori
de Tiepolo. Quant à l'inconnu de droite, i! est permis de penser que c'est le portrait même de celui pour qui fut exécuté le tableau.
Ce tableau n'est qu'une esquisse. L'oeuvre définitive, proportionnellement beaucoup plus grande, fait partie des collections de la Galerie Nationale d'Kdimbourg. Toutefois, si l'on compare les deux compositions, on constate aussitôt que, sur la seconde, le sujet s'arrête aux deux tiers de la toile, à droite, dans le sens de la largeur, immédiatement après la corbeille du Moïse, et que le fond de paysage si pittoresque, ainsi que le hallebardier, ne sont pas figurés. L'ensemble, réduit de la sorte, s'équilibre en apparence assez bien. Néanmoins, en v regardant de plus près, il est aisé de se rendre compte que le tableau, principalement à l'endroit du gros rocher qui surplombe le Nil, est brusquement interrompu et que, de ce tait, les lignes d'arrière-plan, inopinément coupées, n'ont pas l'harmonie et la liberté que l'on admire par ailleurs.
I! v a deux ans encore, voilà tout ce que l'on pouvait dire sur ces deux œuvres. Le grand tableau avait-il, à une époque indéterminée, subi une mutilation regrettable ? Cette mutilation avaitelle été la conséquence d'un accident ou bien avait-
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