VII. I. A VALMAI'ANA Mll'l.sl i.|t
personnages qui. dès lors, acquièrent, sur le vide de ciels à l'atmosphère exquise, une importance monumentale. El puis lorsque l'on a tout étudié, inventorié, il reste à accorder la même attention scrupuleuse aux paysages, aux hètes et aux plantes, aux accessoires élégants ou picaresques, aux entrelacs et aux encadrements, aux putti et aux amours. Et lorsque l'on a tout étudié, il reste à jouir de la pi lésie du tout. . .
le voyage d'Allemagne qui semble leur être monté à la tète. Examinons bien ces sept chambres et essayons de conclure de leur décor à leur affectation. Aussitôt tout s'éclaire : les strophes s'enchaînent et se font poèmes; tout prend un sens et une suite, et l'on reste stupéfait du génie inventif et organisateur de Tiepolo. 11 s'agit d'un véritable poème badin à l'italienne, d'une petite épopée familière et drôle. La chambre centrale, donc n"q.
LA VILLA VALMARANA
commande tout : sujets erotiques mythologiques, réunis par la salle à manger n° 5 ... Fantaisies Des lors, chambre nuptiale, ou tout au moins
chambre à coucher de Monsieur et Madame. Nudités, rappels de l'< Hympe. Aussitôt la chambre des eniants, avec ses délicieuses scènes de jeux, reléguée aussi loin possible, la dernière, n° 7.
adéquates, escalier nu s'empresse le serviteur nègre, les mains chargées d'un plateau, et OÙ s'élance le singe pilhud qui vient de dérober un fruit, tableaux de chevalet simulés à 1res, pic. tal leauj alertes et pimpants représentant des scènes de
VILLA VALMARANA FORESTERIA SCENI
qui seule soit un cul-de-sac : il faut, pour y entrer. traverser la chambre n ô.Etcei rlinéaire,
aux systèmes d'architecture raides comme des théorèmes ou des syllogismes mais agrémenté par le génie malicieux deTiepolo de quelques privautés irrévérencieuses, scia la chambre du magister, du précepteui I 1 ■ parents sont sépares du sérieux et du drûle de la vie enfantine et à la ims l<
carnaval et dont les originaux huile ou les répliques?1) existent à Venise. I>c la chambre à coucher, .Madame passait naturellement à s, m D'où, au mur. les échantillons des plus élégants costumes de femme dans toute l'étendue du territoire de la Sërénissime. La Reine Marguerite d'Italie, visitant ces lieux, reconnut des costumes de Chypn irfou dont Sa
L'ART
KS ARTISTES
Majesté possède des estampes du temps. Madame avait naturellement besoin de sa femme d'atours, sinon de sa femme de chambre. Il est licite de
supposer que ce pouvail être une provinciale ou tille de la campagne qui, dans la chambre n" 2, re\ 1 1) ait a\ ec plaisir les scènes de la \ ie des champs
sorte, un siècle et trois quarts avant Richard Strauss, I iepolo a conçu là une manière de véritable Sinfonia domestica? lu n'avais-je pas raison de dire que tout le problème se trouve élucidé, et qu'une unité charmante se découvre là où l'on n avait cru voir jusqu'ici que dévergondage d'ima-
vii.i.a valmarana foresteria) (salle i)
CHINOISI R] I
VILLA VALMARANA i KOR LSTERIA
I s \l 1 1 II)
< ONTADINES
où, tout a coup, l'on a l'impression d'un peintre gination, caprices et tarées de rapins barbouillant
hollandais qui serait devenu fresquiste. Mes lors des murs, fiasques de Chianti et de Padovano
la salle n" 1. avec ses chinoiseries, devient le salon mêlées aux fioles de couleurs minéralisées et aux
ou le cabinet de travail de Monsieur, quelque bocaux de détrempe. Jeremias Gotthelf a écril un
riche marchand de Venise qui retrouve là des beau livre qui se titre : Joies et souffrance d'un
images de ses préoccupations commerciales et des maître d'école. Ici sont toutes les joies de la vie
idées et objets que le trafic avec le Levant importe vénitienne d'été. Ici nous pourrions presque
au quai des Esclavons. S'aperçoit-on qtie de la reprendre un titre d'Yriarte : La rie privée d'un
\ VILLA \ \l.\l \.RAN \
VILLA VAI.MARANA KOR ESTER Ia). SCENE Rl'STIQl/l
seigneur vénitien en villégiature. ( )n l'y reconstitue toute entière, goûts, modes, préoccupations, lectures et occupations... Pauvre Tiepolo ! A-t-il été assez méconnu pendant le siècle tout entier qui suivit sa mort (27 mars 1770) en son triste exil de
heureux cycles de peinture inspirés à Tiepolo d'abord, puis à ses fils et continuateurs, par certains sujets, épiques ou erotiques, surtout l'histoire de Renaud et d'Armide. Un type !i\é. le génie tiepolesque ne s'en écartait plus. Lorsque
VILLA VALMARANA FOR KS I ER IA ! ■- COSTUMES VENITIENS DE TERRE FERME (SALLE [II)
Madrid où un Raphaël Mengs et les inimitiés Giambattista arrive à Wurzbourg, son premiei
suscitées à Wurzbourg lui rendaient la vie inte- présent au Prince Archevêque sera ces deux
nable. Un chapitre de sa biographie sur lequel pendants, découverts l'autre jour par le Prince
les récentes expositions des Tiepolo d'Allemagne Royal de Bavière où, si le décor des jardins de
et du Baroque allemand viennent de projeter. délices, une lois dans leur exubérance estivale,
pour les initiés, quelque lueur... l'autre fois flétris par l'automne et le désastre
Et puis n'oublions pas qu'il faut chercher ici d'Armide. di flore . les groupes de personnages sont
le point de départ de quelques-uns des plus conçus de la même sorte. Ce sont les mêmes
A VILLA \ \I.M \l< \V\
VILLA VALMARANA FORESTERIA ' VENITIENS DE rERBI FERMI