I 'ART ET
types, plaies dans lui autre paysage, une autre partie du domaine enchanté, En revanche, en ce qui concerne la grandiose composition de VIphigénie en Aulide, je ne serais pas éloigné de croire que le maître a pu avoir sous les yeux certains exemples de Gérard de Lairesse. Mais il appartenait aux façons en quelque sorte foudroyantes de Tiepolo de nous faire assister au miracle par un coup de génie sans égal. Voici le seul deus ex machina qui nous donne le frisson de la chose vécue...
De cette souriante villa Yalmarana. tous les fanatiques de Tiepolo sont plus particulièrement fanatiques; tous les biographes du Maître, tous les historiens de l'Art, tous les artistes —demande/ à M. Besnard — parlent avec une sorte de ravissement. Les grands travaux de M. Pompeo Molmenti, que l'on aurait assez de raisons d'appeler le « découvreur •• de la Villa dei Xani. en ont tait la subite célébrité voici bientôt trente-cinq ans. alors qu'au temps du voyage de Goethe (qui aurait pu. s'il y avait tenu, rencontrer encore à Venise, Dominique, mort le 3 mars 1X041 c'est-àdire une cinquantaine d'années à peine, après que Giambattista avait conçu et réalisé ces prodiges. le futur auteur d'Iphigénie en Tauride «qui en emportait avec lui le plan en Italie) s'en va tout droit a la Rotonde, sans s'inquiéter, à deux pas, de la plus touchante et de la plus belle des Iphigénie en Aulide... Tiepolo, c'était le mauvais goût. Baroque ou gothique c'était tout un pour Gœthe...
M. I leurs de ("Jicnncv ières, qui a tant lait pour réveiller en France le goût du XVIIIe siècle en général et de Tiepolo en particulier, et qui fut l'un des premiers français à s'extasier de cette villa, n'a pas de termes assez, élogieux pour bénir les «sages opulents» auquels on doit tant de beautés, ces comtes Valmarana « les plus lettrés du monde comme l'a prouvé leur admirable collection de médailles de la Renaissance •• et qui l'on faite leur. cette villa, acquise du célèbre jurisconsulte vénitien Giammario Bartolo, « par bientôt deux siècles de possession et par un décor intérieur, véritable ensemble de chefs-d'œuvre •■. Ce qui n'empêche pas le volume, alerte et charmant, de M. de Chennevières de renfermer dans la partie de son illustration, inspirée de la villa Valmarana, sous le titre de Promenade au Lido, un des plus étranges contre-sens de la gravure. Une authentique montagne a été prise, malgré sa plastique parfaite, pour la volute d'une vague! Les promeneurs de terre ferme, avec ligne d'horizon devant leurs pieds, deviennent des promeneurs du Lido qui la regardent déferler au rivage, cette vague, avec ligne d'horizon presqu'à hauteur de leur taille ! Voilà de ces erreurs dont la reproduction mécanique a raison une lois pour toutes. Artistes, ne dites plus de mal de la photographie.
William Ritter.
Phot. Frédèru Boissonnas.
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CACHE-CAI III" ( SALLI \ I \ M il'l STERIA)