L.-G. CARRÉ
, ROQI IS INEDI1
L revue L'Art poésie. Synthèses scrupuleuses et visions éblouies,
et les Arlis- elles marquent à la lois la fin de recherches
fesadéjàsignalé, passionnées et la découverte d'un nouveau
l'an dernier, les Un style original s'\ élabore, mais toute la réalité
miniatures exe- l'étoffe et le soutient. Nous sommes en plein rêve,
entées par 1 éon el pourtant la nature nous conduit par la main.
Carré pour le (l'est une vision Je fantaisie et de liberté, un
Jardin des Ca- royaume subtil, aérien, et jamais décor merveil-
resses de Franz leux ne tut tendu sur de plus solides charpentes. Les jeux de la pure couleur, inattendus, lianes
secs au Salon des et légers, s'enroulcnl autour d'un in<
Orientalistes, la vérité n irtifie le songe.
elles ont retenu Cet artiste ne s'est jamais répète : il est de ceux
plus d'un \isi- qui sont dillieilenu rmulc.
teur par leur Inlassablement. il s'est cherché. Parti d'un
étrange charme réalisme dru. vigoureux, il aboutit aux paisibles,
et leur précise aux claires images d'un Orient poétique : des rues
CKOQUIS INEDIT
parisiennes où l'attardait son observation impitoyable, son imagination l'a entraîné vers le fabuleux Jardin. Et d'autre part, lui qui faisait passer dans ses tableaux la vie grouillante du faubourg, l'analyste qui multipliait, sur ses toiles, le détail et le document, voici qu'il établit ses synthèses, voici qu'il cherche son style dans les limites de la miniature.
Pourquoi attendre davantage avantde dire son effort ? Si ce peintredetrentecinq ans a dédaigné la «brillante carrière » ( c'est un modeste qui vit loin de Paris) son œuvre atteste une sincère évolution, une recherche forte et fine, et ce n'est pas le succès, c'estle travail qui nous intéresse
Léon-Georges dessin inédh
CHOyUIS INEDIT
Carré est né à (iran ville en [878. Son enfance s'est passée devant la mer. Il garda de ses courses dans les dunes normandes des impressions mal définies, un amour des lignes mouvantes et du poudroiement lumineux, je ne sais quel pressentiment des grands sables. Il aspira, avec l'air du large, le tourment de l'aventure, et souvent
fourvoyé dans les rudesmiiieux des marins, il crayonna des tètes, des mains noueuses de p è c heurs. A Rennes, l'excellent maître qui tut aussi celui d e .M a t h u r i n Méheut, sut discipline r et a ffi n er ses dons naturels, et par un e n s e i g n e m e n t intelligent il le prépara à ['Ecole des Beaux-Arts.
Carré quitta la Bretagne à l'âge