‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 91 sur 180 · livre qu'il aime. type de muletier · texte numérisé non relu

livre qu'il aime. type de muletier

ce si mi les Notes

de roule d'Isabelle Eberhardt, cette aventurière qui fut écrivain sans le vouloir, pages pleines de fermeté et de couleur, où l'auteur n'intervient jamais, mais s'efface devant la présence torride et lumineuse de l'Islam. Léon Carré n'a pas voulu interpréter, mais comprendre. 11 s'est efforcé de voir ce pays aussi simplement que possible. Dans ses tableaux, pas de farouches cavaliers du désert, pas de bric-à-brac éclatant, mais seulement la vie, multiple et mouvante, avec ses types et ses traits caractéristiques.

( )n voit toute la richesse de cet orientalisme.

clarté et toute la grisaille, tout le soleil et toute la poussière de l'( )rient. Elle ressemble à ces tapis de Smyrne, où les gammes gardent leurs valeurs et

se fondent en une géométrie harmonieuse et chaude.

Pendant ses Séjours à Paris.

Léon Carré se consacre particulièrement à l'eau- forte. Il resserre sa technique qu'avait élargie un impression n i s m e croissant, et d'autre part, il reprend contact a v e c la v i e d u boulevard et du chantier. Les planches qu'il expose alors chez Georges Petit évoquent tour à tour les quais de la Seine et les marchés d'Alger. Ses Goum iers et le tir s li n s che vaux, blancs sur l'horizon poudreux. son Homme au Sloughi entre sa chèvre et son maigre lévrier, son Marché dans la Rue et ses vendeurs accroupis, au milieu des sacs, des brebis et des fruits, sont des compositions rigoureuses, un peu lourdes. Il abandonne la gravure en couleur pour la gravure en noir, et illustre, en 1909, sur la demande d'un bibliophile parisien, les Poèmes Barbares, de Leconte de Lisle. Telles notations d'une brutale grandeur, comme Le Jaguar, Les Eléphants ou Le (junior. lui ont inspiré des visions aiguës. Rien de creux ou d'intangible dans cette poésie: il y retrouvail la netteté. le relief, l'éclat de ses propres sensations.

M Lung Alg

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