‹ L'Art et les artistes (volume 4)Chapitre 98 sur 180 · PANNEAU D IVOIRE FIGURE D APRES F. WALDRA] I · texte numérisé non relu

PANNEAU D IVOIRE FIGURE D APRES F. WALDRA] I

oignons cuivrés, les olives, les raisins noirs et blancs, les prunes couleur d'or vert, les ananas écailleux, les physalis, les pommes d'amour, les nèfles, le cœur d'artichaut, la verte pastèque dont la pulpe saigne, la grenade, écrin de cuir fauve qui sert à ranger un collier de grains pourpre, et le soja, ce petit légume japonais qui a les tons jaunissants de l'ivoire, sont évoqués par les contours et la nuance de ces mille petits riens qu'il imagine, ainsi qu'on disait au temps de Fénelon, « à souhait pour le plaisir des veux ». .Mais ne les comparez pas aux trompe-l'œil, à ces copies menteuses de la nature, qu'affectionnaient les Italiens, Bernard Palissy et les faïenciers de Niederwiller. 11 suffit d'une ligne, de deux tons juxtaposés pour évoquer le galbe d'un fruit ou sa chaleur rayonnante. Je pourrais m'extasier sur l'ingéniosité de ces brimborions, sur le raffinement de leur inutile nécessité: tout ce qu'une femme imagine pour meubler sa rêverie désœuvrée, nonchalante, tout ce que la Pompadour demandait à l'antiquaire Lazare Duvaux, tout ce que Duvaux demandait pour elle aux artisans empressés se trouve là : boites ovales pour la miniature, le miroir, soucoupes en forme de pagaye, flaconniers de parfums, dra geoirs, gourdes à cachous, gaines.

boîtes à cigarettes, à thé, à tabac, porte-aiguilles, éventails laits de lamelles minces comme du bristol.

Ce qui importe surtout, là encore, c'est la matière et l'exécution. Une de ces petites boites, selon toute évidence, peut sortir des mains d'un tourneur de Bellaggio ou de Saint- Claude; et vous trouverez au premier Bonheur des Dames venu, cette boëte à miroir, ce pot-pourri, strictement, dans une dimension à peu près pareille. Mais il en est de cela

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comme des netzkés : les uns sont sculptés sans esprit dans les qualités inférieures de la dent d'éléphant et ressemblent, suivant l'expression des ( ioncourt, à de vieilles molaires dans un crachoir de dentiste. Les autres se taillent ati contraire «dans un ivoire laiteusement transparent qui prend avec les années une belle patine, un doux jaunissement, une chaude pâleur». Voyez cet éventail:

au repos, dans sa gaine, il est comme une belle main dans un gant; déployez-le d'un coup sec, et sur le tond très doux des lamelles minces, dans une clarté d'aube une danseuse presque nue apparaît, comme Isadora Duncan quand elle surgit d'un bond entre les plis d'une tenture, et qu'elle dessine avec ses belles jambes des arabesques en camaïeu sur le velours gris perle.

ht puis, il v a une différence de proportion. un rien qui suliît à alourdir la tonne ou à lui donner une sorte d'insécurité dans l'équilibre. Le décor intervient ici avec sobriété, pour accuser des lignes ou rendre la matière plus précieuse encore : ce sont des ocellures. des arabesques, d'une souplesse infinie, des balancements de courbes qui ont la grâce aérienne des architectures de l'Islam.

L'art de ces objets où l'ivoire joue le rôle important, il est tout entier dans la nuance, dans l'infiniment subtil. Il en est d'autres où la couleur a plus de plénitude, de richesse et d'abondance : ce sont les boîtes laquées et recouvertes de cuirs. Là encore, Clément Mère ne reprend pas des laisséspour-compte d'antiquaires, mais de bonnes vieilles traditions. A la lin du xve siècle, des peintres italiens introduisirent en France les cuirs peints dont l'usage se continua pendant le xvie, le

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xvir siècle; mais restaurer une pratique abandonnée depuis longtemps et dont aucune personne vivante n'a pu vous communiquer l'expérience,

n'est-ce pas créer? Et l'appliquera des desseins nouveaux, ouvrer pour la reliure et le meuble des revêtements de cuir marqueté, martelé et empreint, nous tait SOUVenil sans doute des étuis en cuir doré à la moresque, mais aussi trouver des monts d'aimer un temps qui s'emploie .1 des ouvrages aussi scrupuleux.

De même il v a eu des laques a\ ant ceux de (dément Mère ; mais rien ne donnera l'impression de l'effort continu.de la patience, du métier émouvant par sa perfection même.

1 1 'mine l'application de ce vernis sur les objets. D'abord la difficulté de tenir entre l'extrémité de deux doigts tendus, qui s'ankilosent à la longue, un brimborion qui mesure parfois un ou deux centimètres; puis la souplesse du coup de pinceau toujours égal à luimême, s'efforçant d'obtenir un si beau poli, que dans l'orgueil d'une surface lisse, m i roi ta n te.

en lin obtenue, l'artiste n'y veut point d'ornement ; les séchages successifs,

les reprises continuelles, les quinze ou vingt couches parfois âges ; enfin, l'audace qu'il faul pour 0 tvec de la nacre, des ciselures

m ou d'oi . des réserves de bois apparent, des coulées, la pureté d\\i\ travail dont un seul mouvement malencontreux, imperceptible peut ruiner l'effet. L'on ne dira jamais asse/ quelle vertu il tant pour la parure de CCS infiniment petits. A peine si ou les regarde d'un œil distrait, si on leur accorde une minute des longs jours qui leur turent nécessaii

mir à la lumière < '.ommcnl '- à notre

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époque pressée, bousculée, il \ a encore un I me en qui renaît l'esprit des anciennes corporations ? Voilà ce que je pensais, tandi Clément Mère son. m un à un. d'une gra vitrine, ses bibelots, les élevait avec lenteur poui me les montrer dans la pure clarté d'un joui d'hiver, détachait i.\\\n doigt léger le couvercle d'une petite boite retenu par un COI soie pistache, ouvrait un couvercle d'ivoire fermant cxactcuK n) étui et. d'un joli i;estc menu, délicat, à la lois précautii uni' u ■ et hardi qui révélait la sûreté de l'artisan et son sentiment de l'effort accompli, me rendait sensibles les moindre nuances et subtilités de la matièreetde l'exécution.

Devant ces cabinets d'am ara nthe. ces ivoires, ces cuirs ei ces laques, il me revenait en mém< lire qu'un empereur du avait du un jour : « Qu'à l'av enir les porcelaines pour l'usage du palais

soient bleues comme le ciel qu'on après la pluie, dans l'intervalle des nuages. » lu aussitôt il s'était trou v e un our livrer la poterie Vu-Kouo.

thien-sing, bleu du ciel après la pluie. Si quelqu'un de notre temps demandait :

«Qu'à l'avenir ma maison soit comme un ouverte à la lois sur la mer. la montagne, ' lies, les forêts aux verdures bleues, les (leurs des glaciers, les nénuphars des eaux dormantes, les jardins quintessenciés, et quetouten étant fermée, privée de tous ces horizons que réclame mon imagination, elle semble les contenir», il se trouverait [\w .utiste capable d'enfermer dans un morceau de laque aventurine, un chiffon de soie une plaque now pas la nature elle-même, mais ce qui est mieux, l'impression de la natui

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LE MOIS ARTISTIQUE

SIXIÈME EXPOS] I ION d'Es I AMPES JAPONAISES) Musée des Arts décoratifs. Palais du Louvre.

Pavillon Marsan. Après la puissance des

Primitifs, la grâce de Harunobu, la grandeur du Kiyonaga, le naturalisme de Sharaku et le charme d'Outamaro, la fantaisie géniale de Hokusaï, voici que les organisateurs de ces superbes manifestations d'art nous présentent aujourd'hui avec cette exposition. — la dernière de la série — l'œuvre deToyokuni.de Hiroshighé et de quelques autres artistes japonais.

Utaganda Toyokuni (1768-1825) ne fut pas un artiste créateur. Nul mieux que lui, toutefois, ne posséda le génie de l'assimilation. 11 s'inspira de tous ses prédécesseurs, notamment de Kivonaga, d'Utamaro et de Yeishi; mais il sut doser ces diverses influences avec un savoir si parlait, il sut fusionner ses emprunts avec une entente à ce point ingénieuse qu'il parvint, grâce à cet éclectisme assimilateur, à se former une manière à lui, d'une originalité relative, sans doute, mais d'un charme incontestable. Les scènes de la vie quotidienne de ce peintre de la femme nippone, sont d'un élégance telle que leur auteur passa pour l'égal d'Outamaro. Parmi ses triptypes, il en est. comme celui dont les trois parties sont séparées par des bambous, d'une incomparable finesse.

Tovokuni fut également un grand peintre d'acteurs. Quoique inspirée de Shunsho et de Sharaku. l'œuvre qu'il a laissée dans ce genre dénote un art très curieux et très personnel.

Hiroshighé (1796-1858) est tout autre. 11 fait partie de la grande lignée des créateurs. (Test lui qui dota du « Paysage » la peinture de son pays. 11 est vrai de dire que le génial Hokusaï avait, avant lui, entrepris cette tâche. Mais le paysage d'Hokusaï est un paysage de rêve, de fantaisie, débordant de lyrisme. Hiroshighé. lui, regarde la nature, et de sa communion avec elle nait l'œuvre simple, l'œuvre vraie, l'œuvre débordante de poésie. Pour se rendre compte de la différence de l'art de ces deux grands peintres, on n'a qu'à comparer leur œuvre capitale : les Tente-six rues du Fuji-Yama inspirées à Hokusaï par la plus prodigieuse imagination et les Cinquante-trois stations du Tokaïdo inspirées à Hiroshighé par la plus pénétrante vision des sites japonais.

A l'œuvre de Tovokuni et de Hiroshighé s'ajoutaient quelques estampes de très curieuses

marines de kunivoshi.de sites étranges de Keisaï- Yeisen et d'oiseaux, merveilleusement dessinés, de Zeshin et ECiosaï.

Les estampes faisant partie de celte très intéressante exposition étaient tirées des collections de MM. Bing, Bouasse-Lebel, Huilier, Chialiva. Raphaël Collin, Cosson, Jacques Douce t. Ducoté, Fricotelle, .Miss Genova, MmeGiIlot, 1 lubert, Isaac. Jacquin, Javal, E. Kann, R. FCcechlin, M"11' Langweil, .1. Lebel, Le Véel, Madvig, Manzi, Albert Maroni, Marteau. Bernard Metman, L. Metman. Migeon, Mutiaux. Odin, D1 Poncetton. Portier, du Pré de Saint-Maur, II. Rivière, Rouart, Ch. Salomon, Vte de Sartiges. M""-' Seure. Smet. 11. Vever, Vignier, Musée des Arts décoratifs.

Exposition des Œuvres de Manzana-Pissap.ro 1 Musée des Arts décoratifs. Palais du /.ouvre. Pavillon Marsan 1. — Si un artiste décorateur mérite le surnom de magnifique, c'est bien M. Manzana-Pissarro. Voilà un peintre qui s'est très exactement rendu compte des visées de la peinture décorative. Aussi son art est-il arrivé à réaliser l'idéal du genre. Il voit la vie à travers son rêve et de ce rêve nait. débordant de lyrisme et d'harmonie, tout un monde qui n'a jamais existé, mais après lequel aspire le besoin de beauté que nous portons en nous. On ne saurait mieux comparer l'émerveillement que ces peintures procurent aux veux qu'à celui produit sur l'esprit par la lecture des Mille et une Xuits. < )n sait bien que l'esclave Morgiane, la princesse Badoura et la princesse de Bengale n'ont existé et n'existeront jamais, et, pourtant, l'on prend plaisir à vivre leur vie comme on se délecte de ces visions de l'artiste qui ont noms : Femme d'Orient, Joueuses de Guitare dans un Jardin et les Cinq scènes d'Ali Baba, toiles enchantées, aussi prenantes, par leur poésie ardente et colorée, que les Contes arabes. Ht cette exubérante poésie. cette fougueuse imagination ne s'appliquent pas seulement aux peintures décoratives, mais aux tapisseries, aux meubles, aux laques que l'artiste a exposées. Car M. Manzana-Pissarro n'est pas que peintre. Il est tapissier, ébéniste, laqueur. émailleur, verrier. Son universalité évoque les beaux artistes de la Renaissance. Regardez cette tapisserie de haute lisse: La Femme aux Roses, et ce paravent peint à la détrempe, inspire des Mille et une Xuits. et ce \ itrail intitulé Danseuse. et cette laque La Femme aux Hyiènes, et ce cuir repoussé, peint et doré: Femme sous un Pommier.

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vous remarquerez, comme dans ses peintures à la détrempe, ses peintures à l'huile, ses aquarelles, ses pastels, que partout le même rêve magnifique le poursuit. Et nous rêvons magnifiquement avec lui sa chimère devant ces oiseaux prestigieux: coqs superbes, paons splendides, cygnes éblouissants. irréels et pourtant vrais. — devant ces femmes indolentes, merveilleusement belles, aux chairs de bronze et d'or, aux tonnes souples et voluptueuses, que nous connaissons pour les avoir vaguement aperçues dans des songes ..

C'est là une belle exposition qui consacre de façon définitive le grand, le très grand talent de M. Manzana-Pissarro.

Exposition Charles-H. i horndike Galerie Reitlinger, ri. rue de la Boétie On ne

saurait trop admirer l'air et la lumière qui circulent dans les tableaux si pittoresques de M. Charles-H. Thorndike. Qu'ils aient trait à la Bretagne, à la Corse ou à Venise, ils témoignent d'une vision aiguë et d'un remarquable talent. Le peintre américain a su rendre avec une maîtrise peu commune, l'aslmosphère propre à chacun des pays qu'il nous met sous les yeux. C'est très vivant et très personnel en même temps. Aussi un public nombreux autant qu'élégant a-t-il fait à cette exposition le succès le plus vif et le plus mérité.

l'.Xl'osi riON Dl l.ll HOGP M'Illi s i \ COULEURS DE

Emile Roustan (Galerie Eug. Blot, 11. rue Richepanse « Parmi les oeuvres de M. Emile Roustan, c'est aux fleurs qu'iront maintes préférences ». écrit .M.Claude Roger-Marx en nous présentant l'artiste. C'est aux fleurs du peintre que vont les nôtres. Nous avons, certes, beaucoup admiré Les Pins. Clair de Lune en Bretagne, Moulin dans le Fores, Goélette dans le Port de Paimpol et surtout Moulin sur la Loire, mais >ns tout de suite aimé ses Anémones, ses Marguerites blanches, ses Géraniums, ses Tulipes et surtout Roses roses et Roses blanches, toutes fleurs qui s'élancent, veloutées et soyeuses, dans la joie des rayons et qui prouvent, en leur beauté éblouissante ou mélancolique, le culte ému et passionné de l'artiste pour ces compagnes délicates, silencieuses et parfumées de la vie.

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Pissarro, Galerie Man^i-Joyant, i?.

rue de Ai Ville-l Êvèque . Levant l'oeuvre

émue de ce lies sincère amant de la Nature, on se demande vraiment pourquoi Camille Pissarro a ete pendant si longtemps délaisse, pour ne pas due oublié. Et pourtant, ce paysagiste mérite de

prendre rang aussitôt après Corot et Millet

son art est simple, large, apai fiant.

L'injustice imméritée provient-elle de ce que. dédaignant les toi mules apprises, sa facture ne voulut d'autre modèle que la vie? Cela se pourrait bien. Si l'équité arrive lente et tardive pour l'artiste qui s'écarte des sentiers rebattus, elle vient toujours a son heure, et cette heure .i sonné pour Camille Pissarro. On commençait bien par comprendre la belle place que ce peintre

pe dans l'aride la tin du \ixl siècle. L'i sition de ses toiles à la Galerie Manzi lui assigne définitivement cette place. - Ses aspects du Louvre malin et brume . ses Bords Je L'Use. son paysage de Louveciennes, son effet de printemps au jardin des Tuileries sont autant de poèmes d'air, de lumière et de frondaisons. Quant a ses pastels, ils tonnent une série d'églogues unique jamais la vie des champs n'a été magnifiée avec autant de croyance et de ferveur. Tout vit. tout respire dans cette oeuvre, depuis ces verdures réellement avivées, on dirait, par le s. nulle des brises jusqu'à ces ciels d'une fraîcheur telle qu'ils peuvent hardiment soutenir la comparaison avec les ciels limpides d'Harpignies, voire même avec la fluidité des ciels de Corot.

I \i'i isi i ion l'i< vniois-< Ihari i s ( ; v hoi d Galeries Georges Petit, S. rue de Sè;e . Je crois bien que M. Cachoud est le premier peintre qui se soit exclusivement adonné aux « Nuits . Il se plait dans les transparences nocturnes comme d'autres se délectent dans la luminosité des est d'autant plus original qu'il a sur « la nuit >> les idées d'un poète qui serait peintre. Pour lui. privation de lumière ne veut pas dire tendres, mais privation Je souffrance. La nuit lui apparaît comme un symbole d'apaisement, le grand apaisement de la nature. Aussi cherche-t-il dans « la nuit « le repos, cherche-t-il le rêve, ce rêve que l'on lait les veux grands ouverts, alors que dans les pénombres lunaires flottent, indécis et vagues comme elles, les venirs passes, les aveux murmurés, les baisers perdus, les espoirs non formulés. I- 1 chacune de ces toiles renferme un rêve de l'artiste. La communion se fait intime entre le peintre et modèle. Apaisante et douce. ^ la nuit - lui a livré son secret, elle lui a fait surprendre sa vie. C'est pourquoi le cauchemar, l'effroi et la terreur sont absents des Nuits de M Cachoud.

ibre, chez lui. a besoin de rayon*. : clan étoiles ou clarté de la lune, et lorsque viennent à manquer, l'artiste enveloppe l'obscurité nocturne de la lueur flottante qu'il tait poindre aux fenêtres des habitatii

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ET LES AUTISTES

Exposition Pati Madeune (Galeries Georges Petit, 8, rue de Sè;e). — Si M. Paul Madeline occupe un rang aussi distingue qu'apprécié parmi les paysagistes contemporains, c'est grâce à son grand talent de peintre de l'atmosphère, c'est, surtout, grâce à son procédé personnel de synthèse. Estimant que les détails ne peuvent que nuire à l'accord de l'ensemble, il les néglige, les élimine volontiers, d'une œuvre. Aussi, à force de simplification arrive-t-il à des effets d'une intensité surprenante. La Rivière, Y Inondation, les Pins en sont la preuve. L'artiste ne s'attache aux « extériorités » d'un site que tant que ces dehors lui servent à déterminer le caractère, â en pénétrer l'essence. C'est « l'âme ■• seule qui l'intéresse, le préoccupe, l'émeut. C'est avec elle, lorsqu'il la tient, qu'il crée l'ambiance de son œuvre à laquelle tout se subordonne : harmonie des lignes et harmonie des tons. Cette belle et large compréhension de la nature se retrouve dans les Panneaux décoratifs et la Baie de Launay que l'artiste expose également et qui témoignent de cet art supérieur où la pensée prédominante sait régir et guider la palette.

Exposition René Leverd (Galeries Georges Petit, S, rue de Sèçe). — Impressions pittoresques d'Hendaye et de Collioure, sites intéressants de Narbonne et de Mormoiron, paysage curieux de

Hesdin et de la vallée d'Aspe, vues imposâmes des environs d'Avignon, tels sont les motits des aquarelles que nous présente M. Uené Leverd. toutes traitées avec art, d'une observation pénétrante, heureusement variées, d'un coloris plein de fraîcheur. Leur lumière surtout est d'un très franc éclat. Le Fort Saint-André se dressant en lace du château des Papes est tout à lait réussi.

33e Exposition de l'Union des Femmes Peintres ti Sculpteurs (Grand Palais. — Avenue d'Antin). — Nous aurions voulu pour ce Salon distribuer â toutes les exposantes éloges et fleurs. .Mais le moyen de signaler quatorze cents envois ! Rien que leur nomenclature prendrait dix pages de cette Revue. Aussi nous bornerons-nous à ne citer que le nom de celles dont les œuvres nous ont paru remarquables :

Portraits : Mllc Louise Lavrut, .M"u's Bourillon- Tournay, de Montchenu-Lav irotte. Vallet-Bisson, Gagarina-Stourdza et le Portrait de ('amitié Berlin. Tableaux de genre: Mllc Emilie Landau, Mmes Gervex-Emery, Bourgon nier-Claude et M"e Madeleine Charpentier ; Paysages: MmcsGalezowska et Jouclard ; Fleurs .• .M'"-s Lauvernay- Petit-Jean et Bon-Desbenoit ; Natures mortes: Mmes Imilie de .Metz et Dariet; Sculpture: Mmes Berthe Girardet, E. Uobert-Mérignac et Coutan-Montorgueil. Anoi phe Thaï asso.

MEMENTO DES EXPOSITIONS

Grand Palais des Champs-Elysées. — Salon de l'Ecole Française.

Grand Palais des Champs-Elysées, Avenue d'Antin. — 22"' Exposition des Orientalistes Français. — 33"' Exposition de L'union des Femmes Peintres et Sculpteurs.

Galeries Georges Petit, s, rue de Sève. — Exposition des Aquarellistes. — Exposition Fyzêe-Rahamin. — Exposition Villon. — Première Exposition des Pastellistes Français. — Exposition Le Goi i Gérard. — Exposition Carpentier. — Exposition H. Jourdain.

Galerie La Boétie, 64 bis, rue de La Boétie. — Exposition du Portrait de S. M. le Roi de Grèce, par Georges Si 01 1.

Galerie Depambe^, 43, Boulevard Malesherbes. — Exposition de la Société Moderne. — Exposition Pierre Bertrand.

Galerie Bernheim Jeune et C", i5, rue Richepanse. — 5"" Exposition du Groupe Libre. — Exposition Juliette .1. Roche. — Exposition Janine Aghion. — Exposition Madeleine Bunoust. — Exposition Georgette Agutte. —

Galerie Marcel Bernheim, 2 bis rue Caumartin. — Exposition M. et M'" Tony-Hermant. —

Galerie E. Druet, no rue Royale. — Exposition du 2"" Groupe, compose de MM. Pai i Baignières, George Desvallières, Maxime Dethomas, Georges Dufrenoy, ,Ii les Flandrin, Charles Guérin, Alberi Marque, M"' Marval, M. Georges Rouault, M Albertini Bernouaro et M. Lui Albert Moreau. — Exposition Charles Cahoin.

Galerie G. Brunner, 11. rue Royale. — Exposition de la Miniature et des Arts Précieux'.

Galerie A. M. Reitlinger, 12, rue La Boétie. — Exposition de Tableaux, Aquarelles et Gravures. — Exposition de Tableaux, Etudes et Dessins de E. Cacan. — Exposition M'" Rtéra: Le Ballet Pusse.

Galerie .1. Chaîne et Simonson, m. rue Caumartin. — Exposition de la Société Internationale de Peinture. Exposition de la Société « La Phalange « (peinturer

Galerie !'. Le Chevalier, 17, Boulevard de la Madeleine. — 2"' Exposition de I' « aqi moi 11 Moderni ».

Galerie Moleux, 68, Boulevard de la Madeleine. - Exposition des Artistes di Nord.

Galerie ./. Grandhomme, 40, rue des Saints-Pères. — Exposition du deuxième groupe de Graveurs sur Bois; (P. -E. Colin, P. Guzman, Latoup, Lespinasse, A. Weltep, Zuricher.)

Cercle Artistique et Littéraire. 7, rue Volney. — Exposition d'Aou akeli.es, Dessins et Gravi res.

Galeries Paul Rosenberg, j 1 . rue La Boétie (anciennement 38, Avenue de l'Opéra). — Exposition d'oeuvres de Toulouse-Lautrec. — Exposition A.-J. Halou isculpturesi. — Exposition Paul Ikire (objets d'art de décoration).

Cercle de la Librairie, 117. Boulevard Saint-Germain. — Exposition des Imagiers modernes. — Exposition rétrospective des œuvres gr.ivées sur bois de Gustave Doré et I > imi 1 Vu ma .

Galerie Eug Blot, 11. rue Richepanse. — Exposition Emile Roustan (Lithographies en couleurs).

Galerie Boutet de Monvel, 18, rue Tronchet. — Exposition K. Kev-Kochat de Théollier (peinture et Art Décoratil).

Galeries Ch. Hessèle, 16, rue Balzac. — 2" Exposition des « Artistes-Peintres de Versailles ».

tuilerie Choiseul, ~'i. Passage Choiseul. — Exposition Maximilien Li ce (Etudes, croquis, dessaisi. — Exposition Paul Mori iu-\ u iiiii.r (maquettes et sculptures. 1

Dl PARTEMENTS

Lyon, — Sa i os Anni m .

— '}"' Exposition des Beaux-Arts

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ÉTRANGER

Exposition WïNFORD

Londres. — Bail lie Gallery.

De: w 111 us 1 (Peintures et Pastels. I

Etats-Unis d'Amérique. — Cincinnati. — A L'An Muséum 1 Eden Parle), — 44"" Exposition annuelle de la Société Améru ose dis Aqi irellistes de New-York.

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La Vie Artistique

dans la Province Française

/ I création de cette nouvelle rubrique nous a paru nécessaire. Vous avont pensé que s'il était bonde tenir les lecteurs de L'An et les Artistes ai; courant du Mouvement des Arts à l'Eu inger, pat /■ \ étires mensuelles datées des centres les plus actifs du monde entier, il ne l'était pas moins de les renseigner sur la renaissance de plus en /'lus sensible de la ne artistique Juin notre Province fi m.,, use.

Pour cela nous avons fait appel à de brillants écrivains «.locaux», tous 1res renseignés sur les choses d'art de leur région. Leur curiosité avisée et leurs libres conseils seront d'un vif intérêt éducateur punîtes lecteurs de la Renie. Ils un, ni aussi d'un effet réconfortant, d'une action bienfaisante, pour eeu.x qui, loin du Paris pléthorique et cosmopolite, dans les milieux si divers de notre merveilleux pays, sorte de synthèse du monde entier, ont entrepris la noble t iche, eu s'appuyant sur les grands souvenirs et les nobles traditions, de créer, dans d'incomparables décors de beautés naturelles, une vie artistique, digne de celle qui fit iadis la gloire de nos provinces, disons de la France.

Puisse notre modeste effort dans la campagne de décentralisation générale qui s'impose et qui se prépare, mm la grandeur intellectuelle et matérielle de notre pays, être bien accueillie de nos lecteurs. Sous leur demandons de vouloir bien nous accorder quelques semaines pour nous permettre de compléter la liste de nos correspondants régionaux et de fixer la forme définitive de leur collaboration.

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